‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 165 sur 417 · Mémoires de la Sociélé de linguistique, IV, p. 98 et · texte numérisé non relu

Mémoires de la Sociélé de linguistique, IV, p. 98 et

5. Sur remploi de la racine yu, av«c ou sans ni, pour éveiller Tidée qui est exprimée par le mot niyut, cf. VIII, 5, 13 et 49, 33 (voir I, p. VI, en note).

6. Et à Agni, l, 127, 8, à Indra et Agni, VI, 59, 10. Cf. encore Tépilbète yafna-vâhas, donnée à Indra, VIII, 12, 20, à Indra et Vàyu, IV, 47, 4, aux Açvins, I, 15, 11, aux Maruts, I, 86, 2.

frande », comme l'entendent MM. Roth etGrassmann, ni directement « hymne de louange » , comme le veut le Nirukta, mais bien «attelage * ». Les composés . signifient donc « qui a pour attelage rhjmne, léchant, la prière». Cette interprétation me parait mise hors de doute par les rapprochements suivants. D*une part, on trouve à côté des composés déjà cités le composé sindhu-vâhas, appliqué aux Âçvins, Y, 75, 2, et dont le premier terme signifie « rivières ». De l'autre, nous voyons le superlatif vâhistha <c qui traîne » ou ce qui charrie le mieux » appliqué tour à tour au char des /libhus,

VII, 37, 1, ou des Açvins, VIII, 26, 4, à l'hymne considéré comme un char ou un attelage qui doit charrier ou traîner soit Indra, VI, 45, 30, soit Agni, V, 25, 7, soit les Açvins,

VIII, 5, 18 ; 26, 16, enfin à la c< rivière » qui porte les Açvins, i6td. 18. J*en conclus que, dans le composé 9m(a{Au-t7dAeM, la rivière qui porte ces mêmes dieux est appelée leur attelage et que, dans les autres composés de vàlias^, la même figure est appliquée aux prières, ou, plus généralement, aux éléments du culte. Ces composés sont aussi des épithètes des prêtres, I, 5, 1; IV, 32, 12; VIII, 12, 13; 88, 1, qui font de leurs prières un attelage pour Indra, et au vers VIII, 4, 2, on dit en même temps de ces prêtres qu*ils « amènent» Indra <f avec leurs prières ». Les auteurs des vers I, 139, 6 ; VI, 59, 10, insistent également sur le sens des composés giri^has^ uklka-vàhas appliqués à Indra, à Indra et Agni, en ex*

I primant le vœu que ces dieux descendent « par l'effet des ^prières ». Au versl, 101, 9, Tépithète brahma-vàlms est rapl|grochée de niyutvant a qui a un attelage » et semble la préciser. Ailleurs, ce sont les prêtres eux-mêmes qui sont comparés à des chevaux, VI, 24, 6, en même temps qulndra reçoit répithète gir-và/ias <c qui a pour attelageles prières », ou bien lafigure du char et cellederattelage sont combinées dans cette formule, I, 61, 4 : « Je t'envoie cet éloge comme un charron enverrait un char, — et des chants, à toi qui as pour attelage les

t. Je préfère maintenant ce sens à celui de « char » auquel je m'étais précédemment arrêté {Mémoires de fa Société de HngiiUtique^ IV, 104, et note 6) surtout à cause du vers IV, 44, 1, où Tépithëte girvâJias est donnée au char des AçTÎBs, et à cause des composés vipra-vâhas et nri-vdfias, dont Tun, possessif, est appliqué aux Açvins, V, 74, 7, c «{ui ont pour attelages les prêtres « (cf. I, 147), et Tautre, simple composé de dépendance, est appliqué iittx cheTaux d*Indra eux-mêmes, I, 6, 2, « qui sont Tattelage du héros ».

S. Y compris ffojna-vdhasf III, 8, 3; 24, 1. Citons encore le composé mnktu'Vdhas dans le passage obscur V, 18, 2 : on en peut au moins rapprocher le Ters VII, 37, 1, où Tépithète amrikta est appliquée à un char.

chants. » Le mot vàhas est aussi employé en dehors des composés. Le vd/ms avec lequel le mortel pieux « atteint » les biens qu'il désire, III, 11,7^ est évidemment le vàhas de la loi, c'està-dire du sacrifice, VIII, 6, 2. U ne diffère pas'du vâhas que les Kuçikas ont fait pour Indra « avec leurs prières », III, 30, 20, c'est* à-dire des prières elles-mêmes. On dit en célébrant Indra « Puissions-nous faire un vàhas qui lui plaise! » III, 53» 3, comme on dit : « Puisse notre hymne être celui qui le traîne le mieux ! vâhistha^ » VI, 45, 30. Enfin, Tauteur du vers X, 29, 3 se demande comment sa prière pourra être un td/ui8 qui le fasse descendre. ^ Dans tous ces passages, le mot vdhas exprime la même idée qui est exprimée au vers VII, 24, 5 par l'infinitif vâhej de la même racine vaA ; a Cet hymne a été attaché au joug comme un cheval pour traîner le puissant Indra '. »

Il nous reste à citer la curieuse formule, déjà annoncée plus haut ^ , où la figure qui fait de la prière un char ou un attelage d'Indra est combinée avec celle qui en fait une épouse du dieu. L'hymne X, 32, à Indra, où elle se rencontre» renferme plusieurs énigmes, et le vers III, à lui seul, en contient deux dont la seconde seulement doit nous occuper ici. « Ceci », dit d'abord le poète, « me semble la merveille des mer* veilles, que le fils connaisse la naissance de ses parents ». Sa pensée est évidemment que pour « connaître la naissance » de ses parents, il faut que le fils y ait assisté, c'est-à-dire qu'il soit né avant eux. C'est là un de ces paradoxes qui nous sont familiers. U rappelle le mâle, Agni ou Soma, à la fois fils et père des deux mondes^. Nous ne le relevons qne comme une sorte d'introduction au paradoxe suivant : a La femme emmène son époux avec des chants ; c'est pour lo mari que le beau cortège nuptial est préparé. » Pour bien comprendre cette formule, il faut songer que le verbe valiaii et le substantif vahaiuh désignent l'acte du mari emmenant sa nouvelle épouse. Ici, c'est, au contraire, la nouvelle épouse qui emmène son mari. La traduction latine exacte serait: Uxor ducii marilum. Et quel est ce mariage à rebours?

1. Il se pourrait bien qne le mot oha eût la même étymologie et le même sens que vd/tas. On envoie les prières comme oha à Indra, I, 61, i,et Tépithète oha-brahman, appliquée aux prêtres, X, 71, 8, rappelle i*épithète brahmavàhas : ce serait grâce à cet attelage ou à ce char de la prière que les prêtres ainsi qualifiés devanceraient tous les autres.

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