Sauvé par les Açvins, vol* III, p. 10 et suiv
est appelé au vers X, 4, 5 un taureau « qui ne sait pas nager ». C'est ce dernier trait, reproduit au vers IV, 30, 17 où il est appliqué à Turvaça et Yadu, qui me parait donner à la forroule une couleur essentiellement mythique. Ajoutons que le nom de Turvaça, signifiant « qui traverse », conviendrait très bien à un personnage qui devrait son existence même au mythe du feu céleste sauvé des eaux ; il lui doit en tout cas la formule qui célèbre son sauvetage.
Aux vers Vil, 19, 8 et IX, 61, 2, au contraire, Turvaça et Yadu ou Yâdva sont les ennemis qu'Indra frappe dans rintérét d'Âtithigva ou de Divodâsa ; dans le dernier passage même, ils figurent à côté du démon Çambara.
Le vers VI, 27, 7, d'après lequel Indra a « livré » Turvaça à Srinjaya, peut aussi s'entendre dans un autre sens, si on le rapproche du vers VI, 45, 1, portant qu'Indra a amené de loin Turvaça et Yadu, et surtout du vers I, 36, 18, où Turvaça et Yadu sont appelés par l'intermédiaire d'Agni, et du vers VIII, 4, 7, où les suppliants demandent « à voir » Turvaça et Yadu. Ces derniers passages, en tout cas, font de l'apparition de Turvaça et Yadu un bienfait du ciel. On voit que ces personnages ne pourraient pas être autrement traités s'ils représentaient réellement le feu ouïe Soma, considérés tour à tour comme des trésors célestes, ou comme des démons quand ils se dérobent eux-*mèmes à l'attente des hommes, ou comme des sacrificateurs protégés d'Indra quand ils font cause commune avec lui.
Notons enfin que dans l'hymne VII, 18, célébrant le combat de Sûdas', Turvaça est appelé, au vers 6, r« offrande » \ apparemment parce que le combat est assimilé lui-même à un sacrifice. N'y aurait-il pas là une allusion au dieu -offrande, à Soma ?
Tout au moins c'est, au vers IX, 68, 8, le Soma, d'après le contexte, le Soma céleste, qui reçoit le nom de Vajya. Or, ce nom de Vayya forme avec le nom de Turvîti tiré de la même racine que celui de Turvaça, un couple qui offre la plus grande analogie avec celui de Turvaça et Yadu, dont il est rapproché au vers I, 54, 6.
Turvîti et Vayya sont en effet aussi des protégés d'Indra, ibid.y pour lesquels ce dieu a également arrêté les eaux, II, 13, 12, ou^ selon Texpression du vers IV, 19, 6, quisug-