‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 130 sur 417 · Voir pliu haut, p. Ii6-lt · texte numérisé non relu

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^. Voir plus haut, p* 140.

60, 5, se sont « accrus » dans la demeure du vila (le mot via désignant, comme nous le verrons S la loi du sacrifice aussi bien que celle des phénomènes célestes), et plus généralement Tapplication aux différents dieux de Tépithète, vilâvvidh^ « accru * par le rt/a», probablement équivalente à yajnavridr dha, qui signifie en tout cas <c accru par le sacrifice ». Mais c'est pour Indra que les textes abondent. C'est à lui qu'est appliquée, au vers VI, 21, 2, Tépithète yajnavriddha. Les prêtres le « fortifient {vâjay), » I, 4, 9 ; VIII, 82, 7, « l'accroissent », Vm, 52, 10, cf.I, 81, 1 ; Vm.51, 10; X, 147, 3, avec leurs sacrifices, VIII, 12, 20 ; 24, 18, cf. IV, 23, 1 ; VI, 34, 4, ou, selon l'expression du vers VI, 23, 6, ils lui font, avec leurs sacrifices, des « accroissements », VI, 23, 6. Nous lisons encore aux vers III, 32,12 ; VIII, 14, 5, cf. VI, 38, 4, que le sacrifice a « accru » Indra, et au vers III, 31, 3, qu'il y a « grand accroissement » du dieu aux chevaux bais par les sacrifices. Indra déclare lui-même, VIII, 89, 4, cf. X, 28, 6, que les « prescriptions du vita », c'est-à-dire de la « loi » du sacrifice, le font « croître ». La racine vridh « accroître », employée dans la plupart des formules de ce genre, est la même qui exprime souvent aussi, dans le langage des Aishis, ridée des prospérités attachées à la faveur des dieux. C'est un nouvel exemple de l'emploi d'un terme identique pour désigner l'action du ciel sur la terre et celle de la terre sur le ciel. De même que les dieux, I, 34, 12 ; 79, 11 ; 89, 1 et 5; 91,10etl7; 112, 24; 118, 2; 186, 2 ; IV, 50, 11; V, 9, 7;

VI, 48, 2; 51, 11; VH, 57, 7; 95, 6; VIU, 49, 10 et 12; 64, 14; 72, 2; 92, 1; IX, 43, 6; 51, 4; 97, 39; X, 35, 11; 132, 1, et particulièrement Indra, I, 178, 5; IV, 23, 2 ; V, 34, 6; VI, 20, 11 ; 33, 4 ; 34, 5; 46, 3 et 11;

VII, 24, 1; 32, 25; VIII, 3, 1; 12,18; 13, 3;32, 18; 52, 4; 66, 5 ; 67, 4 ; 86, 1 ; 87, 5 et6; X, 100, 1 ; 147,4: Vâl. 6, 5, « accroissent » le sacrifiant*, cf, II, 20, 4 ; IV, 32, 12, ou, ce qui revient au même, à part la métonymie, le sacrifice, VIII, 91, 7, cf. I, 171, 2, l'hymne de louange, VHI, 8, 5 ; 14, 11,

1 . Vol. III, chapitre III dd la quatrième partie. 9 . Voir Orassmaon, Wœrterbuch, s. v.

3. Le mot vridh parait avoir le sens passif dans la plupart des composés dont il forme le dernier terme , sdkamvriifh , sadyovridh, tamovridhf suge» vridhj etc.

4. Remarquez en particulier les expressions sunvato vridhahf V, S4, 6; VIII, 12, 18; 87, 5, yajvano vridhah, VIII, 32, 18, le composé kavi-vridka, VIII, 5i, 4.

les prières, VIII, 36, 7 ; X, 91, 12, le sacrifice et la prière, 1,10, 4; X, 141, 6, de même les hommes, par le sacrifice, « accroissent » les dieux. Cette réciprocité de boDs offices est formellement indiquée au vers X,14, 3, où il est dit des ancêtres, invoqués d^ailleurs à leur tour comme des dieux, que les dieux les ont « accrus » et qu'ils ont «accru» les dieux. Ce qui prouve que le sens propre de la racine vridh a accroître » n'est pas atténué en celui de c réjouir, contenter », comme l'admettent M. Roth et M. Grassmann pour un grand nombre de formules, c'est le régime qu'elle prend dans plusieurs autres et qui précise ridée que les /tishis y attachent. Indra, et plus généralement les dieux, accroissent la force, I, 71, 6 ; 103, 3; VIII, &4, 13 ; X, 26, 9, la puissance, VIII, 37, 7, la prospérité, V, 10, 3, la richesse, VI, 28, 2 ; VU, 30, 1 ; 36, 7, cf. IV, 53, 7, des hommes, et les hommes, de leur côté, accroissent la force et la puissance d'Indra, I, 54, 8; II, 11, 4 et 13; VIII, 6, 31, cf. Vffl, 51, 10. On dit encore qu'ils laccroissent (le fortifient) « avec des secours », VIII, 13, 17. Ajoutons que la racine vridh est quelquefois remplacée par d'autres racines signifiant pareillement a accroître », comme vaksh, uk^h, IV, 23, 1 ; VI, 17, 4; 23, 6; VIII, 12, 4-9 ; 13, 7; 82, 9; X, 55, 7, ou « fortifier », comme vaj, I, 4, 9 ; 106, 4; VI, 24, 6 ; VIII, 82, 7, et qu'un mot tiré de cette dernière, le mot vàja, signifie à la fois « force » et « sacrifice^ ». Il est dit encore que le sacrifice donne la force « au corps » d'Indra, VI, 40, 4, et que les prêtres le font croître « comme un bambou», I, 10, 1. Fortifié par raille /lishis, il devient grand comme une mer, VIII, 3, 4. Nous relèverons, comme particulièrement hardies, les formules où les prêtres, parlant à la première personne, se vantent de fortifier Indra, I, 4, 9; Vin, 82, 7, de lui donner 'la force, VIII, 82, 27, à lui, déjà si fort, X, 116, 5, d'entretenir sa force, III, 37, 10. On verra d'ailleurs cette idée de l'accroissement d'Indra par le sacrifice se préciser à mesure que nous étudierons l'action exercée sur le dieu par les divers éléments du sacrifice, c'està-dire par les ofi'randes, au premier rang desquelles est le Sema, et par les prières.

Dès maintenant^ nous pouvons constater qu'Indra, accru par le sacrifice, ou par les prescriptions de la loi *, « fend les

i. Voir Grassmann, Warterbtuih^ s. v.

). Voir ci-dessus, p. 236.

mondes », VIII, 89, 4, apparemment pour en tirer les trésors qu'ils renferment, élève sa tête dans le ciel et conquiert tous le biens désirés par les hommes, VIII, 14, 5, et 6, enfin, pour résumer en une formule l'action que les rites exercent par son intermédiaire sur les phénomènes célestes, que « le sacrifice a aidé sa foudre dans le combat contre Ahi », m, 32, 12. Ce ne peut-être aussi que par le sacrifice que « la terre a aidé la foudre d'Indra » quand il a frappé Vritra « l'enveloppeur des eaux », IV, 16, 7. a Nous te fortifions », lui dit-on encore, « pour que tu conquières des richesses », I, 4, 9, et ailleurs, VIII, 82, 7 : « Nous fortifions Indra pour qu'il tue Vritra, » Au vers XVII de l'hymne X, 27 à Indra, ces mots « Les dés ont été jetés pour le jeu », venant après la mention du sacrifice d'un béli er , rappellent l'assimilation d'Indra à un joueur , et paraissent donner à entendre que le sacrifice doit lui faire gagner la partie.

Les sacrificateurs qui « accroissent » Indra peuvent être et sont en effet souvent des sacrificateurs célestes, soit des dieux proprement dits, soit des sacrificateurs divinisés. Au vers IV, 2, 17 S cf. I, 80, 15; VH, 82, 2, ils sont expressément nommés des dieux. Indra est « accru » dans le ciel, VIII, 6, 40, particulièrement par Tvashtri, I, 52, 7, par lesMaruts*, III, 35, 9; X, 73, 1, cf. 3, dans son combat contre Ahi, IIL 47, 4; X, 113, 3. Mais le sacrifice des dieux, prototype de celui des hommes dans la croyance des Dishis, n'en est en somme qu'une extension mythique. C'est toujours aux rites réels qu'il faut rapporter en dernière analyse raction attribuée au culte ^ que ce culte soit célébré par des prêtres humains ou divins.

Plus généralement, les formules qui représentent les dieux portant secours à Indra dans sa lutte contre les démons, Ij 11, 5j cf. V, 29, 9> particulièrement contre Vritra, X, 113, 1 et 2, et faisant de lui un meurtrier des Vfitras III, 49, 1 ',

ii Voir ci-dessous, p^ 242.

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