‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 206 sur 417 · Le Paitcavimça-Br&hmana fait de lui un roi, XXV · texte numérisé non relu

Le Paitcavimça-Br&hmana fait de lui un roi, XXV

comme le personnage dont il est question dans une formule déjà expliquée « la peau du dormeur ». On a vu* que ce donneur n-est autre qu*Agni ou Soma^. En tout cas, il est impossible de conserver des doutes sur la vraie nature de l'ennemi qu'Indra combat en compagnie de Namî, I, 53, 7, et pour lui, VI, 20, 6 ^, c'est-à-dire de Namuci.

Namuci est rapproché au vers VII, 19, 5 du Vritra sur lequel Indra conquiert quatre-vingt-dix-neuf et même cent forteresses, et il est compris au vers II, 14, 5 dans une énumération d'eimemis du même dieu, Açna, Çushna, Vyafnsa, Pipru et Rudhikrâ, dont nous avons déjà reconnu ou dont nous reconnaîtrons plus loin le caractère mythique. Il est lui-même un démon, et c'est certainement en ce sens que nous devons interpréter le nom de ddsa qui lui est plusieurs fois donné, V, 30, 7 et 8; VI, 20, 6; X, 73, 7. Il reçoit aussi d'ailleurs celui d'âsura, X, 131, 4, dérivé d'asura, qui le rattache à cette classe d'êtres équivoques appelés Âsuras dans laquelle se confondent» comme nous le verrons *, les démons et ceux des dieux védiques dont le caractère est tour à tour bienveillant et malveillant.

Namuci est, comme les autres démons, frappé, II, 14, 5; VII, 19, 5, abattu, I, 53, 7, par Indra. Mais le trait caractéristique du mjthe qui s'est fixé sous son nom est que ce dieu lui (k baratte » la tête, V, 30, 8 et VI, 20, 6. Je traduis dans le sens étymologique le participe mathâyariy et je crois avoir d'assez bonnes raisons pour le faire. Il est question aussi dans plusieurs passages de la tête de Vritra, et dans tous, I, 52, 10; VIII, 6, 6; 65, 2, il est dit qu'Indra la fend. Mais quand il s'agit de la tête de Namuci, nous trouvons, au lieu de la racine bhid a fendre », ou bien cette racine manlh dont le sens étymologique est « baratter », ou bien le causal delà racine vrit, avec, VIII, 14, 13, ou sans, V, 30, 7, le préfixe ud; or, cette seconde racine exprime pareillement un mouvement giratoire. Je ne saurais voir là une coïncidence purement fortuite. D'ailleurs, il me semble impossible de trouver au

2. L'étrange patronymique sâpya (de sapa « pénis ») qui accompagne le nom de Nam! aux vers VI, SO, 6 ; X, 48, 9, n*aurait-il pas le même sens que tânva et tanû-napàt (voir plus haut, p. 100)? Nàmî serait né directement de son père.

3. C'est sans doute encore Namî qui est désigné par le nom de risUi au vers X, 73, 7.

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