Voir Grassmano, s, v
3. J'admettrais aussi, au vers VIII, 8, 8 un parallélisme entre le nom de Vatsa et celui du fils de Kanva. Rien n'oblige à croire, comme Teatand TAnukramani, que ce fils de Kanva soit Vatsa lui-même.
dans un composé appliqué comme épithète aux AçTins, vatior praeetasd « qui veillent sur Vatsa », VIII, 8, 7 ; c'est une nouvelle formule et un nouvel argument en faveur do l'antiquité de Vatsa. Ce dernier point est au fond le seul qui nous importe. A supposer que les hymnes VIII, 6 et 11, 7, adressés non aux Açvins, mais Tun à Indra et l'autre à Âgui, soient réellement, comme le veut TAnukramanî, Tœuvre d'un rîshi Vatsa, son nom, en tout cas, aurait appartenu à une légende antérieure, et l'interprétation mjtÛque pourrait être légitimement appliquée au personnage qui l'aurait porté dans cette légende. Or le mot vatsa signifie « veau » et s'emploie également comme terme d'affection avec le sens de « favori ». Dans la première acception, il se serait tout naturellement appliqué à Agni ou à Soma ; dans la seconde, il aurait désigné en général le favori des dieux' ; dans un cas comme dans Tautre, il pourrait passer pour un nouvel exemple de la façon dont un adjectif se transforme en nom propre, c'est-à-dire de la naissance d'un personnage mythique ^.
§ II. — Les mythes du cheval.
Pedu est un personnage auquel les Açvins amènent un cheval, VII, 71, 5, appelé pour cette raison paidva, I, 116, 6, cf. IX, 88, 4 et A. V., X, 4, 5-11. Au vers I, 116, 6, en même temps que le cheval est ainsi nommé, le protégé des Açyins, évidemment identique à Pedu, qui le reçoit en présent, est désigné par le mot aghâçva « qui a un mauvais che- Tal ». Le mot pedu lui-même paraît très significatif et trop bien approprié au mythe pour désigner un personnage réel. Il est formé de la racine pad « aller » redoublée {ped pour papad comme au parfait pede) et d'un suffixe u (cf. cikil-u, Vâl., 8, 5, jigy-u, I, 101, 6,) et ne saurait guère avoir d'autre sens que « piéton » (cf. pad et pâda « pied »).
Le caractère mythologique du cheval donné est moins contestable encore. D'une part en effet, il doit être non seu-
1. Cf. encore le mot antideva (a. e.), désignant, au vers I, 180, 7, un protégé des AçTins, et dont la signification étymologique parait être « qui a le dieu oa les dieux près de soi » .
1. Cf., p. 305, des observations analogues sur le mot kavi c poète» dont on a fait le nom d^un protégé d*Indra.
lement célébré, carkvitija^ I, 119, 10; X, 39, 10, comme le cheval Dadhikrâvan*, mais invoqué, havya, I, 116, 6; X,39, 10, jolmtra^^ I, 118, 9, par les prêtres, comme Bhaga luimême, X,39, 10; de Tautre, il est appelé ahi-han, c'est-à-dire « tueur de serpents » ^, ou plutôt, sans doute, « meurtrier d'Ahi (le démon) », I, 117, 9; 118, 9, cf. IX, 88, 4 et A. V., X, 4, 5-11. Il est en outre comparé à Indra au vers I, 119, 10, et d'après le vers I, 118, 9, Indra le met en mouvement.
L'épithète ahùhan rappelle celle de ahi-arshu « qui s'élance sur les serpents », appliquée aux chevaux du soleil, II, 38, 3. Une expression curieuse du vers I, 119, 10, « qui s'élance au ciel par l'opération des flèches » *, s'explique par ce que nous avons dit ^ de la préparation du Soma-soleil au moyen de flèches représentant, dans Tordre du culte, les doigts qui pressent le Soma, dans l'ordre naturaliste, les rayons du soleil qui répandent la lumière. Le cheval de Pedu symboliserait donc à la fois le soleil et Soma^, et la comparaison suivante « 0 Soma, tu tues, comme le cheval de Pedu, les races des serpents », IX, 88, 4, se ramènerait, comme tant d'autres comparaisons védiques, à une identité pure et simple.
Remarquons encore que le cheval donné à Pedu est «blanc», I, 116,6; 118,9; 119, 10; X, 39, 10, ou brillant, qualité qui convient parfaitement à un représentant du Soma, soit sous la forme du soleil, soit sous celle de l'éclair. Le cheval blanc étant le bon cheval, le mauvais cheval qu'il est destiné à remplacer, I, 116, 6, devait être le cheval noir. Nous sommes ainsi amenés à citer le nom d'un autre protégé des Açvins, VIII, 35, 19, et aussi d'Indra VIII, 36, 7 ; 37, 7 et d'Indra, et Agni, VIII, 38, 8, mentionné en