Ibid
6. Cf. le dériré pâvlrava. Il ne faudrait pas sans doute abuser de la signification des noms, ni des applications qui ont pu en être faites à un être divin. Cyàyâçva, dont le nom signifiant a qui a un cheval noir » s*expUqoe fort bien dans un ordre dHdées dont traitera le chapitre consacré aux Açrins, est un prêtre actuel de ces dieux, Vm, 35, 19 ; 38, 8, aussi bien que dlDdrs, VUL 36, 7 ; 37, 1, des MaruU, Y, 51, 1 ; 61, 5 et de SaWtri, V, 81, 5. Vcnya, protégé d'Indra, X, 148, 5, dont un descendant désigné par le patroojnûqoe oomya, figure au vers 10 de Thymne VIII, 9 aux Açvins, porte un nom qui est donné comme épithëte à Soma, VI, 44, 8, et à Brihaspati, II, ^« 10, et n*en est pas moins un « mortel », X, 171, 3. Mais pour les persoQBSges qui nous occupent, ce ne sont pas les noms seuls, c'est le rapprochement de ces noms dans les mêmes formules qui suggère Tinterprétation mythique.
Soma, sous leur forme d'éclair ou de soleil, tour à tour « noirs d, c'est-à-dire cachés, et « brillants », manifestés dans Tespace visible. Ils sont devenus, dans la légende, des protégés d'Indra, VIII, 3, 12. Mais la formule du vers VIII, 4, 2, cf. Vâl. 3, 9, où Indra est prié de quitter, pour le sacrifice qui lui est offert, Ruçama et Çyâvaka chez lesquels il s*enivre, aurait pu garder le mâme sens que celles qui Tinvitent à venir du ciel ou de Tatmosphère, et à fausser compagnie aux préparateurs célestes du Soma, tels que Çaryànavat, i4rjika, Svarnara \ et d'autres que nous retrouverons plus loin. Svarnara est précisément rapproché de Ruçama et de Çyàvaka au vers YIII, 3, 12, dans une énumération des protégés d'Indra.
Les ennemis qu'Indra combat au profit de ses protégés peuvent être purement mythiques, même lorsque ceux-ci sont des personnages réels. Il n'y a rien à dire du Varaçikha^ nommé dans l'hyme YI, 27, dont la race est détruite par Indra (vers 4 et 5) dans l'intérêt d'un Câyamâna (vers 5), que l'auteur célèbre comme son patron (vers 8). Mais on peut remarquer, par exemple, que le nom de Mrigaya donné à l'ennemi qu'Indra soumet à Çrutarvan, X, 49^ 5, probablement au même Çrutarvan iirksha que l'auteur de l'hymne VIII, 63 (vers 4 et 13) parait célébrer comme son patron, n'est ailleurs employé que comme une épithète des démons Pipru, IV, 16, 13, et Arbuda, VIII, 3, 19. Raji, tué par Indra pour un Pi^hînas qui doit être plutôt un Aishi (à en juger par le patronymique paithtnasi qui figure dans la littérature postérieure comme nom d'un ancien maître), est rapproché dans le Aig-Veda du démon Cumuri', VI, 26, 6, et dans TAtharva-Veda des démons Rauhina et Vritra, XX, 128, 13. Nous avons déjà reconnu un démon dans Padgribhi ^ qu'Indra soumet à Savya, X, 49, 5.
Quelquefois, à défaut du nom de l'ennemi, c'est la nature de l'exploit accompli par Indra qui trahit le mythe. Ce n'est certainement pas sur la terre que le dieu a fendu une vaste montagne pour en faire sortir des vaches, VIII, 45, 30 : il est d'ailleurs vraisemblable que le Triçoka pour qui il a fait ce prodige ^ , et dont le nom signifie « qui a un triple
i. Voir plus haut, p. 249 et I, p. 176 et 206-207.