Voir pourtant III, p
64, 2 (et aussi I, 64, 4 ; n, 30, 11 ; V, 54, 10; 59, 6). Celle qui les fait naître « du sourire de l'ëclair», I, 23, 12, cf. 38, 8, ne doit pas non plus nous arrêter longtemps : elle semble n'être qu'une métaphore sans grande valeur mythique ^ J'attacherai plus d'importance i l'epithète sindhiHndlarah «qui ont pour mère la rivière (céleste) », X, 78, 6. Cette ri* yière peut être une des formes de la « vache » qui passe aussi pour leur mère, I, 85, 3, cf. VUI, 20, 8. Aux vers VIII, 83, 1-2, la vache qui est donnée pour la mère et la nourrice des Maruts est en même temps représentée attelée à leurs chars et les traînant, et cette combinaison d'images conviendrait bien à la parole sacrée *. Mais c'est sous le nom de Priçni que le personnage mythique de la vache ' mère des Maruts s'est définitivement fixé, I, 168, 9 ; n,34, 2, cf. 10; V, 52, 16; 58, 5 ; 60, 5 ; Vil, 56, 4 (d'où l'epithète priçnimàlarah « ayant pour mère Priçni»,!, 23, 10; 38,4; 85,2; 89, 7; V, 57,2 et 3; 59, 6 ; VIII, 7, 3 et 17 ; IX, 34, 5) , et c'est aussi sous ce nom qu'il convient de l'étudier pour en déterminer le caractère essentiel.
Le mot pviçni n'est pas toujours nom propre. Il est employé au pluriel, et appliqué aux vaches compagnes d'Indra qui a cuisent * le Soma » dans le ciel, I, 84, 10 et 11 ; VIII, 58, 3, et qui abreuvent Indra, Vin, 6, 19 ; 7, 10.
Ce serait cependant une erreur de croire que dans tous les passages où, étant employé au singulier, il est appliqué, non pas à une vache, mais à un taureau, on doive nécessairement le prendre pour une simple épithète signifiant, selon le sens écologique qu'on lui attribue, ce bigarré, tacheté ' »• Les vers IX, 83, 3 et 4 offrent la plus grande analogie avec les vers in, 38, 5-7 consacrés au « taureau-vache » qui « a mis bas » {itnd.) •. Au vers IV, 3, 10, il est dit positivement du tau-
1. Excepté comme témoignage du rdle attribué aux Maruts dans les phénomènes de Torage.
5. Cf. plus haut, p. 277-378 et 288. Le texte contient encore un paradoxe «1« plus : cette yache tette, dhaffati. Biais la prière est aussi représentée au Ten IX, 69, i, comme un veau qui tette. Au yers I, 87, 10, on est tenté de changer l'accent du mot girah (paroxyton) pour en faire un génitif et le rapporter à 9ûnaoah; les Maruts seraient appelés les « fils du chant sacré i».
3 Voir, en particulier, V, 52, 16, cf. Il, 34, 10. 4. Voir plus haut, p. 88.
' 5. Voir YII, 103, S et 10, où le mot priçni est en effet opposé à un nom de couleur.
6. Voir plus haut, p. 99 et suivantes. Ci. particulièrement les idées expri- BMs par le Terbe mamire dans les deux passages, et la mention du Gindhanra ou des Qandharvas.
reau nomm^ Priçni qu'il a laissé couler le lait de sa maniBUe brillante ^ Buôq, au rersl, 160, 3, le taureau Priçni dont « le fils » trait le lait brillant est formellement appelé un taureau-vache '. Rien n'empêche d'interpréter de même les antres emplois du mot priçni joint à Tun des noms du taureau, I, 164, 43; X, 189, 1, cf. V, 47, 3.
On Toit par là que Priçni aurait pu passer pour le père en même temps que pour la mère des Maruts. Toutefois, dans les formules concernant la naissance de ces dieux, la femelle et le mâle, au lieu d'être confondus dans le personnage d'un androgjrne, sont désignés sous les noms de Priçni et de Rad^a^ II, 34, 2; V, 52, 16; 60, 5; VI, 66, 3.
Au paradoxe de Tandrogyne, la mythologie védique substitue quelquefois Tinceste du père et de la flUe. Or, nous avons relevé dans ce dernier mythe * la désignation de h fille par le mot priçunif 1, 71, 5, cf. X, 61, 7 et 8, appliqué «neore au vers X, 73, 2 à la femelle « établie à la façon d'uue drnh on d'une trompeuse ». Je ne puis m'empécher de croire que ce mot a un rapport étymologique avec celui de Priçni, ou, tout au moins, que ceUe qui le porte a été, ne fût-ce que comme forme cachée de la femelle céleste, assimilée par les . ffishis À Priçni elle-même.
Il n'est en tout cas pas douteux que le nom de Priçni désigne avant tout la vache cachée. Priçni, dans l'ordre naturaliste, représente principalemeut la nuée^ : c'est de son seinqoe sortent les eaux du eiel, X, 123, 1. Mais la nuée n'est pas toujours présente dans l'espace visible, et nous lisons, en effet, dans l'hymme lY, 5, que Tessence mystérieuse de Priçni est renfermée dans le séjour suprême de la mère {qui n'est aatre quePriçm elle-même), dans la «c peau du dormeur » au scmdmet de la rtep ^ (vers 7 et 10). C'est ce même séjour qui est appelé «le sommet de Priçni », VI, 6, 4. Priçni est « gardée par les dieux », VII, 35, 13; or, on sait qu*il y a des dieux avares, peu différents des démons. Au vers 10 de l'hymne Vil,
1. Le lait jdmaryet, au yen préoédent, est peut-étn aussi l« kit tëu mile n .
3. La construction ne perjnei pas de distis^œr la «radie Priçoi du tsoreau, Texpression payo asyti a son lait a se pouvant être rapportée qu'au taureau.