‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 303 sur 417 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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6. Du rajeunissement de Cyavàni, on peut rapprocher la résurreclion de Subandhu, X, 59, 8; 60, 10, et avec d'autant plus de raison que les Aishis paraissentavoir fait ce rapprochement eux-mêmes, cf X, 59, 1 et 8; 61, 2 et 26.

Uergaigse. La Beligion védique^ II. 31

jours par leur faveur, Tépoux des jeunes filles, 1, 116, 10; il inspire Tamour à sa fiancée, V, 74, 5. L'épouse de Soma- Cyavâna ne difiere vraisemblablement pas beaucoup de Sûryà, la fille du soleil ^ si même ce dernier nom n*est pas intentionnellement rapproché de celui de Cyavâna au vers 1, 117, 13 : « Vous avez, ô Açvins, rajeuni par votre puissance Cyavâna vieillissant ; la fille du soleil, dans tout son éclat, ô Nàsatyas, a choisi votre char. »

On ne s* étonnera pas qu*un personnage représentant Soma soit devenu, comme tant d*autres personnifications du même dieu, un sacrificateur, que les vers X, 61, 2 — 3 nous montrent construisant un autel et préparant un Soma qui parait assimilé d'ailleurs à la lumière du soleil '.

De Kakshîvat et de Cyavâna, il faut rapprocher Kali. Le mot kali est employé au pluriel au vers VIII, 55, 15, et parait y désigner une famille de prêtres dont le Kali protégé des Âçvins serait probablemeut Tancêtre. Le caractère mythique de ce personnage, lors même qu*il ne serait pas confirmé par un vers de l'Âtharva-Veda, X, 10, 13, où son nom, employé de nouveau au pluriel, figure parallèlement à celui des Gandharvas, serait suffisamment indiqué par sa ressemblance avec ceux qui ont été précédemment étudiés. Nous lisons en effet au vers X, 39, 8 que les Âçvins ont rendu la jeunesse au prêtre Kali vieilli, et nous voyons par le vers I, 112, 15, qu'il a trouvé une épouse dont on ne nous dit d'ailleurs pas le nom.

Les mythes ordinairement counexes du rajeunissement et du mariage se rencontrent encore, soit réunis, soit séparés»

ËQ tout cas, et bien que les hymnes X, 89 et 60, ainsi que les deux précédents (où Subandhu n^est pas nommé), semblent contenir dés incantations vraiment destinées à ressusciter (ou à guérir? cf. X, 59, 9) des êtres réels, Subandhu n'est que le prototype mythique des personnages ressuscites (oa guéris), et non le sujet même sur lequel opéreraient les auteurs des hymces en question. Son nom, dont le sens doit sans doute être complété comme dans la formule des vers III, 1, 3 et VI, 58, 4, appliquée à Agni et à Pùsban, «apparenté au ciel et à la terre», cf. X, 59, 8; 60, 7, est, au vers I, 16i 7, une épithète du cheval du sacrifice. Subandhu est chanté opar les eaux», X, 61, 26, comme pourrait l'être une forme quelconque d'Apàm Napàt, et la formule du vers X, 60, 7, qui Tin vite à a sortir », rappelle celle qnlndra adresse au Soma caché, X, 124, 6. Le père et la mère dont il est question dans le même vers doivent être le Ciel et la Terre.

i. Voir plus bas, p. 487. Le titre de mari des « jeunes filles », donné à CyavAna, pourrait même s'entendre en ce sens qu'il est, comme Soma, époux de Suryâ, le premier époux de toutes les fiancées mortelles dont Sùryà est )« prototype divin.

i. Voir I, p. 203.

dans la légende de divers personnages mieux caractérisés par d'autres traits, et que nous avons dû pour cette raison ranger sous d'autres chefs. Ainsi Dîrghatamas ^ vieilli, et « dans le dixième âge », est devenu le « cocher des eaux » 1, 158, 6 ; cette, formule suggère l'idée du rajeunissement dans sa première partie, et équivaut à peu près dans la seconde au mjthe du mariage avec les jeunes filles. La vie de Vandana'a été prolongée, et, disjoint en quelque sorte parla vieillesse, il a été, comme un char, remis en mouvement par les Açvins, I, 119, 6. Atri^ était « vieilli conformément à Tordre (du monde) » ; les Açvins l'ont fait courir à son but comme un cheval, X, 143, 1 ; ils Tout dénoué comme un nœud serré, iôtrf., 2 : cette dernière expression n'est peut-être qu'une autre formule delà «sortie de l'enveloppe ». Atri, comme on Ta vu, reçoit alors l'épithête yavishiha a le plus jeune », exclusivement consacrée à Agni. Le vers I, 180, 5 fait mention de la vieillesse de Bhujyu * sans parler il est vrai de son rajeunissement. Enfin, il semble naturel de rapporter au mjthe du mariage cette formule concernant Kanva : I, 117, 8. «Vous avez donné la brillante au noir. » Il faut encore signaler dans le même ordre d'idées la comparaison de /lijrâçva à un amant, 1, 117, 18^.

Le « rajeunissement » des personnages mythiques exprime la même idée que leur « naissance ». On peut donc rapprocher des personnages que les Açvins rajeunissent pour les marier le « petit*» Vimada, I, 116, 1, auquel ils amènent également une épouse. Le nom de Vimada est celui d'une famille de prêtres et est employé au pluriel en ce sens, X, 23, 6. Au vers X, 20, 10, il paraît désigner un personnage réel, actuel, membre de cette famille^, tandis que le vers X, 23, 7 « Que les liens d'amitié ne soient pas rompus entre nous, en* tre toi Indra et le rishi Vimada » fait sans doute allusion à

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