Rlley est nommée au vers
** Il va sans dire qu'en dehors da ces hymnes on trouverait bien d'autres formules à citer à Tappui de notre interprétation. Contentons-nous du vers X, llî, 8, d'après lequel la prière a facilement « trouvé la vache s dans la montagne ouverte par Indra.
rexplication. L'hymne III, 31, renferme dans son premier vers une mention de la prière sous la dénomination de « fille de la fille » *, et chacun des cinq vers qui suivent le sixième, consacré à Saramâ <c s'avançant en tête des paroles », rapporte à l'efficacité des prières ou des chants les victoires remportées par Indra, désigné lui-même, à ce qu'il semble, par le nom d'Angiras. Dans l'hymne IV, 16, on lit au vers 3 que les. sept prêtres nés du ciel ont accompli les rites en chantant, au vers 4 que la lumière a été trouvée au moyea des hymnes, au vers 6 que les Uçij ont fendu Tétable des vaches avec des paroles, et dans le vers même consacré à Saramâ (8), en même temps que la manifestation de Saramâ en avant d'Indra, quand il fend la montagne, on trouve mentionné le chant des Angiras. Dans l'hymne 1, 62, c'est encore aux hymnes de louange (vers 4 et 7), et particulièrement à celui des Angiras (vers 2, cf. 5), dont l'hymne actuel n'est qu'une reproduction, un rajeunissement (vers 1 et 2, cf. III, 31, 19), que sont dues les victoires d'Indra, fendant la caverne (vers 4), séparant la terre et le ciel (vers?), et la découverte des vaches par les Angiras eux-mêmes (vers 2). Au vers 3, qui associe à Saramâ, aux Angiras et à Indra, Brihaspati, « le maître de la prière »^ le mugissement des hommes (des Angiras) mêlé à celui des vaches, cf. IV, 3, 11, rappelle l'opposition des paroles que conduit Saramâ au bruit dans la direction duquel elle marche, III, 31, 6. La même formule se retrouve au vers 8 (cf. 7), également consacré à Saramâ, de l'hymne Y, 45, et nous lisons encore aux vers 1 et 3 de cet hymne que la montagne a été fendue par les hymnes. La prière, reproduite par les prêtres actuels, avec laquelle Manu et d'autres ont vaincu leurs ennemis (vers 6), cette prière qui s'est fait entendre dans les eaux, et avec laquelle les Navagvas ont triomphé (vers 11, cf. 7), y est appelée (vers 6, cf. 1), « la mère qui a ouvert rétable de la vache ». C'est elle aussi sans doute qu'avait reconnue la mère des vaches quand elle est sortie de i'étable (vers 2); c'est elle enfin qu'avaient entendue les eaux quand elles se sont approchées (vers 10), c'est-à-dire quand elles ont coulé. Ou si ce n'est elle, c'est Saramâ, qu'on voit aussi aux vers 7 et 8 trouver les vaches a par le chemin de la loi ». Mais il paraît définitivement prouvé par ces
i. Voir pins liaut, p. 111.
rapprochements que Saramâ n*est elle-même qu'âne représentation mythique de la prière ^
Une nouvelle confirmation de riuterprétation proposée pour Saramâ nous est fournie par la ressemblance de ce personnage avec celui de Sarasvatî qui représente incontestablement la prière '. Nous verrons tout à Theure que les principaux ennemis des Angiras et de Saramâ sont les Panis. Or, Sarasvati triomphe pareillement du Pani, VI, 61, 1; comme Saramâ trouve la nourriture, Sarasvati trouve les rivières pour la race humaine, ibid.^3 ; enfin, comme Saramâ est la compagne des Ângiras, Sarasvatî est la compagne des EDcétres désignés par le nom générique de Pitris et monte avec eux sur un même char, X, 17, 8, cf. 7 et 9. Il y a d'ailleurs un rapport étymologique entre les deux noms, le mot mras^ d*où est dérivé celui de Sarasvatî, ayant la même racine que celui de Saramâ.
Cette racine, dont le sens « aller, couler » ne semble pas par lui-même bien caractéristique, a donné encore un mot saranyu ^ qui parait avoir été employé dans le même ordre d'idées mythiques. Au masculin, il est appliqué, ainsi que le verbe dénominatif «arany, à Âgni, III, 1, 19, cf. X, 61^ 23 et 24, ou â Indra assimilé à Âgni, III, 31, 18, et aux anciens sacrificateurs, I, 62, 4, cf. III, 32, 5; IV, 21, 6. Au féminin, il désigne une femelle mythique que nous ne pouvons nous dispenser de comparer à Saramâ. Saranyû est mère de deux jumeaux, tantôt des Âçvins, X, 17, 2, tantôt de Yama, ibid.^ 1, d'où Ton peut conclure qu'elle est aussi mère delà sœur jumelle de Yama, Yamt. Or, Saramâ est pareillement mère de deux jumeaux, désignés par le métronymique iàrameya, représentés comme des chiens, X, 14, 10, ce qui a fait plus tard considérer Saramâ elle-même comme une chienne, et comme des messagers de Yama, ibid.^ 12. Or, les deux ministres jumeaux d'un personnage dont le nom signifie jumeau ' se confondraient sans doute, si Ton pouvait
1. Comparez encore U vers 5 de Thymne I, 104 à Indra. Je crois que le mot nifkd, féminia, dont il n*y a pas d'autre exemple, a le même sens que hiiha, neutre, et qu'il désigne Thymne sacré. Nous obtenons ainsi une formule tout à fait analogue à celles où figure Saramâ : « L'hymne, dès qu'il a paru, reconnaissant la demeure du Dasyu, a'est avancé dans cette direction. »
«. Cf. I, p. 328.
3. Cf. aussi Tépithète sasarpari (de la racine mp)^ de la femelle mugissante donnée par Jamadagni, III , 53 , 13 et 16, qui ne peut être que la prière de cet ancien prêtre.