‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 5)Chapitre 17 sur 100 · CARACTÈRE GÉNÉRAL DE LA RELIGION ROMAINE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE GÉNÉRAL DE LA RELIGION ROMAINE

trop de violence à leur raison, s'y trouvaient un peu moins mal à l'aise qu'ailleurs; aussi la proclamaient-ils supérieure à toutes les autres.

Toutes ces raisons expliquent pourquoi ce ne sont pas les vrais dévots, mais les politiques et même les incrédules qui lui donnent le plus d'éloges; peu d'écrivains en ont mieux parlé que Cicéron, qui n'y croyait pas : « Si l'on compare, dit-il, le peuple romain aux autres nations, on verra qu'elles l'égalent ou même le dépassent dans tout le reste ; mais il vaut mieux qu'elles par le culte qu'il rend aux dieux ^ » Et ailleurs: « C'est par la religion que nous avons vaincu l'univers ^. » Cette opinion propagée par des sceptiques, c'est-à-dire par les seuls qui auraient eu quelque intérêt à la combattre, fut acceptée partout sans contestation ; il fut convenu , chez les Grecs aussi bien que chez les Romains, que Rome était la ville la plus religieuse du monde 3; que sa piété rélevait au-dessus des hommes et des dieux-^, qu'enfin elle lui devait sa grandeur et ses conquêtes, et ce préjugé prit tant de force, qu'il devint dans la suite un obstacle sérieux à la propagation du christianisme, et que les Pères de l'Église se crurent souvent obligés de le combattre .

1. De nat. deor., n, 2. — 2. De har. resp., 9. — 3. Sailustc, Cet., i'i : «majores nostri religiosissumi mortales.» — A. Y'irg., /En., xn, 839 : a Supra homines, siipra ire deos pietate videbis. » — 5. Voyez surtout Prudence, Contra Symm.f n, 520,

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