‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 157 sur 417 · Cf. I, p. 283 et · texte numérisé non relu

Cf. I, p. 283 et

t. Vlw haut, p. ^5.

générale chez les peuples primitifs, à une vertu magique de la parole, des formules consacrées. C'est bien à cette croyance que l'auteur de l'hymne VI, 34 fait allusion quand il dit au vers III : « Les prières, les chants ne sauraient nuire à Indra; ceux-là seuls qui Taccroissent arrivent jusqu'à lui. » Les chants des itishis sont en effet quelquefois des incantations redoutables. Indra n'a rien à craindre de ces incantations qui tuent le démon, ou, plus généralement, Tennemi. Sa puissance le soustrait à l'action des formules quand cette action doit être pernicieuse ; mais elle n'est pas telle qu'elle ne puisse s'augmenter encore par l'influence des formules qui conspirent avec elle.

On sait d'avance l'usage que le dieu guerrier doit faire des forces nouvelles dont la source est pour lui dans les prières qui lui sont adressées, comme dans le breuvage qui lui est offert. Les hymnes l'excitent à vaincre, IX, 111,3. Les chants le font triompher, VII, 31, 12. Ce ne sont pas seulement ses forces que le sacrificateur « aiguise » ; ce sont aussi ses armes qu'il met en mouvement par des paroles, X, 120, 5. C'est pour qu'il tue Ahi que les prêtres l'ont « accru » avec leurs hymnes, V, 31, 4, cf. VIII, 85, 5. Indra, « aiguisé d, « accru » parles hymnes, conquiert les eaux célestes, VIII, 40, 10, frappe le Dâsa qui se croyait immortel et délivre les eaux qu'Ahi retenait prisonnières, II, 11, 2, cf. 17, 3. Les exploits ordinaires d'Indra, l'ouverture de l'étable des vaches, la victoire sur le Dâsa et la délivrance du soleil et de la vache, sont encore aux vers VI, 17, 1 et V, 33, 4, quoique en termes moins précis, rapportés à l'action des hymnes chantés en l'honneur du dieu.

Tout ce que nous avons dit des prières des hommes s'ap* plique naturellement aux prières des dieux. Indra avait été célébré par les dieux quand il a tué Ahi, V, 29, 8, cf. VI, 18, 14. Tous les dieux l'avaient « accru, fortifié » pour ce combat « avec une éloquence accompagnée de Soma », X, 113, 8. Au premier rang des prêtres célestes qui accroissent la force d'Indra par leurs chants, il faut placer les Maruts, III, 32, 3, cf. I, 52, 15 ; V, 31, 10 et passim, auxquels nous consacrerons une étude particulière. Les hymnes qui aident Indra à délivrer les eaux se confondent naturellement dans le ciel avec la voix des eaux elles-mêmes, IV, 22, 7, ou, dans le langage mythologique, avec la voix

des vaches et des montagnes, VIII, 85, 5, c'est-à-dire avec le bruit du tonnerre.

Les formules qui célèbrent les victoires remportées, et plus généralement les œuvres accomplies par Indra « au moyen des hymnes », II, 11, 15; III, 34, 1 ; VI, 39, 2, cf. VIII, l, 8, « de la parole », X, 23, 5, ou, ce qui revient sans doute au même, a au moyen de la vache* », V, 30, 7, peuvent donc s'entendre des hymnes célestes aussi bien que des hymnes terrestres. Enfin la prière, considérée comme l'instrument des victoires d'Indra^ n'a pas été seulement transportée de la terre au ciel : elle a été mise quelquefois dans la bouche dlodra lui-même. Indra chante des hymnes, X, 44, 8; 112, 9, cf.I, 62, 1; 80,M6; IV, 16, 3; X, 105, 6, et en chantant il ouvre* « les portes », VI, 35, 5, sans doute les portes de rétable des vaches. C'est poiir cela qu'on l'appelle le plus vipra, c*est-à*dire, d'après le sens étymologique, le plus inspiré des poètes, X, 112, 9. C-est sans doute aussi pour la même raison qu'il reçoit, en divers passages, plusieurs des noms qui désignent les prêtres, et particulièrement, outre le même nom de vipra, I, 51 , 1 ; VIII, 2, 36 ; 6, 28 ; 87, 1 , celui de brahman, VI, 45, 7; VIII, 16, 7, et le titre par excellence des auteurs des hymnes, celui de rt^At, V, 29, 1 ; VIII, 0, 41; 16, 7. Il faut considérer comme relativement tardives des formules telles que celle des vers X, 159,4 et 174, 4, cf. ibid. 1 , et X» 173, 3, t)ù il est question de l'offrande qu'Indra a sacrifiée pour acquérir sa haute dignité, et surtout celle du vers X 9 167, 1, portant qu'il a conquis le ciel en pratiquant l'ascétisme ^. Mais le mythe des sacrificateurs célestes prenant part aux combats d'Indra et venant à son recours avec leurs hymnes, ce mythe, dont nous reparlerons dans l'étude particulière que nous devons faire des rapports dlndra arec les Angiras et, plus tard, dans le chapitre de la troisième partie qui sera consacré aux Maruts, parait remonter à une haute antiquité,. et nous n'avons aucune raison de croire qu'Indra ait beaucoup tardé à faire chorus avec *?es compagnons, I, 100, 4; 173, 2, etc.

On sait que la prière est souvent représentée comme une vache. Cette figure a naturellement été appliquée à la prière

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