‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 151 sur 417 · Plus haut, p. 40, note · texte numérisé non relu

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nom de vena donné à Indra, I, 61, 14; VIII, 52, 1, et celui àevend, figurant dans des vers adressés au même dieu, I, 56, 2; Vin, 89, 5. Le premier signifierait (( amant », et le second désignerait les prières considérées comme les amantes d'Indra, En fait, Indra est comparé à un vena au vers VIII, 3, 18, en même temps qu'il reçoit l'épithète girvanas « qui aime les chants ». Si l'auteur du vers VIII, 2, 20, cf. 19, demande à Indra de ne pas se conduire comme un mauvais a geodre », c*est sans doute parce que la prière, en même temps qu*elle est considérée comme l'épouse du dieu, est conçue comme la fille du sacrificateur*, cf. VII, 26, 1 ; 31,

11. Je crois encore que les femmes au milieu desquelles Indra est comme un roi, VII, 18, 2, sont les « chants» nommés dans le même vers : il est en effet « le roi des chants », VI, 24, 1. En tout cas l'épouse qui « mugit » après le taureau Indra, en même temps qu'il est « aiguisé » par las pressureurs de Soma, IV, 24, 8, ne peut guère être que la prière. J'en dirai autant de l'épouse chérie qu'on l'invite à visiter en s'enivrant de Soma, I, 82, 5, cf. 6. C'est aussi la prière qui est représentée, au vers III de l'hymne V, 37 à Indra, comme une femme cherchant un mari qui l'épouse, cf. X, 27, 11 et

12. Mais de toutes les formules de ce genre, la plus curieuse sans contredit, et celle aussi pour laquelle notre interprétation paraîtra le moins contestable, se rencontre au vers III de rhjmne X, 32 à Indra. La figure qui fait de la prière une épouse du dieu y est combinée avec une autre figure qui la loi donne pour char ou pour attelage. Nous retrouverons ce passage dans l'étude que nous devons consacrer plus loin à la seconde figure.

En dehors des passages qui viennent d'être cités, il est si rarement question dans les hymnes d'une « épouse d'Indra * », qu'on peut se demander si le personnage d'/ndrànî

i. C*etl peai-étre aussi le sacrificateur qui r<)çoit au vers I de l'hymne X, S8 à Indra, le nom de beau-përe, si la première moitié de ce vers, comme d'autres passages du même hymne permettraient de le supposer, est mise dut la bouche d*Indra. Cf. le beau-përe d^Urvaçi^ plus haut, p. 95. Ne serait-ce pas aussi en tant qu'ils adressent à Indra, des c chants » que les suppliants de ce dieu se comparent, au vers X, 29, 5, à des donneurs de i femmes»,/imtV/Mh ?

2. Au vers lU, 53, 4-6, Tépouse d'Indra pourrait bien être encore la prière. Le « ya-et^Tient » et les « deux buts » dont il s'agit (vers V) pourraient peut-être s*entendre, non de la demeure céleste d'Indra et de la place du sacrifice, mats des deux éléments du sacrifice qui attirent le dieu tour à tour, c'est-à-dire de la prière et du Soma. Cf. X, 32, i, asmàkam indr ^hhayam jyjoshati, et plus haut, p; 267.

représente autre chose que la prière *. Indrânî ne figure que dans des énumérations de déesses, I, 22, 12 ; II, 32, 8 ; V, 46, 8 ', et dans un hymne bizarre, le 86* du X* Mancfala, qui demanderait une étude approfondie. Nous nous contenterons d'en relever les principaux traits. Mais nous devons d'abord dire quelques mots d'un autre personnage qui y joue un rôle important, celui de Vrishâkapi.

Le nom de vrishâkapi signifie « singe mâle ». Celui qui le porte, appelé encore au vers 3 un « animal jaune w, ami dlndra (vers 12, cf. 4), qui ne peut goûter de joie sans lui (vers 12), est un sacrificateur mythique (vers 1-2; 12; 18). Il a pour ennemi un « chien » qui veut le « mordre à l'oreille » (vers 4), c'est-à-dire peut-être lui faire entendre des paroles * « mordantes » : a Le singe (kapi) a profané en les manifestant les œuvres qui m'étaient chères. Je veux lui briser la tête... ^ » (vers 5). Signalons en passant la ressemblance de ce mythe avec celui de l'hostilité de Tvashfri contre les trois sacrificateurs mythiques appelés flibhus ^. Lui aussi dit au vers I, 161, 5: « Tuons-les^ ceux qui ont profané • la coupe où buvaient les dieux ! » C'est aussi TvashM qui paraît être désigné aux vers I, 161, 13 et IV, 18, 13, par le nom de (( chien ^ ». Enfin, comme les 7}ibhus qui vont dormir dans la demeure de Savitri^, Vrishâkapi; son œuvre accom-

1 . On contestera peut-être que cette pâle figure» analogue à Varofi&nlj à Agnâyi, épouses de Varuna, d*Agni, etc., puisse représenter rien]de précis, et je crois en effet que le nom est ici antérieur au mythe. Mais il reste permis de chercher si « réponse d'Indra», conçue d'abord dNine façon presque abstraite, n*a pas été identifiée iq^rès coup à quelque éléknent, soit des phénomènes, soit du culte.

2. Le rôle d*Indrà;it n'est pas moins effacé dans TAtharva-Veda. Remar^ quons seulement qu'au vers XIV, 2, 31, Tépouse eet invitée à s'éveiUer dès Taurere a comme JndrÂni ». Y aurait-il là une allusion à Tidentité d'Indrànî avec la prière qui, elle aussi, s'éveille à l'aurore?

3. L'hymne entier est un dialogue entre Indra, Indrânt et Vrishâkapi. liait au vers 5, il semble bien que c'est le chien qui parle, ou plutôt que le personnage^ quel qu'il loit, auquel devra être attribué 1& vert 4 (voir plus bas) le fait parler.

4. C'est en réalité Vrishâkapi qui triomphe de son ennemi, désigné au vera 18 par le mot obscur parasvaf^ et au vers 2B, par les mota jmlvoffho mriçA « animal très malfaisant ».

B. Voir plus bas, troisième partie et III, p* 55.

6. Cette profanation a consisté à partager en quatre la cOupè, csavre d« Tvashfri, c'est-à-dire à manifester dans les trois monde* le Soma oaehé dans le monde invisible^ III, p. 54. Remarquons qu'an vere X^ 96, 5, les œwrst du chien sont désignées par la racine taksh, si louvent emploi pour dési» gner celles do Ttiàttri^

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