Ici encore, la construction est difficile
3. Je ne vois aucune raison d'attribuer au nom des Açvins le sens de acaralier •, qui n'est justifié ni par les emplois du mot comme adjectif (voir, en particulier, II, 27, 16, où « celui qui a un cheval ou des chevaux o se sert en même temps d'un char), ni par la légende védique qui leur donne des chevaux, non comme montures, mais, ainsi qu'à la plupart des autres dienx comme attelages.
4. Dans ce passage, açvinam doit sans doute être rapporté à vdjnm.
plus généralement rélément igné quand il est caché. De même qne« voyant», dans le langage mythologique, est synonyme de « brillant », «aveugle» est synonyme «d'invisible » ou de « noir ». L'aveugle guéri par les Açvins et le « noir » qu'ils prennent sous leur protection ne diffèrent pas essentiellement, et tous deux rappellent le personnage que les mêmes dieux délivrent de V « angoisse » ^ comme Atri ou Jâhusha, quand cette ce angoisse » est l'angoisse des ténèbres, VI, 50,10; Vn, 71, 5, cf. I, 116, 20.
Au vers VIII, 85, 13, cf. 14 et 15, où le « noir » est d'ailleurs « secouru », non par les Açvins, mais par Indra, le poète a pris la peine de joindre un substantif au qualificatif: le a noir » est la « goutte ^ » noire, au fond de la rivière céleste, c'est-à-dire du nuage également noir, t6td., 14, le Soma caché dans la rivière, nommée pour cette raison amçumali^ mais qui se manifeste grâce à l'intervention d'Indra, en d'autres termes, l'éclair. On voit par là qu'au vers I, 79, 2, le taureau noir qui mugit (puis arrive accompagné de femelles souriantes), pourrait représenter l'éclair avant son apparition, aussi bien que le nuage lui-même ^. Or un mot krishna (paroxyton), qui ne diffère que par l'accentuation de l'adjectif (oxyton) signifiant « noir » et qui, vraisemblablement, lui était primitivement identique, est devenu le nom d'un protégé des Açvins, VIII, 74, 3 et 4, qu'on peut, en vertu de ce nom même, être tenté d'identifier à Soma ou à Agni caché. Nous avons vu* qu'un mot synonyme, çyâvaka'^^ désigne un protégé non pas des Açvins, mais d'Indra, dans deux passages, VIII, 3, 12 et 4, 2, où le rapprochement du mot ruçaina a brillant » parait prouver que la signification étymologique n'en était pas oblitérée. Les deux mots semblent, en réalité, ne désigner que les deux aspects successifs d'un même être pendant la nuit et pendant le jour, en même temps que l'addition du mot kvipa « misérable » ou a suppliant » fait rentrer cet être dans la série des victimes secourues, ordinairement par les Açvins, mais quelquefois aussi par Indra *.