Voir plus haut, p. 3S
9 y. — LES MYTHES DE LA FEMELLE.
Nous étudierons d'abord la « vache de Çaju.
Le mot çayu signifie a gisant, couché ». Il est appliqué deux fois à l'Agni nourrisson de deux mères, qui repose en tous lieux, I, 31, 2, particulièrement c< là-haut », III, 55, 6, et une fois à Indra, au vers 12 de rhjmne IV, 18, où sa naissance est décrite à peu près comme celle d*Âgni. Dans tons ses autres emplois, le nom désigne un protégé des ÂçTins (appelés pour cette raison çayulrd « protecteurs de Çaju ^ », X, 40, 2), que nous regarderons comme une personnification du feu caché. 11 figure dans des énumérations de favoris du couple divin désignés au vers I, 1 12, 16, par difi'érents noms propres, et au vers X, 40, 8, par des noms communs, « le maigre*, la veuve, etc. », en sorte que dans ce dernier passage il paraît retenir sa signification étj^mologique.
Partout ailleurs, la mention de Çayu est accompagnée de celle d'une vache, évidemment mythique comme Çayu luimême. Cette vache était stérile ^ I, 116, 22; I, 117, 20; VII, 68, 8. Mais les Àçvins ont gonflé de lait la vache 'de Çayu, 1, 119,6 ; ils l'ont gonflée de lait pour Çayu lui-même, 1, 117, 20, pour Çayu épuisé, I^ 116, 22, et en détresse, I, 118, 8. Les poètes, en même temps qu'ils célèbrent cette œuvre, nous apprennent que les Àçvins ont « traversé la montagne en vainqueurs », X, 39, 13; VI, 62, 7. C'est ainsi qu'Indra a fait couler les eaux en fendant la montagne. La vache stérile que les Açvins ont remplie à la prière de Çayu est aussi directement comparée aux eaux, Vil, 68, 8. Elle était attachée, littéralement « adhérente », vishaktd, I, 117, 20» peut-être à cette peau, à cette enveloppe dont les jRibhus ont aussi fait sortir une vache mythique qu'ils ont réunie à son veau. En un mot la nourrice de Çayu est évidemment la
1. M. Roth et M. Grassmann, suivant rinterprétation du Nirukta, font de c% mot un adverbe en trA signifiant « sur la couehe ». Mais il n*y a pt^ d'exemples du mot çayu dans le sens de c couche », et il y en a de remploi de la racine trû à la fin d'un composé {an-agni'tpû, I, 1S9, 8 et pururtrùf VIII, 8, 22.
t. Kriça, voir plus haut, p. 4(0 .