‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 187 sur 417 · Voir I, p · texte numérisé non relu

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remonter à Forigine da mythe, avec ce personnage loiméme, ou plutôt avec le couple dont il faisait partie.

Nous n'entendons pas pourtant identifier Saramâ à Saranyù, mais plutôt les opposer l'une à l'autre. Les deux jumeaux, représentant peut-être à l'origine les deux formes, céleste et terrestre, ou mieux encore la forme cachée et la forme visible du feu, pouvaient avoir deux mères comme le feu représenté par un personnage unique ^ En fait, nous voyons aux vers X, 17, 1-2, que Saranyû, mère de Yama etépouse de Vivasvat*, a une « pareille n, ou, si j'ose le dire, une « doublure » que les dieux ont créée et donnée à Yivasvat, en même temps qu'ils la cachaient elle-même aux mortels. Nous y voyons encore qu'elle a abandonné ses enfants jumeaux. En un mot Saranyû est une forme de cette mère cachée que différents textes opposent à la mère toujours présente, représentant l'offrande ou la prière. J'ajouterai qu'elle est en même temps une forme de la fille, identique en somme à la mère cachée, qui contracte une union incestueuse avec son père : car la formule Ivetshiâ duhiire vahatum krinoti, signifie très vraisemblablement, non pas « Tvash^ri marie sa fille », mais « Tvash/ri épouse sa fille ^ ». Tvash<ri, le feu caché, se substitue à Vivasvat, le feu manifesté, comme époux de la femelle céleste, c'est-à-dire qu'il la retient dans le monde invisible. Saramâ, représentant la prière, serait donc tout au plus, si Ton voulait insister sur ses rapports avec Saranyû, cette « pareille » qui la remplace comme épouse de Vivasvat.

En tout cas, comme mère de deux jumeaux, elle rappelle encore la femelle yafnasû « enfantant des jumeaux » qui « se place sur l'extrémité mobile de la langue, III, 39, 3. c'est-à-dire toujours la prière *, la prière ancienne des pères, originaire du ciel, et qu'on continue à réciter dans l'assemblée du sacrifice, eWd.,2. Ce dernier rapprochement est d'autant plus frappant que les vers suivants du même hymne célèbrent les exploits accomplis par Indra en compagnie des Pitns, et particulièrement avec l'aide des Navagvas et des

i. Voir plus haut, p. 71 etsuiv.

a. Voir p. 98.

3. Cette formule devrait donc âtre ajoutée à celles qui ont été citées p. 109 et sttiy.

4. Cf. le vers 1 de Thymne X, 125, où la parole sacrée se déclare la mhre de différents couples de dieux.

Dâçagyas dont nous avons constaté Tétroite relation avec les Angiras, et même avec Saramâ.

Les ennemis particuliers des Angiras et de Saramâ sont les Panis. Le mot pani signifie proprement « avare » et désigne rhomme qui ne fait pas de dons aux prêtres, VI, 53,3; 5-7, cf. VI, 45, 31 et 33, ou qui n'offre pas de sacrifices aux dieux, IV, 25, 7; V, 34, 7; VII. 6, 3 ; VIII, 86, 2. Mais on sait que les démons qui détiennent les trésors célestes sont aussi considérés comme des avares K On ne s'étonnera donc pas qne le mot pan» désigne également Tennemi mythique ^. Les Panis sont les gardiens avares des vaches célestes, ou, ce qui revient au même, du beurre, qu'ils cachent, mais qui est trouvé par les dieux, IV, 58, 4. Ce mythe est si bien fixé quo Fauteur du vers I, 32, 11, compare les eaux retenues par Ahi-Vritra aux vaches retenues par le Pani. Bien entendu, cos vaches représentent elles-mêmes les eaux ou les aurores. Elles sont dérobées au Pam par Soma, IX, 22, 7, cf. 111, 2, par Soma accompagné d'Agni, I, 93, 4, qui ouvre les portes des Panis, VII, 9, 2, et surtout par Indra, X, 67, 6. Pour cet exploit, comme pour tous les autres, Indra emprunte le secours du sacrifice. Aussi dit-on, d'une part, que Soma a triomphé du Pani avec Indra pour compagnon, VI, 44, 22, de l'autre qu'Indra a vaincu les Panis avec les paroles (sacrées), VI, 39, 2. Enfin dans l'hymne X, 108, c'est Saramâ qui vient réclamer aux Panis pour Indra et pour les Angiras (vers 8 et 10) Les vaches composant, avec des chevaux et d'autres richesses (vers 7), le « trésor » (vers 2 et 7) qu'ils gardent dans la montagne céleste (vers 7). On voit encore par le vers I, 83, 4, que les Angiras ont trouvé les vaches et tes chevaux du Pani, et rien n'empêche d'identifier au même groupe de chantres mythiques la troupe, mentionnée dans un hymne à Brahmanas pati « le maître de la prière » , qui est pareillement entrée en possession du trésor caché des Panis, II, 24, 6.

Un autre nom de démon qui figure souvent dans la légende des Angiras est Vala. Ce nom, à la vérité, est équivoque. Il désigne un « gardien » des vaches, rapproché du Pani au vers

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