‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 124 sur 417 · LE SACRIFICE EN GENERAL · texte numérisé non relu

LE SACRIFICE EN GENERAL

Oa a VU dans le chapitre précédent, que les dons que Thomme attend des dieux, et parliculièrement d'Indra, sont, ou les trésors célestes, sous la forme des éléments naturels étudiés dans la première partie de ce livre, ou des biens terrestres dont les mêmes éléments sont comme les prototypes mjthiques. Ces dons, qaand ils viennent d*ïndra, sont, en raison de son caractère de dieu guerrier, considérés le plus souvent comme un butin, comme le prix des victoires que le diea remporte, soit sur les démons proprement dits, soit sur les démons terrestres, c'est-à-dire sur les ennemis de ses adorateurs. Nous avons maintenant à étudier quelle est, dans cette conception des rapports de la terre avec le ciel, le rôle du sacrifice. Il ne peut plus être question, comme dans la première partie, même pour l'acquisition des trésors célestes, d'une action directe exercée sur les éléments des phénomènes par les éléments qui leur correspondent dans le culte. Les éléments des phénomènes, en effet, ne sont plus ici considérés comme indépendants, et le dieu intervient comme UQ intermédiaire nécessaire entre eux et le sacrifice. C'est à lai que le sacrifice s'adresse, et la libation que, dans ses rapports avec les éléments, soit du culte, soit des phénomènes, nous n'avions pu, sans une sorte d'abus de termes^ appeler « offrande », va enfin mériter un peu mieux cette appellation. Mais il y aura loin encore, au moins dans la plu-

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part des cas, de la présentation de cette offrande à un pur acte d'hommage.

Ce n'est pas que dans plus d'un texte, les avantages que procure le sacrifice ne paraissent considérés, selon la conception qui nous semble le plus naturelle S comme une récompense accordée par la toute-puissance du dieu à la bonne volonté de l'homme. Cette idée d'une récompense librement octroyée suffit parfaitement à rendre compte d'un grand nombre de formules qui promettent sécurité, nombreuse descendance, richesse, gloire, en un mot tous les biens, à commencer par la fortune de l'impie, IX, 23, 3, à ceux qui offrent le sacrifice aux dieux, II, 23, 4; 26, 3; III, 59, 2; VI, 54, 4; 68, 5; 70, 3; VII, 59, 2; 61, 4; 82, 7; 100, I, et passim. J'en dirai autant de celles qui, dans un langage plus imagé, nous montrent les dieux ci oignant >» le sacrifice d'une douce liqueur, I, 188, 2, y « mêlant » cette liqueur, I, 34, 3; 47,4; 1^, 3; IX, 107, 6, c'est-à-dire sans doute, au moins à l'origine, répondant au sacrifice par le don de la pluie, cf. X, 68, 4, et I, 157, 2; VIII, 5, 6 *, ou encore « revêtant de richesse l'hymne de louange », VI, 35, 1, cf. I, 61, 16; III, 34, 5, et de beaucoup d'autres du même genre. Indra, en sa qualité de dieu guerrier, récompense surtout le sacrifice par la victoire^. Il donne la force à celui qui lui offre le Soma^

IV, 24, 7, cf. Vn, 32, 6. On obtient par le sacrifice la force même d'Indra, tndrtya, IV, 24, 5. Il secourt dans le combat ceux qui sacrifient contre ceux qui ne sacrifient pas^ X, 49, 1, ceux qui pressent le Soma contre ceux qui ne le pressent pas,

V, 34, 6, cf. VI, 44, II. Ses suppliants l'invitent à frapper celui qui ne presse pas le Soma, et lui demandent les richesses de cet impie, I, 176, 4, cf. I, 81, 9; 103, 6; Vil, 19, 1; Vin, 45, 15. Le roi chez lequel Indra boit le Soma est vainqueur de tous ses ennemis, V, 37, 4 et 5. Les vaches dont le lait sert aux sacrifices célébrés en son honneur ne sont jamais

!• Et qui peut très bidu avoir été en effet la plus ancienne, même pour les ilryas. Il est entendu que nous réservons toutes les questions chronologit|ues que peut soulever notre étude.

2. Ces formules se rencontrent surtout dans les hymnes aux Açvîns. H est aussi question dans deux d'entre elles d*un « fouet qui donne une douce liqueur », I, 22, 3; 157, 4. Ce fouet représente peut-être le vent qui siffle en bhaàsant les nuages, cf. I, 37,3; V, 83, 3, s'il n^est pas là simplement pour rappeler le char sur lequel les Açvins apportent les dons qu*ils destinent aux hommes.

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