‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 4 sur 417 · Dont le sens n'est jamais « les deux pères · texte numérisé non relu

Dont le sens n'est jamais « les deux pères

Bergaignk, La Religion védit/ur. 1

formules que nous rencontrerons plus loin*, TAgni et le Soma donnés comme fils du ciel et de la terre peuvent représenter le soleil aussi bien que les autres formes du Soma ou du feu. Le soleil d'ailleurs remplit les deux mondes de ses rayons, IX, 41, 5, cf. L 84, I; c'est par lui qu'Indra a fait briller les parents, VI, 32, 2, c'est-à-dire encore le ciel et la terre. On exprime aiîssi la même idée en disant que le soleil a « fait croître » les deux mondes, VIII, 12, 7, et» dans le langage mythologique, il n'y a pas loin de là à dire qu'il les a engendrés. Nous verrons qu'en effet Agni, dont Tune des formes est le soleil, passe pour le père des deux mondes en même temps que pour leur fils.

C'est naturellement avec l'aurore que le soleil a les relations les plus étroites. L'aurore conduit le « cheval blanc », r dc œil des dieux », VII, 77, 3, c'est-à-dire précède le soleil qui> lorsqu'il brille à l'orient, paraît sortir de Taurore, I, 121, 6, ou, selon l'expression déjà plus caractéristique du vers VII, 63, 3, du « sein » des aurores. On a donc dit de l'aurore^ non seulement qu'elle enfante la lumière » III, 61, 4> mais qu'elle fait briller, VII, 80, 2, et, en propres termes, qu'elle « enfante » le soleil, VU, 78, 3.

Fils de raurore, le soleil est aussi son amant et son époux. D'abord il la poursuit, I, 56, 4 ; IX, 84, 2, comme un homme qui poursuit une femme, I, 115, 2. Puisses rayons s'unissent a ceux de l'aurore, VIII, 9. 18; X, 111, 7, cf. I, 113,9; 123, 12; 124, 8 ; 137, 2; VII, 91, 1; X, 35, 5. Aux vers 11 et 12 de l'hymne I, 92 à l'aurore, il est dit tour à tour qu'elle brille « avec l'éclat de son amant » et qu'elle apparaît t< avec les rayons du soleil »» Ces deux formules sont évidemment équivalentes. Quand on dit qu'elle vient du même lieu que son amant, VII, 76, 3, il est clair que cet amant ne peut être encore que le soleiL J'en dirai autant de r« amant de l'aurore d auquel Agni est comparé pour son éclat, I, 69, 1 et 9; VII, 10, 1, cf. 2. Enfin l'aurore est appelée expressément Ta épouse du soleil », VII, 75, 5.

Certains passages déjà cités, qui peuvent signifier que l'aurore brille « en même temps que » le soleil, par exemple les vers I, 113, 9; VII, 91, 1, pourraient aussi s'entendre en ce sens qu'elle brille << par » le soleil, que le soleil la fait briller, et de fait, le soleil est considéré comme le père des

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