‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 104 sur 417 · Voir pltui haut, p · texte numérisé non relu

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1, 62, 5 ; VI, 17, 5, ou avec les eaux, I, 32, 12 ; 103, 5 ; 174, 4; II, 21, 1 ; VI, 39,5; 47, 14; VII, 21, 3; X, 89, 7, ou à la fois avec les eaux, le soleil, U, 19, 3,et Taurore, n, 12, 7 ; et le terme de « vaches » peut sembler, dans de pareilles formules, faire double emploi avec' le nom des aurores ou avec celui des eaux. Lés aurores et les eaux sont nommées encore dans un grand nombre d'autres formules qui vont nous fournir un témoignage direct des exploits solaires et des exploits météorologiques dlndra. Nous nous occupe* rons d'abord des derniers.

g II. — LA CONQUÊTE DBS BAUX.

Indra répand les eaux, I, 55, 6 ; 174, 9 5 m, 30, 9 ; 31, 16; 32, 5 ; VI, 20, 12 ; 32, 5 ; X, 111, 8, ou selon une expression qui, dans le langage des hymnes, n'est pas moins générale que la première, il fait couler les rivières,!, 130, 5 ; III, 36, 6, les « sept » rivières, I, 32, 12 ; X, 49, 9 ; il fait gonfler les a quatre » rivières, 1, 62, 6, il fait gonfler les eaux comme des vaches précédemment stériles, VII , 23 , 4. Les rivières épanchées par Indra peuvent être sans doute des rivières terrestres, comme celles qu'il fait mugir en même temps que les forêts, I, 54, 1. Elles pourraient même n'être qu'un symbole des faveurs du dieu, cf. IV, 16, 21, comparé à une montagne, Vâl. 2, 2, ruisselante, cf. Vàl. 1, 2. Mais ce sont le plus souvent des rivières célestes S comme celles où nous l'avons vu plus haut naître et grandir, comme les eaux primordiales qu'il a fait couler, X, 111, 8, cl. H, 17, 5, et dont l'épanchement a été sa première œuvre, II, 22, 4, accomplie a dans le ciel » (ibid.). Elles représentent alors la pluie, les eaux du nuage, dont une partie, d'ailleurs, vient couler dans le lit des rivières terrestres, mais qu'Indra destine surtout à étancher la soif du sol desséché, IV, 19, 7, cf. 17, 2, et à faire croître les plantes de toute sorte, II, 13,7.

Cependant, et le fait est intéressant à noter, les noms qui désignent proprement la pluie, vvishU, varsha, ne se rencontrent presque jamais*, non plus que le verbe de même racine^

1. Sur les sept et les quatre rivières, en particulier, voir plus haut, p. 134 etl3H.

2. Au vers X, 23, 4, la pluie u du troupeau i>, c*est-à-dire Peau des nuages assimilé à des vaches, dont la barbe d*Indra est humectée, peut être celle

vrishj dans les formules relatives aux œuvres météorologiques d'Indra, tandis que Tusage en est, au contraire, très fréquent dans celles qui rapportent le don de la pluie à d'autres dieux, à Agni, II, 6, 5; VI, 13, 1; X, 98, 10; àSoma, IX, 8, 8; 39, 2; 49, 1 et3; 65, 3 et 24; 74, 3; 9é, 3 et 14; 97, 17; 106, 9; 108, 10, cf. 69, 9; à Brihaspati, X,98, 3; 5; 7 et8; à Sarasvant, I, 164, 52 ; à Parjanya, V, 83, 3 et 10; Vn, 101, 5 ; à Vâta (le vent), VU, 40, 6 ; aux Maruts, I,38,8;n, 34, 2;ni, 26, 5; V, 53;2; 5; 6; 10 et 14; 55, 5; 57, 4; 58, 3 et 7; 59, 5: 83, 6; VH, 56, 13; Vm, 7, 16 ; à Varuna, V, 85, 3; à Mitra et Varuna, I, 152, 7 ; H, 27, 15; V, 62,3; 63, 1; 2; 3; 4 et6; 68, 5; VH, 64, 2; VHI, 25, 6. Non seulement on ne dit pas d'Indra, comme de Parjanya, personnification du nuage, V, 83, 10, qu'il <c pleut la pluie »; mais on ne dit pas non plus de lui, comme on le dit des Maruts, V, 55, 5, qu'il « fait pleuvoir » la pluie, ou comme on le dit de Mitra et Varuna, V, 63, 3 et 6, qu'il fait pleuvoir le ciel. Il semble que les Aishis n'emploient les diverses formations de la racine vvish pour désigner le phénomène de la pluie, que lorsque l'action divine à laquelle il est rapporté s*exerce sans obstacle et sans conflit. Or, tel n'est pas le cas dans le mythe d'Indra.

Pour répandre les eaux, Indra use de la force, VIII, 3, 10. C'est en combattant qu'il répand les torrents et les vaches, 1, 174, 4, c'est-à-dire encore les eaux. Il trouve, I, 103, 5, il conquiert, V, 31, 6, il a vole », I, 131, 4, les eaux. Ici encore, il est vrai, il sera quelquefois permis de penser aux rivières terrestres. Les eaux conquises pourraient être les fleuves dont les rives, parle secours d'Indra, sont tombées au pouvoir de ses suppliants ^ Le mot arnasdti a conquête des

qa'il fait couler lui même. Mais au vers VIII, 12, 6, la pluie du ciel ne semble figurer que comme terme de comparaison ayec Técoulement du Soma, de ee breuvage qni fait sur Indra Teffet de la pluie sur un champ d*orge, 1, 43, 7, c'est-à-dire le fait croître. La construction des cinq vers précédents me fait penser que le a dieu i> sujet du verbe mdmahe, et auquel se rapporte le participe praMoyan, est, non pas Indra, mais Soma, déjà comparé au vers Sànoe mer qui s'enfle. Le corrélatif de yah. peut être sous-entendu devant vatakthUha, cf. I, 48, 14 et les constructions analogues. Enfin au vers IV, 16, 3« ce D*e8t pas réellement Indra qui parle, mais bien un R'ishï qui s'attribue certaines œuvres d'Indra (vers 3) sans pour cela s'identifier purement et simplement avec lui .

1. Cette interprétation paraîtra surtout vraisemblable dans les formules qui mentionnent, avec la conquête des eaux, la conquête, c'est-à-dire le salut (foir plus haut, p. 176, note 3] des enfants, I, 100, 11 ; VI, 44, 18, cf. VI, i9, 12; t5, 4, ou du suppliant lui-môme, VI, 46, 4, et qui semblent bien par

eaux r> paratt désigner des combats réels aux vers I, 63, 6 ; IV, 24, 4; mais il est beaucoup plus certain encore qu'il désigne un combat mythique au vers II, 20, 9, où Indra reçoit la foudre de la main des dieux pour combattre les démons. Ce sont les eaux célestes qu'Indra conquiert en fendant rétable des vaches, I, 10, 7 et 8, qu'il fait couler en brisant, IV, 19, 4 et 5, en ouvrant la montagne, IV, 21, 8, ouïe vase, carUy I, 7, 6, qui les renferme, en brisant le réservoir des eaux. Vin, 32, 25. Il porte ainsi « secours à la mer », VIII, 12, 2, il ouvre la voie aux rivières, VI, 30, 3, cf. II, 15, 6, qui étaient « enveloppées », VI, 17, 12; X, 30, 7, cf. IV, 19, 5. Nous retrouverons plus loin le démon qui « enveloppe », qui retient les rivières, sous le nom de Vritra, et nous verrons Indra conquérir les eaux de la montagne céleste sur ce démon, I, 32 (en entier); 51, 4; III, 32, 6; X, 89, 7, cf. VIE, 85, 18, appelé aussi Ahi, H, 19, 3; VI, 30, 4; VH, 21, 3, ou sur ses pareils, I, 33, 11 ; VIII, 6, 16. Il a accompli cet exploit en naissant, V, 30, 5; X, 113, 4, et on l'invite à le renouveler, I, 80, 3, cf. 4. Il y a telle formule où Indra, comme le feu céleste auquel il emprunte ses principaux attributs, reçoit le nom d* « amant des rivières », X, 111, 10. Mais il y est nommé en même temps le <c briseur de forteresses », et cette seconde appellation est une allusion au combat qu'il doit livrer pour s'emparer des eaux et les enlever au démon, leur premier époux, I, 32, 11; IV, 17,3, cf. X, 43, 8 et Vni, 15,6.

Le titre qui convient à Indra est donc moins celui de «maître» des eaux ou des rivières, X, 180, 1, cf. X,89, 10, que celui de a conquérant » des eaux, abjit^ comme des autres trésors célestes ou terrestres. H, 21, 1, ou de « vainqueur dans les eaux » apsujit, VUE, 13, 2 ; 36, 1 ; IX, 106, 3. C'est aussi tout à fait par exception, et contrairement à son vrai caractère, qu'il est représenté comme un océan recevant les rivières, I, 55, 2. Sa fonction divine est au contraire d'épancher les eaux, et de les épancher, non comme Savitri, en observant une (( loi » immuable, mais en a frappant le démon Ahi », n, 30, I, en combattant celui « qui a la pluie en sa possession », svavrishti, I, 52^ 5 et 14.

Naturellement, c'est avec sa foudre qu'Indra fend la

conséquent s'appliquer à des combats réels. Nous verrons plus loin que la conquête du soleil, iàtd, , dans les formules du même genre, peut représenter aussi le salut de la vie.

montagne, I, 57, 6, oA les eaux étaient « enveloppées », enfermées, ihid.^ et qu'il ouyre la voie aux rivières, II, 15, 3. Les foudres d'Indra se dispersent sur les quatrevingt-dix rivières, I, 80, 8. En un mot, la conquête des rÎTières par Indra n*estqu*une forme mythique du phénomène natarel de Torage.

§ m. -^ LA GONQUÉTS DK LA LtJHlâRB.

L'action d'Indra ne s'exerce pas seulement sur les phénomènes météorologiques : elle s'étend aux pbéno* mènes solaires. Ce dieu, dont nous avons déjà reconnu la nature essentieUement lumineuse S «met la lumière dans la lumière » comme a la liqueur dans la liqueur», X» 54^ 6, c'est-à-dire, ou bien donne à la lumière son éclat et à la liqneur sa saveur, où bien donne « lumière sur lumière » et « liqueur sur liqueur », verse à flots la liqueur et la lumière. Dans l'un comme dans Tautre sens, la formule résume les œuvres météorologiques et les œuvres lumineuses d'Indra. Ce dieu donne eneffet le soleU, IV, 31, 5, cf. V, 37,5; VIII, 88,3; X, 29, 5 ; Vâl. 4, 10, aussi bien que les eaux, 1, 104, 6. n a «( en naissant » illuminé le ciel, III, 44, 4. Il est venu dans le ciel en faisant briller la lumière, VIII, 87, 3, et c'est immédiatement après sa naissance, VIII, 6, 28, qu'apparaît la lumière « allumée au delà du ciel », ihid,, 30. Il a « choisi » la lumière en la distinguant des ténèbres, III, 39, 7. Quant aux ténèbres elles-mêmes, il les a « enroulées », H, 17, 4, « chassées », I, 56, 4, cf. X, 73, 5, ou « crevées », 1, 173, 5. D les a « ouvertes » avec la lumière, V, 31 , 3 ; il les a fait rentrer dans l'ordre * avec le soleil, VI, 21, 3. Il a fait briller le soleU, Vin, 3, 6 et 20; 87, 2, cf. VI, 17, 3; il l'a fait monter dans le ciel, I, 7, 3 ; VUE, 78, 7, et l'y a soutenu, Vni, 12, 30; U a fait avancer la roue du soleil, I, 130, 9, cf. Vin, 52, 8 ; il a, avec le soleil, fait briller le couple des « parents », c'est-à-dire les deux mondes, VI, 32, 2.

Qu'il épanche, d'ailleurs, les eaux ou les rayons, Indra reste toujours le dieu guerrier. Cette lumière qu'il donne, il faut qu'il la trouve, HI, 34, 4 ; VHI, 15, 5 ; X, 43, 4, dans les

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