‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 103 sur 417 · Voir plus haut, p. 127 et · texte numérisé non relu

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3. 11 n'est pas questioa seulement, dans les hymnes à Indray du « don »,

etpamm, cf. VI, 31, 5, qa*on lui demande aussi, c*est moind m avantage particulier que la conséquence d*autres avantages purement matériels. Ce qui rend glorieux, c'est le butin, Vin, .85, 20, cf. I, 9, 7, et plus généralement la richesse, j compris la richesse en « héros», et sans en excepter la richesse en « vaches » et en « chevaux ». De là les expressions viravat yaeah, IV, 32, 12, et gomat çravah, 1, 9, 7, et la prière du vers I, 29, 1 : « Rends-nous illustres x» c'est-à-dire « riches » en « vaches » et en ce chevaux », cf. X, 131, 3.

Les « vaches » et les « chevaux » dont il vient d'être question pour la première fois sont les biens qu'on demande le plus souvent à Indra, ainsi d'ailleurs qu'aux autres dieux. Indra est le maître, I, 101, 4; Vm, 21, 3; X, 47, 1, ou, selon l'expression du vers Vni, 36, 5, le « père » des vaches et des chevaux ; en un mot, il en dispose à son gré, II, 12, 7 ; VII, 18, 1. Il est donc invoqué par ceux qui désirent des vaches, I, 33, 1 ; VIII, 82, 17 ; X, 147, 2, des vaches et des chevaux, IV, 17, 16; VII, 32, 23; VIII, 50, 7; 67,9; X, 131, 3; 160,5: on lui demande la richesse en chevaux, X, 113, 10, des vaches, in,50,3; IV, 22, 10; 32, 6 et 7; VII, 23, 6; vm, 45, 19; 84,4; X, 42. 7 et 10; Vàl. 1, 9, une étahle de vaches, VII, 27, 1 ; VIII, 46, 9 ; 52, 5 ; 59, 6 ; Vâl. 3, 5, ieë centaines, des milliers de vaches, IV, 32, 18 ; VIII, 67, 1, des vaches et des chevaux, I, 53, 5; VI, 35, 4 ; Vn,18,2;27,5; Vni,6,9; 12,33; 13, 22; 32, 9; 34,14; 45,10etll;67,2;86, 2; Vâl. 4,5; «satisfais», lui dit- on, «notre désir avec des vaches et des chevaux », 1, 16, 9 ; III,

mais encore de la « conquête > des enfants, toka-sâti, tokasya saniH, I, 8, 6, tùkasya tanayasya sdH (cf. jeshe, 1, 100, 11; VI, 44, 18), dans les combats 1, 100, 11; II, 30. 5; IV, 24, 3; VI, 18, 6; 19, 7; 44, 18; VII, 82, 9. Or Indra donne aussi des femmes, IV, 17, 16 ; V, 31, 2, et les femmes peuvent faire partie du butin enlevé à Tennemi. On pourrait être tenté d*expliquer dana cet ordre d^idéesla « conquête» des enfants, si on ne rencontrait aussi quelquefois dans les hymnes védiques l'expression beaucoup plus biiarre encore « conquête de soi-même m, IX, 66, 18, cf. VI, 46, 4 et VII, 30, 2. Celle-ci ne peut s^expUquer que par l'idée, exprimée justement dans Tun des passages où se rencontre la formule « conquête des enfants »^ que lea guerriers, en s*expo8ant aux périls du combat, font abandon d'euxmêmes, en prenant d'ailleurs Indra pour protecteur^ IV, 24, 3. C'est grâce à loi qu'ils se reconquièrent eux-mêmes, et qu'ils reconquièrent leurs enfants. Nos formules semblent donc équivalentes à celles où les suppUants implorent le secours du dieu dans les combats^ pour eux-mêmes et pour leurs «nftnu, VI,46, 11-12, cf. VIII, 57, 12-18. Le mot nrwAd^, VI 1,27,1, peut être «xpliqué de même. Il se pourrait pourtant que les expressions de ce genre eussent une origine mythique. Voir I, p. 32 et suiv.

Bbegaionb, la ReHgion védique, II. 12

30, 20; yi, 45, 21. Et en effet, Indra donne des yaches, 1, 11,3; n, 30,7; VI,23,4; 45,23; VIII, 45, 28; des troupeaux de vaches, 1, 81,-7, des vaches et des chevaux, II, 15, 4; VIII, 50, 6, par centaines, VIII, 21, 10; son favori, son ami obtient une étable pleine de vaches, VU, 32, 10; il devient riche en vaches et en chevaux, VIII, 4, 9.

Mais tous les dons dlndra sont le prix des victoires qu'il remporte ou qu'il fait remporter à ses adorateurs. On dira donc de lui qu*il trouve, VIII, 2, 24, qu'il conquiert dans le combat, IV, 17, 10 et 11, les vaches etles chevaux, qu'il s'empare de rétable des vaches, VI, 45, 24. Les épithètes ^oueshana « qui désire les vaches » et govid « qui trouve les vaches » sont appUquées tour à tour au dieu lui-même, I, 132, 3 ; VII, 20, 5 ; VHI, 17, 15 ; X, 103, 5 et 6 ; Val. 5, 1, et à son char, Vil, 23, 3, et au char de ses fidèles, I, 82, 4. Ses combats sont désignés par le mot gavishtij VIII, 24, 5 et pasêim, dont le sens propre est « désir de vaches » C'est pour ses suppliants qu'il « désire » ainsi des vaches, VII, 31,3. Ils le prient de conquérir «vaches sur vaches», VI, 35, 2, et de les rendre eux-mêmes « conquérants de vaches», III, 31, 20 ; VI, 33, 5. Us espèrent, avec un tel allié, vaincre les possesseurs de vaches, conquérir les vaches, Vni,21, 11 et 12, cf. VI, 26, 2; 46, 10; VIII, 21, 8, avec leurs chevaux, cf. VIII, 81, 11, et conquérir aussi d'autres chevaux, cf. VI, 33, 1 ; ils lui demandent de leur donner la vache et le cheval propre à traîner le char, comme le butin qui appartient au vainqueur, VI, 46, 2. Leur char, sous la sauvegarde d'Indra, va hardiment à la conquête des chevaux et des vaches, IV, 31, 14, En effet, Indra donne à qui lui plaît les vaches de l'ennemi, 1,33,3, cf. 121, 15; V, 34,5; VHI, 21,16, de même qu'il sauve celles de l'homme pieux, X, 160, 3 ; il fait conquérir des vaches à celui qu'il protège, V, 34, 8, des vaches et des chevaux, 1, 83, 1. Il fait avancer le char qui va à la conquête des vaches, VIII, 2, 35.

Les mêmes formules, d'ailleurs, comprennent dans l'énumération des biens demandés à Indra, en même temps que des chevaux et des vaches, des femmes, IV, 17, 16, et des enfants mâles, I, 53, 5 ; VU, 23, 6 ; VIH, 6, 23; X, 47, 5 et passim. Ce rapprochements assez choquant à nos yeux, peut s'expUquer autrement que par la brutalité inconsciente d*une

i. U M retrouTe aussi dans des formules adressées à d*aatres diyinités, à Soma, IX^ 9^ 9 ; 69^ 1 ; 91, 6^ à Bhaga, YUÎ, 41, S, eto.

errilisatioii primitive. Les vaches et les chevaux, en effet, ne sont pas seulement, avec les troupeaux en général, m, 54, 15, avec les chars, II, 15, 4 ; VH, 27, 5 ; VIII, 4, 9, cf. VI, 46, 2,et avant le blé*, Vm, 67, 9 ; X, 42, 7, et Tor, IV, 17, Il ; VII, 31, 3; VIII, 32, 9 ; 67, 9, cf. II, 15, 10, qu'on demande aussi, mais bien moins souvent à Indra, la forme principale de la richesse pour un peuple pasteur et guerrier. Le nom de cheval et celui de vache servent encore, dans la langue des Aishis, à désigner les éléments des phénomènes naturels, c'est-à-dire ces trésors de l'atmosphère et du ciel que nous avons vus déjà opposés dans certaines formules aux trésors de la terre. Ils avaient donc, celui de la vache surtout, une dignité dont nous nous faisons difficilement l'idée. Cette dignité devait rejaillir sur les êtres qui ayaient, en ce bas monde, l'honneur de les porter, et on sait, en effet, de quels égards la race bovine a été et est encore Tobjet dans rinde. Du reste, le souvenir de la représentation des aurores et des eaux du ciel sous forme de vaches ne doit pas seule^ ment nous servir à excuser les ffishis d'un rapprochement inciyil. Il suggère, pour un certain nombre au moins des fonnoles qui célèbrent Indra comme « donneur » et comme « conquérant de vaches p , la possibilité d*une interprétation mythologique.

D faut cependant reconnaître, avant de chercher dans les Taches conquises et données par Indra une représentation des aurores et des eaux célestes, que le terme de « vaches », indépendamment de son sens propre et de son sens mythique, peut avoir encore un sens purement symbolique. Au singulier, il peut n'être qu'un symbole de la libéralité du dieu, I, 55, 4; n, 32, 3 ; VI, 35, 4 ; Vffl, 1, 10 ; 45, 12 ; X, 133, 7. Il en est ainsi en tout cas au vers VIII, 14, 3, dont l'auteur, par une de ces figures incohérentes qui sont si fréquentes dans la poésie védique, nous montre la vache d'Indra * donnant elle même « la vache et le cheval ». Ailleurs, VIII, 82, 3, c'est Indra lui-même qui est comparé à une vache, cf. VI, 28, 5 ; VIII,82, 3; Vàl. IV, 4, et à une vache qui donne- pour lait «des chevaux, des vaches et du blé ». Le terme de a vache » peut aussi, tant au singulier qu'au pluriel, désigner par mé-

i. Ou VùTge,yava,

t. Cf. la vache d'Indra et Varuna, IV, 4«, 10, d'Agni, X, 69, 8, de VAyu, If y l, et la dakshmâ dlndra (Voir plus haut, p. 169), qui donne son lait ftox hommes, II, 18, 8.

taphore les dons quelconques dlndra, cf. VI, 24^ 4, et c'est ce sens qui paraît impliqué par une formule comme celle du vers m, 30, 19 : « Notre désir s'ouvre comme une élable ; remplis-le de richesses, ô toi qui es le maître des richesses. »

Mais le sens symbolique ou figuré ne doit pas plus que le sens propre nous faire oublier le sens mythique. On ne peut songer à prendre au propre les passages où Indra est représenté c( renversant la montagne où étaient renfermées les vaches», VI, 17, 5, ou «fendant la montagne* pour en faire sortir les vaches », Vni, 45, 30, «faisant trouver la vache en dissolvant la montagne», X, 112, 8, « faisant sortir les vaches de la pierre », VI, 43, 3, cf. V, 30, 4. La « montagne » d*où sortent les vaches, et à laquelle Indra lui-même est comparé en qualité de dieu libéral et particulièrement de donneur de vaches, VIII, 77, 2, ne peut non plus passer pour un symbole , et le rapport de l'idée de montagne avec Tidée de vaches ne s*eicplique que par deux conceptions mythologiques, celle qui assimile les aurores et les eaux célestes à des vaches, et celle qui assimile le ciel et le nuage à une montagne.

Dans les formules mêmes où le séjour des vaches est appelé une étable, goira, vraja^ ûrva, à supposer qu'il s'agisse d'étables réelles, ce qu'il serait le plus souvent aussi arbitraire d'affirmer que de nier, le « bris », in, 30, 21 ; 32, 16 ; VI, 17, 1 ; VIU, 32, 5, cf. VIH, 34, 14, ou même simplement i'« ouverture » de l'étable, I, 10, 7 ; IV, 20, 8 ; 31, 13 ; VIU, 55, 3, cf. II, 17, 1 ; VI, 45, 24; VHI, 45, 28 ; 55, 3; X, 38, 2, l'ouverture des portes, X, 120, 8, cf. 1, 53, 2, est un détail sur lequel les Aishis n'insisteraient pas tant', s'il ne rappelait l'étable céleste, appelée aussi une montagne, qu'Indra, le dieu qui pénètre par la violence dans les étables, X, 103, 7, le fondeur d'étables, gotrabhid, VI, 17, 2 ; X,

1. Au vers I^ 61, 12, c*est la vache eUe-méme qu*Indra doit meurtrir pour en faire sortir les eaux. Ailleurs, la uioutagne mythique renferme des chevaux en môme temps que des vaches, X, 108, 7.

2. Il n^est pas inutile de remarquer que dans la plupart de ces passages ridé» d' « ouvrir» est exprimée parles préfixes vi ou ajsa joints à la racine vrt qui a donné le nom du démon Vritra, celui qui retient les vaches célestes. Voir plus bas, section IV. Cf. en général les formules où Indra est représenté a brisant », V, 39, 3; VI, 22, 6; 45, 9; VIII, 45, 13, a ouvrant », VII, 27, 2, tout ce qui semblait solide, rendant le chantre lui-même c fendeur » I, 102, 9 (cf. plus bas les Vasish/has « fendeurs », tritsavàh), et les divers emplois de la racine vrt, I, 5, 4; 102, 4 ; IV, 17, 9; VIII, 45, 21 et 29, et Dossim^ surtout dans les formules où il est question des vaches, VII^ 82, 16.

108, 6, cf. 7, brise avec sa foudre, cf, ibid. C'est aussi apparemment au rôle qu'elle joue dans les combats célestes que cette foudre doit l'épithète de gavyu « avide de vaches », VI, 41,2.

Insistons à ce propos sur une observation que nous aurons i renouveler bien des fois. Les combats célébré^ dans les hymnes à Indra, que le théâtre en soit le ciel ou la terre, sont généralement décrits dans des formules dont l'origine an moins est mythique. L'application de ces formules à des combats terrestres est certaine dans tel passage, vraisemblable ou seulement possible dans beaucoup d'autres. Mais quelle qu'en soit l'application, elles gardent la même Talenr pour l'analyse mythologique comme décrivant toujours, sinon directement, au moins indirectement, des combats célestes. Nous pourrions donc presque négliger la distinction, ordinairement très délicate, souvent même impossible, des combats réels et des combats mythiques, si le fait même de l'application des formules mythiques à des combats réels n'était très intéressant en soi. C'est une nouvelle forme de cette assimilation des choses terrestres aux choses célestes que nous avons constatée à chaque pas de notre étade sur les éléments du sacrifice. Les armes en particulier, et pins généralement les engins de guerre, sont, comme les éléments du culte, assimilés aux éléments des phénomènes célestes, et semblent considérés comme remplissant dans les combats réels le rôle que les éléments remplissent dans les combats mythiques. J'ai déjà cité dans un autre travail^ quelques textes curieux où cette conception se révèle. Le char de bataille est représenté aux vers 26 et 27 de l'hymne VI, 47 à Indra comme ce uni aux vaches », comme « enveloppé de vaches », cf. Vni, 48, 5, et cette expression bizarre ne s'explique que par l'assimilation du char à la foudre d'Indra, nettement formulée d'ailleurs aux vers 27 et 28. La foudre d'Indra, c'est-à-dire l'éclair, est en effet enveloppée des vaches, c'estrà-dire des eaux de la nuée, représentées sans doute par des courroies*, par des lanières de peau de vache, dans réclair terrestre qui est le char de bataille*. Au vers 14

1. Mémoires de la Société de linguistique de Paris, IV, p. 134-136. Tirage à part, p. 39-41.

S. Probablement les courroies de Tattelage.

3. Dam le même bymne VI, 47, aux vers 29-31, le tambour qui fait retentir le ciel et la terre, qui c tonne », et, en compagnie d'Indra et des dieux, chane les ennemis, rappeUe également la foudre, et c>st probablement en

d'un antre hymne à Indra, VI, 46, c'est la corde de Tare qui est représentée comme une vache (cf. Âtharva-Veda^ 1, 2, 3), sur laquelle les bras retiennent des oiseaux qui s'élancent de là sur la chair, c'est-à-dire les flèches, cf. X, 27, 22. Le tout fournit une comparaison pour la course rapide des chevaux. Ici encore Tincohérence des images trouve son explication dans une allusion à la nuée d'où partent les éclairs. Enfin au vers VI, 75, 11, la flèche elle-même est ainsi décrite : a Elle se revêt de l'oiseau; sa dent est une antilope; unie aux vaches, elle vole quand elle est lancée. » Or cette flèche est au vers 15 du même hymne évidemment assimilée à réclair sous le nom de parjanyaretas . c< produite par la semence deParjanya (le nuage) », accompagné de l'épithète « divine ». L'oiseau représente les plumes de la flèche, et l'antilope est peut-être là pour une corne d'antilope dont aurait été faite la pointe (cf. vers 15) : mais l'oiseau et même l'antilope^ pouvaient en même temps rappeler l'éclair. En tout cas les c< vaches » auxquelles la flèche s'unit ne désignent les cordes d'arc que par allusion aux nuées* d'où part la flèche de l'éclair. Au vers 1 du même hymme VI, 75,1e guerrier couvert d'une cuirasse estlui-même comparé au nuage.

Les allusions aux combats célestes n'ont pas toujours ce tour bizarre. Elles sont alors moins frappantes, mais ne doi-

ce sens qu*il est appelé indrasya mushiih « le poÎQg dlndra », pour c ce quMndra tient dans son poiag fermé ».

!• Cf. les montures des Maruts.

2. Un peu plus loin, au vers 13 du même hymne VI, 75, le sAnu des chevaux, frappé par le fouet, rappelle le sânu^ c'est-à-dire le sommet ruisselant de la montagne céleste (passim)^ celui qu'Indra frappe pour en taire jaillir les eaux, I, 80, 5 (voir plus bas, § II). Quand le sAnu des cheyaux est frappe, ce sont les chevaux eux-mêmes qui s'élancent comme des rivières, cf. VI, 46, 13 et 14. On ne peut, je crois, expliquer que par cette allusion bizarre, mais bien conforme à Tesprit de la mythologie védique, l'emploi du mot sânu pour désigner la croupe des chevaux. Ce mot, qui n*a gardé dans la langue classique que le sens de a sommet d ou a plateau de montagne », n'en a pas d'autre non plus, quoi qu'en pense M. Grassmann (s. v,), dans le /{ig-Veda, et il y désigne ordinairement, comme son congénère snu (ibid.y s, v«), soit directemeut, soit par voie d'allusion, les montagnes célestes d*où coule la pluie. Les snu des eaux sont, non pas a la surface » des eaux, mais la montagne d'où elles coulent. Le sânu du démon n'est pas son ce dos », mais la montagne où il retient les eaux prisonnières. Le sânu d'Agni est le sommet où il brille. Enfin, le sânu c de brebis », c'est-à-dire le tamis par où coule le Soma terrestre, rappelle évidemment la montagne d'où a été apporté le Soma céleste, IV, 47, 4, cf. IX, 16, 7. — Si dans notre vers VI, 75, 13^ le terme propre jaghana figure parallèlement au terme figuré sânu^, c'est parce qu'il fournit au poète l'occasion d'un jeu nouveau, qui n'est plus d'ailleurs qu'un simple jeu de mots, faghanâa upa jighnatê.

rent pAS dtrd pour cela négligées. La fondre étant l'arme par excellence d*Indra, on ne peut s'étonner qu'elle figure dans la description des combats réels auxquels il est supposé prendre part, comme dans celle de ses combats mythiques, ni d'entendre les hommes demander à Indra sa foudre, pour s'en serrir contre leurs ennemis, 1, 8, 3. Il n'en est pas moins intéressant de voir la foudre dlndra éclater pour conquérir des vaches à ses suppliants, II, 30, 5. Si ces vaches sont des vaches réelles, leur conquête rappelle en tout cas celle des vaches de la nuée. Au vers I, 132, 4, la comparaison des combats réels avec les combats mythiques est formellement exprimée. Les suppliants d'Indra lui demandent de vaincre pour enx, comme il a vaincu autrefois pour les Angiras quand il a «ouvert» une « étable » où, comme nous le verrons plus loin, étaient renfermées, soit les eaux du ciel, soit les aurores. On dit encore qu'Indra amène à ses suppliants des chevaux et des vaches, comme il amène les nuages en tonnant, VI, 44, 12.

Les vaches qui mugissent à la naissance d'Indra, YIII, 59, 4, «ont certainement des vaches mythiques, comme celles qu'il conquiert sur Ahi, V, 29, 3, cf. IV, 19, 2, sur Vala, I, 11, 5; n, 14, 3, et généralement sur les différents démons que nous passerons en revue plus loin. Les vaches qui donnent le lait céleste sont elles-mêmes assimilées au lait, quand elles sont représentées, par une de ces âgures monstrueuses auxquelles se complaisent les itishis védiques, sortant, par l'opération dlndra, de la « mamelle » du « mâle » androgyne *, TV, 22, 6. AiUeurs, elles semblent confondues avec les fruits de l'arbre qu'Indra secoue pour en faire tomber les trésors du ciel^ m, 45, 4 : on demande en effet au Dieu de « faire tomber les vaches d'une secousse », I, 10, 8. Le « taureau » Indra prend la foudre pour « alliée » quand, avec la lumière, il « trait » les vaches hors des ténèbres, I, 33, 10, cf, IH, 31 , 21, c'est-à-dire les en fait sortir, comme d'une enveloppe où elles étaient retenues, V, 31, 3. Elles ne diffèrent pas des jeunes filles cachées dont le dieu découvre également la retraite, n, 15, 7, et qui représentent, soit les eaux, soit les aurores.

Oo voit, dans l'énumération des dons ou des conquêtes d'Indra, les vaches figurer avec le soleil, I, 7, 3; III, 34, 9; V, 33, 4; VI, 17, 3 ; 32, 2; X, 111, 3; 138, 2, et l'aurore,

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