‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 180 sur 417 · Voir la troisième partie, p · texte numérisé non relu

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Bergaigne, la Relujion védique^ II. 20

les hommes, V « enveloppe » des trésors célestes, disons mieux, l'enveloppe qui retenait le poète lui-même : car ce poète qui ne chante pas seulement, mais qui « est chanté* », X, 99, 9, et qu'Indra « emmène » avec lui, ne peut être qu'un poète céleste, Agni ou Soma sortant du monde invisible.

Tel personnage qui figure dans certaines formules comme le protégé d'Indra est quelquefois soumis, livré par lui à d'autres. On pourrait croire que cette diversité de traitements de la part du dieu est incompatible avec le caractère d'une légende mythique et ne peut s'expliquer que par les alternatives de succès et de revers d'un personnage réel. Il n'en est rien pourtant. Agni et Soma, alliés d'Indra dans ses combats, sont aussi le prix de ses victoires. Au vers VI, 26, 4, Indra frappe Tugra « pour Vetasu », et au vers X,49, 4, il livre les Vetasus àKutsa? C'est que, dans le premier cas, Vetasu est Agni ou Soma sous la figure d'un prêtre, et que dans le second, les Vetasus sont les feux ou les Somas conquis. On verra que Kutsa lui-même, dont le caractère mythique ne peut faire l'objet d'un dout(3, est traité de la même manière que Vetasu et les Vetasus ^. Ce dernier nom figure d'ailleurs dans une troisième formule qui paraît décisive, VI, 20, 8 : il y est compris dans une énumération de personnages qu'Indra fait sortir « comme de leur mère », et qui ne peuvent êtrc^ ce semble, que des représentants d'Agni ou de Soma naissant du sein de la mère céleste ^. Un autre de ces personnages, Daçoni *, est aussi donné ailleurs comme un poète, VI, 20, 4, qui a offert le Soma à Indra, X, 96, 12 (cf. dctçonya, Yêl. 4, 2), et pour qui celui-ci a mis en déroute les démons nommés Paniss, VI, 20,4.

Les personnages cités jusqu'ici étaient ceux sur lesquels les hymnes nous offrent le moins de données. Il est temps d'aborder des légendes plus riches en détails significatifs \

1. Cf. L'aveugle, le boiteux et Tezilé qui sont, grâce à Indra, célébrés dans des hymnes de louange, II, 13, là ; IV, 30, 16. Ces mythes sont réservés pour la comparaison d'Indra et des Açvins. Voir plus bas, dans la troisième partie, le chapitre consacré aux Acvins, p. 495.

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