‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 207 sur 417 · Vol. III, p. 67 et suivantes · texte numérisé non relu

Vol. III, p. 67 et suivantes

vers VIII, 14, 13 un autre sens raisonnable que celui-ci : a Ta as, ô Indra, par un mouvement giratoire {avartayas), fait déborder (tid) récuma des eaux de la tête de Namuci ^ » Je crois donc que Topëration qu*Indra fait subir à la tète de Namuci a été réellement conçue comme un barattage, qui en fait sortir le beurre céleste sous la forme de Técume des eaux. La préparation du Soma a d'ailleurs été assimilée aussi à un barattage, et il est dit de l'aigle porteur du breuvage divin qu'il Ta baratté (tiré par le barattage) du ciel *. Or précisément, au yers VI, 20, 6, Topération d'Indra est comparée à celle de Taigle a barattant la plante enivrante ». Et il est d'autant plus naturel de croire qu'Indra fait sortir le Soma de la tête de Namuci, comme ailleurs il le conquiert sur Vritra, III, 36, 8, que nous voyons les Açvins boire le breuvage divin chez Namuci, X, 131, 4, comme Indra lui-même le boit chez Vritra, X, 50, 2. En somme, la tête dont il s'agit est le réservoir des eaux et du Soma céleste, et correspond dans le mythe de Namuci aux forteresses du mythe de Pipru, VI, 20, 6 et 7 ^, auquel nous passerons immédiatement.

§ X. — AlJlÇVAN, ENNEMI DE PlPRU.

Le nom de Aijiçvan est accompagné, aux vers IV, 16, 13 ; V, 29, II, du patronymique vaidathina « descendant de Vidathin», et au vers X, 99, 11, du patronymique auçija « descendant d'Ucij ». Nous ne nous arrêterons pas au premier, le personnage de Vidathin n'étant* pas mentionné ailleurs. Remarquons seulement que ce nom, dérivé de vidalha «assemblée, fête du sacrifice» convenait bien à un sacrificateur. Le second patronymique est plus intéressant. On a vu* que les Ucij sont une race mythique dont le chef n'est autre qu'Agni. Le nom à* auçija lui-même doit désigner

\ . Littéralement c Tu as fait que la tète de Namuci déborde de Pëcume des eanx b . Cf. remploi du causai de vrit avec ud et sam-ud dans le sens d« faire enfler, gonfler, en sanskrit classique. Llnterprétation des Hindous, aJoptée par M. Grassmann, « tu as coupe la tète à Namuci avec Pécume des eanx », est étrange. Celle de M. Ludwig manque de clarté.

S. Voir vol. m, p. 7, 8, et noies, une discussion complète des emplois de la racine tnanth dans le Aig-Veda.

3. Remarquons en passant qu'on peut interpréter de môme, et la tète, et les forteresses de Vritra.

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