Voir plus bas, troisième partie
9. Ils ont fait aussi un char «de leur pensée », manasas pari, IV, 36,2. La même chose est dite du kumâra du vers X, 135, 3, et le char de celui-ci a part de chez les prêtres », iàid, 4.
Le vers IV, 33, 10 paraît plus explicite : « Les i?ibhus, avec leur sagesse, ont fait de leurs hymnes deux Haris pour Indra. » Si l'on garde quelque doute sur la construction à adopter pour l'interprétation de ce dernier passage, on n'en peut conserver, selon moi, sur celle du vers II, 18, 7 : « Accours à mes prières, ô Indra ; prends-les toutes ^pour tes deux Haris (et attache-les) au joug de ton char. » L'hymne II, 18, serait d'ailleurs à citer en entier. Il débute par le vers déjà relevé ^ où le sacrifice est représenté comme un char attelé dès le matin. C'est au vers III que se rencontre la formule également citée où le poète souhaite d'atteler les deux Haris au char d'Indra avec son hymne nouveau. Nous y trouvons aussi les traces d'une préoccupation ordinaire chez les sacrificateurs : « Que d'autres prêtres, que d'autres sacrifiants ne te retiennent pas ! » C'est cette préoccupation qui explique les vers suivants où Indra est invité à se rendre au sacrifice, traîné par 2, par 4, par 6, par 8, par 10, par 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90, 100 chevaux. Cette gradation est une surenefiêre. C'est le poète qui augmente successivement le nombre des chevaux du dieu, parce que ces chevaux, que tout à l'heure il se flattait seulement d'atteler avec son hymne, sont maintenant identifiés aux prières ellesmêmes. On connaît déjà la conclusion : « Prends toutes mes prières pour tes deux Haris, et attache-les au joug de ton char. » Et Tauteur ajoute encore, pour ne nous laisser aucun doute sur sa pensée : « Car tu es ^ appelé en beaucoup de lieux; mais que notre libation, 6 héros ! soit celle que tu goûtes ! » Peut-être faut-il encore interpréter de même d'autres passages qui invitent aussi Indra à venir, traîné par des dizaines, des centaines, des milliers de chevaux, IV. 29, 4 ; VI, 47, 18; VIII, 1, 9. Citons encore le vers III, 45, 2, d'après lequel Indra monte sur son char « à l'appel de ses deux Haris' ». On comprend maintenant ce que nous avions
1. Je rapporte vîçvd^ comme pluriel neutre, axa prières, brahma. Un duel de viçva «erait bien étrange. Mais le meilleur argument en fiiveur de mon interprétation est, ce me semble, le jour qu'elle jette sur Thymne entier. Voir la suite.
i. Plu<4haut, p. 259.
3, Littéralement « tu dois » et, par conséquent, « tu peux être appelé i«
t. La variante de S. V. II, 3, 4, 14, 2, comparé à R. V., Vlli, 86, 12, confirme Tassimilation des expressions abhisvare (oxyton) et abhisvarâ (paroxyton'. Dans Ténigme du vers X, 117, 8, le mot abhisvare a encore' le même sens. « Celai qui a quatre pieds va à l'appel de celui qui n*a que deux pieds», c'est-à-dire « la béte obéit à Thomme ».
annoDcé en traitant de ridentification des chevaux d*Indra aux Somas, à savoir que Tattelage liturgique du dieu, quand il n*est pas autrement désigné, peut représenter la prière aussi bien que le breuvage sacré.
Le nom qui désigne le plus souvent les prières, en tant qu'elles sont considérées comme les attelages du dieu» est le mot niyul^ et remploi métaphorique de ce mot est si fréquent que les lexicographes lui donnent deux sens, celui d* <c attelage » et celui de a prière ». En réalité^ il n'a que le premier sens, et n*est appliqué aux prières qu*en vertu de la figare même que nous étudions ^ Cette observation faite, il suffit de renvoyer aux lexiques pour l'énumération des passages où les prières sont ainsi nommées ^. Nous nous contenterons de citer les plus curieux. Au vers VI, 47, 14, le terme métaphorique niyut est joint aux termes propres gir et braliman^ pour désigner les prières qui courent ^ vers Indra comme des flots qui suivent leur pente. Ailleurs, III, 35, 1, c'est Indra qui est prié de venir « vers les attelages ». On souhaite que les attelages des hommes le fassent rouler lui-même comme une roue, IV, 31 , 4. Enfin, la figure qui assimile les prières à des attelages est si familière aux /lishis, que, par un procédé de style auquel j'ai donné le nom de « comparaison retournée * », on demande à Indra d' « atteler ^ ses attelages comme des prières », VI, 35, 3,
Il faut expliquer dans le même ordre d'idées les épitbètes uklha-vâhas, VIII, 85, 11 ; X. 104, 2, gir-vàhas, I, 30, 5; 61, 4; 139, 6; VI, 21, 2; 24, 6; VIII, 2, 30; 85. 10. brahmvàhas, I, 101, 9; III, 41, 3; V, 34, 1; 39, 5; VI, 21, 6; 43, 4; 7 et 19, sloma-vàhas^ VI, 23, 4, données à Indra®. Le second terme de ces composés, vâhas, ne signifie ni ciof-
1 C'est ce que reconnaU M. Grassmann. Il faut seulement ajouter que lei prières ue sont pas seulement des attelages qui Tont trouver le dieu, mais qu^elles le conduisent au sacrifice ou au combat. Voir ci-dessous.
2. Il va sans dire que le même mot peut désigner les Somas, qui jouent, comme les prières, le rôle de chevaux d'Indra. Même observation sur \t moi prayuj\ désignant au vers X, U6, i±, les « attelages des hommes» qai doivent traîner Indra.
3. Les mêmes attelages « poursuivent n les Açvins, VII, 72, i. Ost ainsi que les ce chants », qualifiés de Haris, poursuivent Agni, VII, 5,5.