Voir, plus haut, p. 237 et
3. Le rapprochement de ces trois passages montre bien que M. Grassmann s'est trompé en faisant de ianvâ^ dans le dernier, uoeépithëte de girà.
saoce», qui ne s'arrête jamais, est due, au moins en partie, aax hymnes qui lui sont adressés, cf. ibid., 4. Il est devenu grand par la prière, X, 50, 4, cf. VI, 44, 8. Sa grandeur s'accroît quand la prière est faite en son honneur, VI, 20, 3. Tout «adulte» qu'il est, les hymnes peuvent toujours faire grandir son « corps », VI, 24, 7, cf. 1, 10, 12.
Quelle est Torigine de cette, conception, qui attribue à la prière la vertu d'accroître la force et la grandeur dlndra ? Elle s'expliquerait, au besoin, par la conception parallèle qui attribuait très naturellement cette action au breuvage sacré, etparTétroite liaison des deux éléments essentiels du culte, le Soma et la prière. En fait, les mêmes formules mentionnent souvent à la fois 1' c( accroissement o d'Indra par le Soma et par les prières, II, 12, 14; VI, 38, 4; VII, 22, 7; VIII, 6, 21; 13, 16 ; 84, 7. Ce n'est pas tout. Les prières, les chants qui accroissent ou fortifient Indra sont comparés à des flots, I, 52, 7; VIII, 87, 8, qui le remplissent comme un lac, I, 52, 7, ou comme une mer, I, 11, 1, cf. VIII, 12^ 4 et 5. Les hymnes l'accroissent comme les rivières accroissent la mer, VIII, C, 35. Ces dernières formules semblent calquées sur celles qui expriment lese£fets du breuvage sacré. Ajoutons que l'hymne qui fait croître Indra « en force » est aussi comparé à l'offrande du beurre, VIII, 12, 4*. Aux vers IV, 42, 6 et X, 89, 16» il est dit à la fois, des libations de Soma et des prières, qu'elles « enivrent » Indra. Cette expression, appliquée ailleurs encore aux prières, VIII, 53, 1, peut être expliquée directement, en ce sens qu'elles « excitent» Indra, m, 34, 1 et 2, ou, selon l'expression des vers VIII, 40,. 10 et 11, qu'elles !'« aiguisent ». Elle suggère l'idée que les prières exercent sur Indra une action morale, analogue à l'action matérielle du Soma*
Mais ces explications, bien qu'elles renferment sans doute QQe part de vérité, paraissent insuffisantes pour rendre compte d'une conception aussi essentielle, aussi profondé* ment enracinée dans l'esprit des ylryas védiques, que celle de la toute-puissance delà prière en général, et particulièrement de son action sur le dieu guerrier. Il faut avant tout la regarder, ainsi que nous l'avons fait à l'avance^, comme une des formes de l'idée védique de la toute-puissance du sacrifice. Mais il est permis aussi d'en rapprocher la croyance,