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un être mythique, aux vers IV, 21, 6 et 7, dsAs la formide c( la cachette de l'Âuçija», Yraisemblablement équivalente i celle du vers suivant « la cachette du taureau d . Le taureau est sans doute Âgni ou Soma. Il ne serait donc pas impossible que /{ijiçvan lui-même représentât Tun des deux éléments mâles du sacrifice, jouant, comme il arrive si souvent dans la mythologie védique, le rôle d*un sacrificateur. Quoi qu'il en soit, flijiçvan passe pour un protégé d'Indra, Val., 1, 10, auquel il offre des sacrifices, V, 29, 11 ; X, 99. 11, et qui vient à son aide dans les combats. L'ennemi de Aijiçvan est, au vers I, 53, 8, un certain Vangrida (dont le nom ne se retrouve pas ailleurs), qui a cent forteresses, comme le démon. Mais c'est Pipru qui lui est ordinairement opposé, I, 51,5; X, 99, 11; c'est Pipru qu'Indra a vaincu avec iîijiçvan, I, 101, 1 et 2; X, 138, 3, et pour iïijiçvan, IV, 16, 13 ; V, 29, 11 ; VI, 20, 7 ; et s'il n'est pas (Jémontré que Aijiçvan soit purement et simplement un représentant du feu ou du Soma, il est du moins hors de doute que son ennemi est un personnage mythique, un être démoniaque.
Pipru figure dans les énumérations de démons frappés par Indra, tels que Vyawsa, Çambara, Çushna, Kuyava, Vritra, I, 101,2; 103, 8; VI, 18, 8, et dans celle du vers II, 14, 5, où nous avons rencontré Namuci dont il est aussi rapproché aux vers VI, 20, 6 et 7. Comme Namuci, il paraît avoir reçu le nom de désa, X, 138,3 cf. VIII, 32,2*, et pour lui également, ce nom ne peut être pris que dans le sens de démon. Pipru a les ruses, les maya d'Ahi, VI, 20, 7. En même temps que lui, Indra abat des milliers d'êtres noirs, IV, 16, 13, c*est-à-dire de démons des ténèbres. Au vers VIII, 32, 2, où il figure en compagnie de Sribinda, d'Anarçani, d'Ahîçuva, nous lisons qu'Indra, en frappant ces différents ennemis, a fait couler les eaux, et le vers X, 138, 3, qui nous montre le soleil dételant son char (c'est-à-dire s'an*êtant ou disparaissant) au milieu du ciel pendant le combat d'Indra contre Pipru, ne nous permet pas non plus de douter que ce combat soit livré dans l'atmosphère. Les forteresses de Pipru brisées par Indra, I, 51 , 5 ; VI, 20, 7, cf. X, 138,3, ne sont donc autre chose que les récipients des trésors célestes» et particulièrement de la pluie. C'est d'elles sans doute que le dieu fait
i . Cest sans doute lui aussi qui est désigné au yen l, 51, 5 par le nom équivalent de dasyu.
sortir, en compagnie de AijiQvan, « celles qui sont renfermées dans une matrice noire, » I, 101, 1^ c*estrà-dire les eaax du nuage. Elles sont remplacées au vers X, 99, 11, par une etable qui est aussi brisée par Tallié dlndra, et qui ne peat guère contenir d'autres vaches que les eaux du ciel.
Mais le trait selon nous le plus intéressant à relever dans le mythe de Pipru, c'est, avec la qualification d'Âsura qui lui est donnée au vers X, 138, 3, le sens étymologique de son nom même. Ce nom, régulièrement formé avec redoublement et suffixe u d'une racine par, pvi, ne peut signifier que a celui qai remplit, qui rassasie », ou a celui qui fait traverser, qui sauve » ^ Quel que soit celui de ces deux sens qu'on adopte, CD est obligé de reconnaître que le démon est ici nommé d'an nom qui semblerait ne pouvoir convenir qu'à un dieu. Or, nous avons dit déjà, à propos de la qualification à*âKura donnée à Namuci, que les Asuras sont dans les hymnes, tantôt des dieux d'un caractère équivoque, tantôt de purs démons. Nous verrons plus tard ^ que les deux aspects, bienveillant et malveillant, d'un même Asura, ont été distingués, au moins dans une certaine mesure, sous les noms divins de Savitn et de Tvashfri. On comprendrait que, de même, Pipru eût représenté d'abord l'aspect bienveillant d'un être, moitié divin, moitié démoniaque, dont l'aspect malveillant aurait été représenté par quelque autre personnage, peut-être par ce Namuci dont le nom, rapproché du sien aux vers II, 14, 5 et VI, 20, 6 et 7, parait bien signifier, comme le veulent les étymologistes hindous, « qui ne lâche pas, qui ne donne pas ». Seulement^ tandis que Savitri est resté une divinité exclusivement bienfaisante, et que Tvashfri lui-même n'est que passagèrement considéré comme un être démoniaque, Pipm n'aurait gardé de son caractère primitivement bienveillant que le nom dont on l'appelle encore, et serait devenu, ainsi que Namuci, un pur démon '.
1. Ce sont les deux sens de la racine, ou plutôt des deux racines homonymes, par, prî.
î. Vol. m, p. 38 et suiv.
y Cf. encore V c héritage » de Pipru qnlndra Liyre aux mains de Ayiçvao, VI, 20, 7, à r a héritage » que le « fils » n*abandonne pas « à sa sœur » (Toir plus haut, p. 11 ij. Il y a là peut-être un nouveau trait de reslemblance entre le mythe de Pipru et celui du Père.
§ XI. — Dabh/ti, ennemi de Dhuni et Gumuri.
Dabhiti est un autre protégé d'Indra S également conçu comme un ancien sacrificateur. Il a honoré Indra d'hymnes de louange et d'offrandes, avant tout de l'offrande du Soma, VI, 20, 13, cf. 26, 6, et Indra a récompensé sa foi, VI, 26,6; X, 113, 9.
Ce dieu a, pour Dabhiti, a endormi sous ses coups » trente mille Dâsas, IV, 30, 21> et « lié » les Dasyus sans se senir de « cordes », II, 13, 0. On voit que nous sommes dans le domaine du merveilleux ; les Dasyus et les Dâsas dont il s'agit doivent être des démons.
J'en dirai autant des deux personnages qui peuvent passer pour les ennemis particuliers de Dabhiti, à savoir Dhuni et Gumuri. Ils sont compris au vers VI, 18, 8 dans une énumération d'ennemis frappés par Indra avec Pipru, Çambara, Çushna, qui sont certainement des démons. Le nom du second est d'origine obscure. Celui du premier signifie a bruyant»^ et n'est peut-être pas sans relation avec la manière dont Indra triomphe, et de Dhuni, et de Cumuri. Il est dit en effet de ces deux personnages, II, 15, 9 ; VI, 20, 13 ; VII, 19, 4, comme des trente mille ennemis dont il a été question tout à l'heure, qu'Indra les a a endormis » pour Dabhiti. Même détail encore au vers VI, 26, 6 où Cumuri figure seul. Mais le trait le plus caractéristique peut-être de notre mythe est le nom de Dabhiti lui*méme.
Ce nom en effet vient d'une racine dtiAh dont le sens est « tromper, nuire par ruse d ^. Il parait donc signifier (c trompeur D, et conviendrait mieux, ce semble, à un démon qu'à un protégé d'Indra. En effet, il désigne au vers IV, 41, 4 un ennemi, contre lequel le poète invoque le couple formé d'Indra et de Varuna. Dabhiti serait-il donc un personnage de nature primitivement équivoque, dont le caractère se serait précisé, comme celui de Pipru S dans un sens contraire