Virg., Buc.f IV, 10 : t Tuus jam régnât Apollo
concours de peuple, des cérémonies pompeuses furent accomplies durant trois jours et trois nuits, au champ de Mars, près de l'antique emplacement du Terentum, ou dans les principaux temples de Rome. C'est le dernier jour des jeux, dans le temple d'Apollon Palatin, que fut exécuté par trois fois neuf jeunes filles et trois fois neuf jeunes garçons le chant séculaire d'Horace. Pour composer l'hymne qui devait conserver dans la postérité le souvenir de ces fêtes, Auguste avait choisi le premier poëte de son temps. C'était un grand honneur, et l'on voit qu'Horace en est très-fier à ces paroles qu'il adresse à l'une des jeunes filles qui devaient chanter son poërae : ce Epouse, un jour tu diras : Quand le renouvellement du siècle ramena la fête sacrée, j'étais de celles qui redisaient les chants aimés des dieux enseignés par le poëte Horace ^ » C'était aussi une très-lourde charge : le public attendait trop pour qu'il fût aisé de le contenter; plus les circonstances étaient solennelles, plus le poëte devait craindre de n'y pas répondre. Horace n'a pas échappé à cette préoccupation, et elle a souvent gêné son talent. Son poëme contient des détails heureux et de belles strophes ; l'ensemble manque d'une inspiration soutenue. On dirait que, effrayé de son entreprise, et se défiant de ses forces, il s'est repris à plusieurs fois avant d'achever l'ouvrage. On sent aussi qu'il s'est imposé des devoirs qui l'embarrassent, et qu'entre eux et ses goûts personnels il a quelquefois hésité. De lui-même il se tourne volontiers vers la poésie grecque, qui le charme. Il l'imite, il s'inspire d'elle quand il nous montre la terre qui tresse pour Cérès une couronne d'épis; et les moissons qui croissent (( en se nourrissant des rosées salutaires et des vents envoyés par Jupiter^ »; mais il semble qu'il a peur de trop se livrer