Virg., Bue, V
Eiïet produit par l'apothéose de César. — Scxtus Pompée et Antoine se font donner les honneurs divins. — Prudence d'Octave. — Il permet aux provinces de hii élever des temples en compagnie de la déesse Rome. — Il le tolère en Italie. — Il le défend à Rome. — Efforts faits à Rome pour le décider à se laisser adorer. — Culte qu'on rend à son génie. — Les Lares augusti. — Politique d'Auguste au sujet de l'apothéose. — Caractère qu'elle prend chez les Romains. — Auguste reçoit les honneurs divins après sa mort par un décret du sénat.
L'effet produit par l'apothéose de César fut très-grand : il donna aux ambitieux qui se disputaient son héritage la pensée de réclamer aussi pour eux les honneurs divins. Scxtus Pompée, après les victoires maritimes qu'il avait remportées sur Octave, se déclara fils de Neptune; il en prit le nom sur ses monnaies, il se mit à porter des vêtements de couleur azurée en souvenir de son origine, et, pour honorer le dieu des mers, son père, il jeta dans le détroit de Sicile des bœufs, des chevaux, et mémo, dit-on, des hommes ^ Antoine voulut être Bacchus : il lit proclamer par un héraut dans toute la Grèce que telle était sa volonté, et la Grèce se montra très-complaisante pour cette fantaisie. A Éphèse, les femmes allèrent audevant de lui habillées en bacchantes, les hommes et les enfants en faunes et en satyres ^. « A Athènes, dit \ni historien du temps, on éleva au milieu du théâtre, dan un endroit exposé aux regards de tous, une sorte de cha pelle semblable à celles qu'on nomme des antres (h Bacchus. On y voyait des tambours, des peaux de faor,