‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 256 sur 417 · Voir I, p · texte numérisé non relu

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s. Il 86 pourrait que le nom même de Pûshan fût emprunté à ce mythe. Les Aiahis ont, il est vrai, rattaché ce nom à la racine puth (nourrir), comme le prouve le rapprochement de pushii, an vers X, 26, 7, de paska, au vers II, 40, 4. (cf. III, p* 40;. Mais d*où viendrait Vu long? La prétendue racine piûsh = pu$h du DhAttt-pâ/ha est sans doute un postulat des grammairiens indigènes. Notre mot n'aurail-il pus été formé de pu a clarifier (le Soma) » avec un suffixe san^ qui donne, il est vrai, plutôt des mots neutres, parshan, çirthan, mais qui, sous la forme sani, a donné parshani « qui traverse » et canhaai « actif » t

3. M. Qrassmann comprend que P&shan tisse le vêtement des brebis, c'est-i-dire pare les brebis de leur laine, en qualité de dieu de Tagriculture. La simplicité de cette traduction peut séduire à première vue. Mais ce n'est pss là le tour ordinaire de la pensée védique. Le contexte d'ailleurs, et tous les vers prècédenu confirment mon interprétation.

semble le mieux convenir. Les épithètes quUl reçoit an yers VI, 48, 19, « supérieur aux mortels et semblable aux dieux», peuvent s'expliquer aussi dans Tordre des idées liturgiques : elles appartiendraient de droit à un personnage qui, comme Âgni et Soma, occuperait une situation intermédiaire entre les hommes et les dieux.

On sait d'ailleurs que les dieux du sacrifice peuvent exercer leurs fonctions dans le ciel. Dans le vers déjà cité où Pûshan est appelé le rishi établi par Manu, X, 26, 5, il reçoit en outre la qualification de pratyardhir yajnânâmf qu'on peut entendre en ce sens qu'il répond aux sacrifices terrestres par des sacrifices célestes ^ Tel doit être au moins la signification du terme abhyardha-yajvan^, qui lui est appliqué dans un vers, VI, 50, 5, où il est nommé avec les Maruts, les ministres par excellence du sacrifice ofiert dans le ciel à Indra. Au vers VI, 17, 11, Pàshan figure encore avec les mêmes dieux et avec Vishnu au nombre des préparateurs célestes du Soma. Ailleurs, il est associé à d'autres sacrificateurs mythiques, les /Jibhus, IH, 54, 12.

Ce n'est pas seulement par ses attributs liturgiques que Pûsban semble assimilé à Agni ou à Soma. Nous lisons au vers VI, 58, 2, qu'il se trouve dans tous les êtres ' ; parlerait-on autrement, soit du feu proprement dit, soit du feu liquide ? On dit de lui, VI, 58, 4, dans les mêmes termes que d'Âgni, III, 1, 3, qu'il est apparenté à la fois au ciel et à la terre. Cette formule pourrait, il est vrai, s'entendre simplement en ce sens qu'il est, comme tous les dieux, le fils du ciel et de la terre ^. Mais le vers X, 17, 6 est plus explicite : ce Pûshan est né sur le chemin qui part du ciel et sur le chemin qui part de la terre. » En d'autres termes, Pûshan naît dans le ciel pour descendre sur la terre, et sur la terre pour monter au ciel. La suite du même vers ne peut guère laisser de doute sur l'exactitude de cette interprétation : « Il se dirige vers les deux demeures qui lui sont très chères, allant

l. Le moi pratyardhi parait signifier proprement « qui faitraatre moitié, le pendant », (cf. X, 1, ft).

i. Proprement « sacrificatear qui fait une moitié », ou « qui est d*ao côté (par opposition à un autre côté) ». Ce ne peut guère être parliasard que deux termes analogues, dont le premier n'a été relevé que dans ud seul autre passage, et l'autre est un aicocE elpy)|jiivov, se trouvent tous deux dans lei hymnes, d'ailleurs si peu nombreux, adressés à Pûshan.

3. Ou a dans tous les mondes », Mais ce sera toujours Tubiquité.

4. Inversement, P&shan est appelé, en compagnie de Soma, le père du ciel et de la terre, II, 40^ 1. Cf. plus haut, p. 5, SS et 162.

et Tenant, lui qui les connaît. » Pûshan sert ici, comme Agni et Soma, d'intermédiaire entre le ciel et la terre. Deux des vers précédents (3 et 4) lui assignent le rôle de psychopompe, qui nous a paru appartenir essentiellement à Agni* et à Sema*, et dans le vers 3, Agni^ partage en effet ce rôle avec lui.

Mais c'est surtout avec le personnage de Soma que celui de Pûshan a d'étroites relations. On a vu tout a l'heure que Pûshan accomplit le sacrifice du Soma^, qu'il trouve le Soma caché et le répand sur la terre pour la féconder ^. Or on sait aussi que les sacrificateurs mythiques du Soma, ou les per* sonnages qui le découvrent et le communiquent aux hommes^ représentent souvent le Soma lui-même. Rappelons encore des observations qui ont été présentées déjà dans d'autres parties de ce livre. Nous avons identifié à Soma le taureau célébré dans l'hymne X, 102, et nous avons remarqué que deux épithètes de ce taureau^ kapardin et ashirâvin^ faisaient songer à Pûshan^, qui reçoit la première aux vers YI, 55, 2 et IX, 67, 11, et que les vers VI, 53, 9, 58, 2, représentent armé de l'aiguillon, aahtrâ'^. Le second rapprochemont est d'autant plus significatif que l'attribution de l'épithète ashtrâvin « qui a » c'est-à-dire <c qui porte l'aiguillon^» à un taureau, constitue un paradoxe mythique dont l'explication ne peut guère être cherchée que dans l'identification du taureau à une autre forme de Soma ayant pour attribut raiguillon. L'attelage de boucs attribué à Pûshan, YI, 55, 6; 57, 3; X, 26, 8, et qui vaut à ce dieu l'épithète ajdçva^ « qui a pour chevaux des boucs », a été aussi rapproché déjà du bouc qui précède, et semble conduire le cheval du sacrifice, I, 162, 2 et 3; 163, 12, assimilé lui-même à Soma^^ Enfin nous avons reconnu dans !'« amitié du vent», vâtâpya.

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