‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 209 sur 417 · Voir p · texte numérisé non relu

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à rétymologie de son nom ? La chose est possible. Mais le nom de Dabhîti peut aussi s'expliquer, et parait en effet avoir été interprété par les Aishis d'une autre façon. Il est dit en effet au vers X, 113, 9, que pour Dabhîti, c'est-à-dire pour le trompeur, Indra lui-même « trompe » Dhuni et Cumuri. Le dieu trompe les démons, comme ailleurs il les enveloppe, comme il «lie» les Dasjus ce sans corde)» pour Dabhîti, c'est-à-dire en somme qu'il leur fait subir le traitement qu'ils ont eux-mêmes coutume d'infliger. L'assoupissement des démons est un détail qui s'accorde aussi avec l'idée générale d'un succès obtenu par la ruse, et qui doit profiter à un personnage dont le nom signifie « trompeur ».

D'après le vers II, 15, 4, Dabhîti avait été « enlevé ». Si, comme tout porte à le croire, les auteurs de l'enlèvement sont encore des démons, celui qu'ils ont enlevé doit être lui-même un personnage mythique, et la formule trouve en effet une explication toute naturelle dans l'identification de Dabhîti avec le feu céleste. Dabhîti ne différerait donc pas du « feu allumé », dans lequel Indra brûle les armes de ses ennemis. Mais il n'y a là rien qui puisse nous étonner. Dans les combats célestes, le prix de la victoire en est souvent aussi l'instrument. Il ne serait pas impossible qu'un souvenir de la nature ignée de Dabhîti nous eût été également conservé au vers VI, 20, 13, où nous voyons qu'il « brille » lorsque Indra a endormi Dhuni et Cumuri. C'est d'ailleurs l'un des passages où, ainsi que tant d'autres personnifications du feu, il est représenté comme un sacrificateur. -

§ XII. - PL^Ru.

Le nom de Pûru désigne le sacrificateur et le protégé dlndra dans plusieurs formules tout à fait analogues à celles où figurent, dans les mêmes conditions, des personnages dont nous avons reconnu le caractère mythique. Il est accompagné de l'épithète iyakshu « qui sacrifie volontiers » au vers X, 4, 1. Ailleurs, ii désigne le protégé auquel Indra a ouvert re8pace,I, 63, 7, en frappant Vritra, IV, 21, 10; VII, 19, 3, celui pour qyi les forteresses ont été brisées par Agni, VII, 5, 3, et plus ordinairement par Indra. Au vers I, 130, 7, les forteresses brisées par Indra pour Pûru sont au nombre de

quatre-vingt-dix, et de plus la meution du démon Çambara ne permet guère de douter qu'il s'agisse d'un exploit mjthiqae. Le nom de Çambara est encore rapproché de celui de Pûru au vers I, 59^ 6, où c'est Âgni qui triomphe du démon. Enfin aux vers I, 131, 4, et VI, 20, 10, où figure encore le nom de Pûru, les forteresses, les sept forteresses brisées par Indra, reçoivent l'épithète çdradi donnée également au vers I, 174, 2, aux sept forteresses d'où Indra fait couler les eaux. Cette qualification du reste suffirait à elle seule pour nous révéler leur nature céleste^

Dans les derniers passages cités, c'est-à-dire aux vers 1, 59^ 6; 131,4etyi, 20, 10, le nomde/n/ruestaupluriel. Ceneserait pas une raison de refuser au mot Pûru le caractère de nom propre, soitdans les citations précédentes, soitméme dans celles-ci. Les Pûrus, en e£fet, peuvent être une race dont Pûru est le chef. Autre observation : les Pûrus paraissent bien être une race réelle, terrestre, humaine, au vers VII, 96, 2, où ils sont représentés habitant les deux rives de la Sarasvati, qui, malgré l'épithète <c amie des Maruts», semble bien être elle-même dans ce passage la rivière terrestre ainsi nommée. J'en dirai autant des Pûrus auxquels Indra s'adresse au vers X, 48, 5, pour leur promettre son secours slls lui offrent le Soma. L'emploi du présent dans deux des passages cités, I, 59, 6 et VI, 20, 10, suggère la même conclusion. Mais il ne suit pas de là que le chef de la race, que Pûru ait été pareillement un personnage réel. Bien d'autres races ou familles védiques dont on ne peut nier non plus l'existence réelle n'en ont pas moins un ancêtre mythique. La race des Pûrus, toutefois, donne lieu à une remarque particulière.

Le nom de Pûru doit avoir eu une autre forme, parus, dont le mot purusha, primitivement ^ puruduiy aura été dérivé, conune manusha Ta certainement été de la forme fMmuê^ qu'on rencontre en effet pour le nom de Manu. Or, puruêha signifie « homme » comme mann»ha ^. On peat

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