‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 129 sur 417 · EtUsAçvins, X · texte numérisé non relu

EtUsAçvins, X

regard de l'idée que la volonté des dieux est souveraine, VIII, 20, 17 ; 28, 4, cf. 50, 4 ; X, 33, 9, dos formules telles que celle du vers I, 164,35, a Le sacrifice est le nombril du monde », et celle, bien plus curieuse encore, et d*une clarté parfaite dans sonétrangeté, du vers VI, 51, 8 : « L'bommage est puissant; c'est Fhommage que jMnvoque. L'hommage supporte la terre et le ciel. Hommage aux dieux! L'hommage nt leur maître^ etc. * ». On voit que le prétendu hommage devient une sorte de tyrannie exercée sur les dieux. L'hymne, d'où nous détachons cette formule, peut être relativement moderne, et marquer le dernier terme d'un accroissement plus ou moins lent des prétentions sacerdotales. Tous les flishis n'ont pas dit non plus, comme l'auteur du vers IV, 24, 10 : « Qui veut m'achcter mon Indra pour dix vaches, à la condition de me le rendre quand il aura tué ses ennemis ? < » Mais la plupart ont prétendu exercer sur lui une action dans une certaine mesure indépendante de sa volonté. La croyance à une efficacité propre des rites est, noiis ne saurions trop le répéter, la croyance védique par excellence, et l'invocation à Tfc hommage » du vers VI, 51, 8 n'est pas beaucoup plus extraordinaire que cette sorte d'apothéose du sacrifice qui Tintroduit dans le ciel et lui donne pour ministres les dieux mêmes.

Lldée du sacrifice céleste, déjà analysée dans la première partie, se retrouve dans le mythe d'Indra. C'est à lui qu'est adressé le vers Vil, 97, 1, qui oppose formellement le sacrifice du ciel â celui de la terre, cf. III, 60, 6. Les formules par lesquelles les Aishis l'invitent à quitter pour leur sacrifice le lieu quelconque où il peut être, nomment souvent le ciel, l'atmosphère, la mer céleste, etc., parmi les séjours qui pourraient le retenir, IV, 21, 3 ; VI, 40, 5 ; VII, 24, 3 ; VIII, 1, 18 ; 34, 13; 86, 5 ; Vâl. 2, 7. Or quelques-unes de ces formules font expressément du séjour « suprême » aussi bien que du séjour « inférieur » et particulièrement de la mer céleste, un lieu où Indra s'enivre, I, 101, 8 ; VHI, 54, 2, de Soma, VIE, 12,

1. Aa vers saWant, Tauteur joue sur le mot hommage, nam<Uy proprement • actioQ de 8*iDcIiner », en disant qn*il a incline » les dieux vers lui avec ses hommages»

3. Je ne puis croire (^uMl s'agisse là d'une idole d'Indra. C*eit bien du dieu luUméme que le prêtre préiend disposer à son gré. On peut comparer te vers VllI, 1, 5, oit le prêtre déclare & Indra « quUl ne le donnerait pas pour oenty ni pour mille ni pour dix mille ( Taches) i.

17, cf. 13, 15. Elles peuvent donc être comparées à celles qui nous ont montré les /{ishis préoccupés de la concurrence que peuvent leur faire d'autres sacrificateurs, avec cette différence que les concurrents qu'ils redoutent sont ici des dieux. Les vers VIII, 12, 16 et 17 sont décisifs à cet égard : a Que tu boives le Soma, ô Indra, chez Vishnu, ou chez Trita i4ptya, ou chez les Maruts, ou bien loin d'ici, ô dieu puissant, dans la mer (céleste), donne la préférence au Soma que nous avons pressé. »

On trouvera plus loin les textes qui renferment la mention particulière, soit des divers éléments du sacrifice céleste offert à Indra, soit des différents dieux qui lui offrent le Soma ou chantent en son honneur des hymnes de louange. Nous nous contenterons de citer ici les formules conçues en termes généraux. Les dieux ont offert à Indra, « dans les trois coupes», c'est-à-dire dans les trois mondes, un sacrifice que les hommes semblent considérer comme le modèle de celui qu'ils lui offrent àleur tour, VIII, 13, 18; 81 , 21 . Ce doit être aussi un sacrifice céleste que celui qui est « né » en même temps qu'Indra, VIII, 78, 5 et 6, 'et le « sourire » dont il est question dans la même formule, ce sourire qu'Agni fait briller dans tous les sacrifices, IV, 7^ 3, doit être là le sourire de l'éclair, I, 23, 12; 168, 8, cf. II, 4, 6. De même encore, le sacrifice qui précède Indra quand il conduit à la victoire les armées des dieux, X, 103, 8, cf. 9, pourrait bien être le sacrifice des dieux mêmes. Car les dieux, comme les hommes, offrent le sacrifice à Indra quand ils veulent conquérir des trésors, et particulièrement quand ils veulent fendre l'étable où sont enfermées les vaches célestes, X, 74, 2-4. Plus généralement, les Aishis supposent entre Indra et les dieux des rapports tout à fait analogues à ceux qu'il entretient avec euxmêmes. C'est pour les dieux aussi bien que pour l'homme (ou pour Manus), qu'il a trouvé un gué à travers les quatre-vingtdix-neuf rivières, X, 104, 8. Il a, par les victoires qui ont signalé sa naissance, ouvert l'espace aux dieux, VII, 98,3; X, 180, 3, cf.II, 12, 1 ; 111,34,7; VI, 18, 14.Ce n'est pas seulement la terre, ce sont les deux mondes qui l'invoquent dans l'effroi que leur cause le Dâsa, X, 54, 1, cf. 55, 1, et il va en effet au secours des dieux, X, 54, 1. On dit d'Indra qu'il est le roi des races célestes et des races terrestres, VI, 22, 9, cf. VI, 47, 16 ; VIII, 1, 2 ; Vâl. 4, 7, et, ce qui est ï>lus caractéristique, qu'il marche en tête des races divines et des races

homaines, III, 34, 2» sans doute encore pour les conduire à la victoire ; car nous voyons ailleurs que les dieux ont mis Indra à leur tête pour le combat contre le démon, VI, 17, 8, contre Vrilra, Vm, 12, 22 et 25, cf. I, 131, 1 ; IV, 19, 1. Les « cinq races » qui rappellent, VIII, 52, 7, cf. V, 32, 11, comprennent, au moins primitivement S avec les races des quatre points cardinaux, cf. VIII, 54, 1, la race divine, et les sept assemblées * dont il fait la joie, VIU, 81, 20, suggèrent également l'idée de sacrifices célébrés en son honneur dans toutes les parties de l'univers.

Revenons au sacrifice terrestre et à l'action qu'il est sup* posé exercer sur Indra, pour nous arrêter à la conception la plus ordinaire de cette action, à l'idée qui domine, on peut le dire, tout le culte du dieu guerrier. Les Aishis, s'ils n'ont que rarement trahi la prétention de disposer en maîtres absolus de la puissance d'Indra, se sont du moins donnés comme les artisans de cette puissance. Avant d'abaisser le dieu jusqu'à en faire leur vassal, ils ont prétendu s'élever eux-mêmes à l'honneur de lui servir d'alliés.

Cette idée repose sur la croyance fondamentale de la religion védique, que le sacrifice accroît les forces des dieux. Rien n'était plus naturel que d'attribuer un pareil effet à l'offrande considérée, ainsi que nous l'avons dit déjà, comme un aliment ou un breuvage réellement consonuné par le personnage divin auquel elle est -présentée. La même action a été par extension attribuée à l'autre partie essentielle du sacrifice, nous voulons dire à la prière. C'est ce qui sera étBbli plus loin. Quant à présent, et avant de passer en revue les divers éléments du culte, en y comprenant le porteur de l'offrande, c'est-à-dire le feu, nous nous bornerons à citer les textes qui attribuent l'action « fortifiante x> dont il s'agit au sacrifice considéré dans son ensemble.

Tous les dieux sont « accrus » par le sacrifice, les^dityas, X, 63, 17, comme les Maruts, I, 38, 15, ou Soma lui-même, quand le breuvage du sacrifice est traité comme un dieu qui a aassi ses droits au sacrifice, IX, 4, 9, cf. 108, 8 ; tout grand qa*il est, il est accru encore par l'œuvre du sacrifice, IX, 47, 1. On peut entendre dans le même sens les passages où il est dit que les Maruts, II, 34, 13, et lesildityas, V, 68, 4 ; VII,

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