‹ La religion romaine d'Auguste aux AntoninsChapitre 28 sur 155 · Tac, Ann., 1,8.— 2. Tac, Ann., i · texte numérisé non relu

Tac, Ann., 1,8.— 2. Tac, Ann., i

pyramide, orné de guirlandes, de draperies, de statues séparées par des colonnes. « Quand le corps y eut été posé, il fut entouré par les prêtres; puis les chevaliers, les soldats, courant tout autour du bûcher, y jetèrent les récompenses militaires qu'ils avaient obtenues pour leur valeur. Des centurions, s'approchant ensuite avec des flambeaux, y mirent le feu. Pendant qu'il brûlait, un aigle s'en échappa, comme pour emporter avec lui dans l'Olympe l'âme du prince *. » On trouva même un sénateur complaisant qui affirma qu'il avait vu de ses yeux Auguste monter au ciel ; pour le récompenser, Li^ie lui fit compter un million de sesterces. L*apothéose décernée, il fallut pourvoir, selon l'usage, au culte du nouveau dieu. On institua un collège de vingt et un prêtres (sodales Augustales), tirés au sort parmi les plus grands personnages de Rome , et auxquels on adjoignit les membres de la famille impériale. On créa, pour l'honorer, un sacerdoce particulier {flamen Augustalis), qui fut occupé la première fois par Germanicus*. Sans doute l'admiration qu'Auguste inspirait alors n'était plus aussi vive que dans les premières années. Ce long règne avait

1. Dion, LVi,4.2. Ce bûcher se trouve figuré sur plusieurs médailles impériales, notamment sur celles d'Antonin et de Marc-Aurèle. Les beaux bas-reliefs delà colonne Antonine représentent aussi quelquesunes des cérémonies relatives à la consécration des empereurs. Sur deux des faces du piédestal on trouve reproduits les soldats avec leurs armes, les cavaliers avec leurs enseignes, qui courent autour du bûcher. Sur la troisième, un génie ailé, le génie de l'univers, selon Vignole (Columna Anton. Pu), ou celui de l'éternilé, d'après Visconti {Mus. Pio-Clem., v, p. l&i), emporte sur ses ailes Antonin et sa femme Faustine, divinisés tous les deux, et auprès desquels sont placés les deux aigles qui s'envolèrent du bûcher à leurs funérailles. Au-dessous du génie, Rome, dans son costume traditionnel, les regarde partir, et sur son visage se peignent à la fois la joie dt-s honneurs qu'ils reçoivent et le regret de les perdre. — 2. Voyez, sur les sodales Auynstales et les flamines Augustales, le travail de M. Dessau dans VEphemeris epigraphica, ni, p. 205.

fatigué beaucoup d'esprits inconstants; ses armées avaient été moins heureuses ; son autorité, qui ?e sentait plus discutée, était quelquefois devenue plus dure. Tacite et Dion nous disent que sa mort ne causa pas chez tout le monde des regrets bien sincères *. On ne lui marchanda pas pourtant les hommages. A côté du culte public, institué par le sénat, on vit naître une foule d'associations, de chapelles, de dévotions de toute sorte, qui étaient l'œuvre des particuliers. Livie naturellement en donna l'exemple : elle fit construire dans le Palatin une sorte de sanctuaire domestique dont elle était la prêtresse et autour duquel elle réunit les amis et les clients de la maison. Elle ne voulut pas même exclure les histrions qu'Auguste avait aimés : le mime Claudius, malgré sa mauvaise réputation , parut dans les jeux qu'elle donna en Thonneur de son mari% et le danseur Bathylle devint plus tard le sacristain de son temple 3. Toutes les familles importantes de Rome imitèrent l'exemple que donnait Livie; partout, dit Tacite, il se forma des associations pieuses en l'honneur du prince qui venait de mourir, composées des parents, des clients, des affranchis, qui se réunissaient sans doute à certains jours pour des cérémonies communes *. L'élan une fois donné par la capitale, tout l'empire suivit, et partout se fonda, plus encore par l'initiative privée que par l'intervention du pouvoir, le culte de celui qu'on n'appela plus que le divin Auguste, divus Augustus.

\. Dion, LVi, 43. Tacite, Ann.,i, 10. — 2. Tac, Ann.t I, '3

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