‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 119 sur 417 · Quatrième partie, ehap. III · texte numérisé non relu

Quatrième partie, ehap. III

t. Ô-éets«s, p. 314.

Il y est en outre parle des impies qai n^observent pas la loi, V, qui ne sacrifient pas, IV et V. Enfin au vers IV oùse rencontrent à la fois la mention du Dasju et celle des impies, nous voyons ces impies «qui ne sacrifient pas d * chassés d*un lieu appelé dhanUy d'où Indra chasse également Vritra, VIII, 3, 19, et que les interprètes s'accordent à regarder comme une désignation du nuage. Aussi bien, est-il dit au vers suivant, qulndra a chassé les impies « des deux mondes ». Enfin on connaît le Dasyu que la montagne « son amie » doit rejeter d*ûne secousse : ce Dasyu est évidemment le démon du nuage, ce qui n'empêche pas le poète de dire de lui, non seulement qu'il suit d'autres lois, mais qu'il ne sacrifie pas, qu'il n'honore pas les dieux, VIII, 59, 10 et 11.

L* (c impiété » des démons nous offre un nouvel exemple de l'assimilation des ennemis célestes et des ennemis terrestres d'Indra. Ce trait n'est d'ailleurs pas réservé aux formules où les démons portent le nom de Dâsas ou de Dasyus. Le nom d' « impie » est donné également au démon Pipru, I, 101, 2, que nous étudierons plus loin. Au vers 1, 130, 8, la « peaulioire )> qui figure avec les impies comme soumise à Manu par Indra pourrait être sans doute la race des hommes noirs; mais il est plus probable que ce terme désigne les ténèbres, l'obscurité « impie », V, 40, 6, et c'est là certainement le sens de la même expression au vers IX, 73, 5, où il est dit que cette peau noire « haïe d'Indra » est enlevée « de la terre et du ciel » : les « impies » qui sont brûlés du même coup ne peuvent donc être que dès démons. Il en est sans doute de même de 1' ce ennemi de la prière » pour lequel Indra fait briller, c'est-à-dire remplit de flammes la terre, les eaux, les trois mondes, VI, 22, 8. Le nom d'adeva, quand il est donné aux démons combattus par Indra, 1, 174, 8=11, 18, 7; VIII, 85, 9, et particulièrement à Vritra, III, 32, 6 ; X, 11, 6, peut aussi être pris dans le sens qu'il a certainement quand il est appliqué aux mortels, VIII, 59, 7, cf. X, 38, 3, c'est-àdire dans le sens d' « impie ».

Les noms de Rakshas et Rakshasvin, et ceux de Yàtu, Yâtudhâna, Yâtumat et Yâtumâvat*, désignent aussi des

1. Ils fiODt en ontre appelés des vieillards, sanakdh, et rappellent par là lés a anciens » dieux vaincus par Indra (III, p. 17).

2. Les derniers mots sont souvent rapprochés des premiers. Voirl, 35, 10 ; 36, 20 ; VIII, 49, 20; les hymnes VII, 104 et X, 87 en entier. Cf. encore les noms de Kimidin et de Mûradeva qui ne se rencontrent que dans ces denx

êtres impies, V, 2, 9 et 10 ; IX. 104, 6. cf. V, 83, 2, des ennemis de la prière, III, 30, 17; VII, 104, 1 et2; X, 182, 3, qu*Âgni doit brûler pour garantir les sacrifices du trouble qu'ils peuvent y apporter, I, 76, 3, cf. VII, 104, 18 ; X, 87, 9. On les considère aussi tout particulièrement comme des trompeurs, I, 36, 15 ; IV, 4, 15 ; VI, 62. 9 ; VII, 1, 13 ; IX, 71, 1 ; 85, 1; 104, 6 et VII, 104 et X, 87 (en entier) ^

Les Rakshas et le^ Yàtudhânas sont le plus souvent des êtres surnaturels, de véritables démons. Ils prennent la forme dedivers animaux, Vn, 104, 20 et 22, et particulièrement d'oiseaux de nuit, VII, 104, 18, ce qui peut expliquer les passages où Âgni est prié de les anéantir dans l'atmosphère, qui est leur séjour, X, 87, 3 et 6. Au vers X, 87, 10, le Rakshas a trois «sommets», c'est-à-dire probablement trois têtes. Mais Ia«qualitéde Rakshas» estaussi attribuée à des mortels, VIII, 18, 13, cf. VII. 94, 12 ; VIII, 49, 8. Aux vers VII, 104, 14-16, le fidèle se détend d^étre un Yàtudhâna, et s'oppose à celui qui se dit « pur », bien qu'il soit en réalité un Rakshas. Ailleurs encore, V, 12, 2, l'adorateur d'Agni proteste de sa sincérité et de son attachement à la loi a du mâle brillant », en déclarant qu'il ne pratique pas « le Yâtu ». Le mot yâlu, dans cette dernière formule, est pris au sens abstrait, et paratt signifier « incantation »^ magie malfaisante et criminelle. Plus généralement, les Rakshas et les Yàtudhânas humains, ces trompeurs, ces ennemis perfides, semblent être des espèces de sorciers, dont les formules sont opposées à la prière da culte régulier, qui reçoit pour cette raison l'épithètearaAi*«, VII, 85, 1.

D'ailleurs, qu'ils soientdes êtres réelsou des êtres mythiques^ les Rakshas et les Yàtudhânas, en qualité de perturbateurs des sacrifices, sont opposés surtout aux divinités du culte, à Agni, I, 12, 5; 36, 15 et 20 ; 76, 3 ; 79, 6 et 12 ; III, 15, 1 ; IV,3, 14;4, 1 etl5; V, 2, 9 et 10; 12, 2 ; VI, 16, 29 et 48; VII, 1, 5 ; 13 et 19 ; 15, 10 ; VIII, 23, 13 et 14 ; 43, 26 ; 49, 8; 10; 19 et 20 ;X, 98, 12; 118, 7 et 8; 162, 1; 187, 3 et X,87 (en entier), cf. VII, 8, 6, à Soma, 1,129, 6; IX, 1, 2; 17,3 ; 37, 1 et 3; 49, 5; 53, 1 ; 56, l ; 63, 28 et 29 ; 67,

damiers hymnes, et le nom de ÇiçnadeTa, X, 09, 3, rapproché de Yâtu au* ▼en vu, 81, 6.

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