Sakmya de sahnan c adoration » I, 3t
2. L*emploi de l'actif rfdcshati ne nous permet pas de traduire a garde 80D propre séjour > en assimilant Gandharva à Soma.
BEROAiGKEfDieux souverains, -^
rai du sacrifice, identique à Soma. D'après te ters IX, 113,3, ce sont les Gandharvas, déjà assimilés sans doute à des eaeriflcateurs dans l'hymne III, 38 (vers 6), qui ont reçu le tau* reau grandi dans le nuage (Soma) et en ont fait le suc du Soma (de la plante du Soma terrestre). Us jouent alors un rôle bienfaisant en communiquant le Soma aux hommes. Mais revenons à notre vers IX, 83, 4. Il y est dit encore que Gandharva, « maître des liens, saisit le trompeur dans ses liens. » Ce dernier trait qu'on peut rapprocher du mythe des cordes ou des lacets de Varuna, et qui parait d'ailleurs avoir ici la même signification morale, con« vient très-bien, comme nous le verrons, à un personnage qui aurait eu primitivement le caractère équivoque Inhérent an personnage de Tvash^ri^ et, pour fixer les idées^ qui aurait été, non-seulement un gardien, mais un gardien avare du Soma. On pourrait interpréter en ce sens le vers Vtll, 06, 5 : ce Indra a fendu Gandharva dans les espaces sans fond. » Gandharva, le gardien avare du Soma, serait là assimilé an ciel ou au nuage qui le retient. Comme les démons Vritfa et Vala.
Il faut remarquer toutefois que l'usage de la racine (tii avec le préfixe abhi comporte également une autre traduction du même passage : « Indra a délivré Gandharva. » Dans ce sens, Gandharva ne serait plus le gardien du Soma, mais le Soma lui-même.
On ne peut nier en effet que le nom de Gandharva ïi*aît ^té appliqué à Soma, Ce dernier est au vers IX, 86, 36, appelé en termes exprès le Gandharva des eaux. Nous retrouvons ici la connexion déjà signalée entre l'idée du Gandharva et celte des eaux célestes. Il en sera de même dans l'hymne X, 123. L'amant que l'Apsaras « porte » en souriant dans le ciel suprême (vers 5), paraît bien être le Gandharva nommé au vers précédent, et d'ailleurs identique à Vena, héros de l'hymne, qui lui-même représente Soma. D'après le vers 7 dû même hymne, ce Gandharva s'est dressé dans le ciel, présentant ses armes brillantes, se revêtant d'un vêtement parfumé qui représente dans le ciel le lait auquel Soma est mêlé sur la terre, et manifestant, (littéralement engendrant pour lui), ses formes chéries (cf. ibid. 4). Le premier de ces traits se retrouve mot pour mot au vers 12 de l'hymne IX> 85 à Soma, portant également que Gandharva, monté duis le ciel, y manifeste toutes ses formes. Dans ce nouvel exemple, il
par&tt eertaiû que le personnage ainsi nommé représente Soma sons sa forme de soleil, (c faisant briller les deux mondes, ses parents. »
C'est encore à ce qu'il semble en tant qu'assimilé à Soma lui-même que Gandharva a parlé à l'intérieur de la matrice X, 177, 2 , qu'il a annoncé , découvert à Indra les formes immortelles des eaux X, 139, 6. II joue dans ce nouveau mythe un rôle analogue à celui qui est rempli dans la légende des Açvins par Dadhyanc ou par la tête de cheval, représentant l'un et l'autre Soma. A ne considérer que le sens général du mythe, il rappelle également Vishnu, et généralement le ils, Agni ou Soma, prenant parti pour Indra. Les deux vers précédents de l'hymne X , 139 ajoutent à son nom celui de Viçvâvasu. Il traverse l'espace, et à sa vue les eaux coulent : le Soma-éclair ne saurait être plus clairement désigné.
Dans l'hymne nuptial X, 85 notre personnage intervient, sous ses deux noms de Gandharva et de Viçvâvasu, plutôt comme doiiblure de Soma que comme substitut de Savitri. En effet, d'après les vers X, 85, 40 et 41, loin d'avoir livré d'abord à Soma la femme, image terrestre de Sûryà, qu'il doit maintenant abandonner à son époux mortel, c'est au contraire lui qui l'aurait reçue de Soma.
En somme, le personnage de Gandharva est un exemple incontestable de la confusion, qui s'est souvent opérée sous un même nom, d'attributs appartenant au père et au fils. C*est par là surtout qu'il nous intéresse ici. Je rappelle cependant en terminant, comme particulièrement digne de remarque, l'attribut des liens par lequel il se rapproche de Varuna.
SECTION vni
LES ASmiAS
bans toutes les sections précédentes, sauf deux exceptions. Tune dans la seconde où je n'ai pu séparer des textes relatifs au père de Bhujyu et à celui de Rebha ceux qui concernent les « amis méchants » de ces favoris des Açvins, Vautre dans la cinquième où l'indication du caractère malveillant occasionnellement attribué aux Maruts a formé le complément naturel de l'étude consacrée à Rudra leur père, je n'ai traité jusqu'à présent que de personnages mytholo-
giques isolés, portant chacun pour leur compte les divers attributs des dieux souverains ou des dieux pères, et pouvant être considérés comme les représentations successives d'un seul et même être divin. Au contraire, ceux qui feront le sujet de la neuvième section, bien que Tun au moins d'entre eux ait une individualité propre et bien tranchée, sont souvent réunis en couple, en triade, ou même en un groupe indéterminé.
Avant d'en venir à ces personnages nommés ^Idityas, par lesquels il importe de terminer notre énumération, le premier d'entre eux, Varuna, étant la personnification la plus haute du dieu souverain, et, comme nous le verrons dans le chapitre suivant, de la Providence, j'étudierai dans la présente section un autre groupe de dieux, ou plutôt une autre appellation des dieux réunis en groupe, le terme d'Asura. A cette occasion du reste, j'aurai à citer d'autres passages où le nom générique des dieux, deva^ soit seul, soit dans la locution a les anciens dieux, » désigne pareillement les habitants du ciel en tant que souverains et opposés au dieu guerrier, avec lequel ils entrent mène en lutte ouverte.
C'est un fait bien connu que le terme d'asura^ appliqué dans le itig-Veda à différents dieux, et surtout, comme nous le verrons, aux dieux revêtus de la dignité la plus haute, est devenu dans la mythologie brahmanique le nom des ennemis des dieux S des adversaires que ceux-ci ont dû vaincre pour entrer en possession de l'autorité divine et de tous ses attributs. Cette évolution de la notion des Asuras a d'ailleurs commencé dès la période des hymnes. Dans le X"" maiidala, justement considéré comme le plus moderne, l'opposition des Asuras et des Devas semble déjà une idée courante X, 82, 5, ainsi que le triomphe des seconds sur les premiers X, 53, 4; 157, 4. Mais on rencontre des traces du même mythe dans le VHP et même dans les sept premiers manctalas. Indra est prié de chasser les Asuras auxquels on donne l'épithète adeva c( non Devas, ou ennemis des Devas » VIII, 85, 9 ; le même dieu, accompagné de Vishnu Vil, 99, 5 et de Brihaspati II, 30, 4, est invoqué contre les héros (les fils) de l'Asura; Vâyu protège ses suppliants contre tout être appartenant à la race des
1. L'opposition des Asuras et des Deyas a même amené, par une fsxuse étymologie qui faisait de Va de asura un a privatif et expliquait ce mot dans le sens de « non Sura, » la formation abusive d*un mot swa pour désigner Je» dieux.
Asnras 1, 134» 5^ Comme le soleil levant, dans le X^ mancfala (170, 2), Indra est appelé dans le VP asurahan « tueur d'Asuras » (22, 4). La même épithète est attribuée dans le Vn* (13, 1) à Agni Vaiçvânara dont le poëte dit au vers suivant qu'il a délivré du mal les dieux, désignés par leur nom ordinaire de Devas. Les Devas sont donc ici aussi opposés aux Asuras, et comme dans la mythologie postérieure, ils ont failli être leurs victimes avant de remporter définitivement sur eux. De même que le célèbre mythe brahmanique du barattage de la mer de lait nous montre les Asuras en possession de l'ambroisie avant que les dieux ne s*en emparent, nous voyons dans le VIIP mandala (86, 1) Indra prendre aux Asuras les biens qu'il doit distribuer aux hommes ^
Cette application du mot Asura aux ennemis des dieux, seule conservée dans une période postérieure, et peu compatible en apparence avec les autres emplois védiques du même mot comme épithète de dififérentes divinités, n'a d'autre cause, selon la plupart des mythologues, que l'indétermination du sens primitif. Désignant d'une façon générale les êtres mythologiques qui jouent un rôle dans les phénomènes célestes, ce terme aurait pu dès l'origine s'appliquer également bien aux dieux et aux démons, et ne se serait fixé que plus tard dans la seconde acception. Cette explication renferme une grande part de vérité ; mais elle demande à être précisée, et les résultats déjà obtenus dans les sections précédentes nous tracent la voie dans laquelle nous devons essayer de le faire. Ce n'est pas le dieu guerrier, ce sont les dieux souverains ou les dieux pères, qui oflFrent dans le /Îig-Veda un caractère équivoque propre à les faire confondre à l'occasion avec les démons. Or, c'est aussi à ces dieux qu'appartient, non pas sans doute exclusivement, mais du moins principalement, le nom d' Asura. La transformation des Asuras en démons semble donc n'être qu'un nouvel exemple du fait que nous avons constaté déjà sur un personnage unique, Tvash(ri, et que nous verrions se reproduire ici pour tout un groupe mythique, à savoir la dé*
i. Je ne crois pas qnUl faille interpréter le vers IX, 71, 2, comme le veulent MM. Roth et Qrassmann : c H détruit la race asurienne > (voir plus loin). Le passage I, 108, 6 me semble obscur.
8. La forme asurebhyàh pourrait être aussi prise pour un datif ; mais Vinterprétalion qu'on tirerait de cette construction « Les biens que tu as apportés aux Asuras > ne se justifierait ni par le contexte, ni par les rapports ordinaires dlndra avec les Asuras, môme aveo les Asuras conservant encore le caractère de dieuxi
tennination dans le mauvais sens du caractère équWoqne propre aux divinités de ce que j'appelle la conception uiitaire, par opposition à celles de la conception dualiste. Ainsi s'explique la souveraineté attribuée aux Asuras avant la victoire des Davas, que dis-je ? le culte que les seconds rendent aux premiers, et dont témoigne ce vers d*un hymne à Çraddhà a la toi ou le culte fidèle » : X, 151 , 3 « Comme les Deras ont rendu un culte fidèle aux Asuras puissants. » Ce texte oA Topposition des termes deva et asura détermine évidemment le second dans le sens qu'il a définitivement gardé, rappelle le culte rendu par le fils au méchant père (voir plus haut p. 64) S Au vers X, 124, 5, il est dit au contraire des Abu* ras. QUI ici semblent bien être des dieux (cf. vers 3 le père Asura), qu'ils sont devenus a sans puissance ».
Le terme d'Asura se rencontre aussi dans le Aig-Veda joint au nom d'un démon véritable, Pipru, X, 138, 3, et celui d'âsuray sifirnifiant peut-être fils d'Asara, est appliqué aux démons Namuci X, 131, 4 et Svarbhànu V, 40, 5. Il est à remarquer que deux de ces noms, Pipru et Namuci, s'opposent l'un à l'autre à peu près comme nous verrons plus loin que le nom de Mitra s'oppose à celui de Vamna. Si namuei signifie « qui ne lâche pas, » pipru ne paraît avoir d'autre sens que « qui remplit, qui donne en abondance. » Ces deux mots représenteraient donc bien les deux faces d'un être équivoque semblable aux dieux souverains. Il est bizarre que Pipru, en dépit du sens favorable de son nom, soit derenu un démon comme Namuci. Mais après tout Tvashfri qui, sans devenir un pur démon, a pris plus d'une fois, ainsi que nous l'avons vu, un caractère démonia^e, semblait amssi appeU par son nom d' « artisan » à représenter plutôt dans son actioa bienfaisante la puissance suprême d'où vient le mal comme le bien.
Avant d'aller plus loin dans le détail des arguments qui paraissent confirmer ma conjecture 3irr l'applicatioii primitive du terme d'Asura, il seira utile d'étudier la signification propre de ce terme lui-même. Pour bien l'établir, les emplois du dérivé asurya comme substantif abstrait désignant la qualité d'Asura nous seront d'un grand secours. Ce mot signifie « pouvoir suprême, souveraineté universelle», comme le prouvent les textes suivants : Indra exerce Vaswrya parmi les