‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 50 sur 417 · î, p. 144 et · texte numérisé non relu

î, p. 144 et

2. Il ne semble pas qae le mot nihita (voir plus haut, p. 74, note i) puisse avoir ici d*autre sens. En tout cas, la « place de Toiseau v> est « iguorée ». La même épithète se rencontre encore au vers III, 7, 7.

3. Elle est remplacée dans le second passage par i^po agram. Voir cidessous, p. 78.

79, 3, n'a pas d'autres sens que ceux de « tromperie » ou « trompeur, trompeuse »*. Ces deux expressions sont évidemment équivalentes à celle de druhas padam « séjour de la tromperie ou de la trompeuse », V, 74, A, rapprochée justement au vers II, 23, 16, d'un mot ripu « trompeur » formé de la racine rip. Les trompeurs dont il s'agit dans le dernier passage sont des démons.

Le terme de « tromperie » dans les formules ripo agram et ripa upasthe pourrait donc faire allusion à des démons retenant, soit la femelle, soit le mâle. Mais la femelle, si elle se dérobait volontairement à l'attente des hommes, méritait elle-même le nom de « trompeuse ». En tout cas, le « sommet » et le « sein de la tromperie » ou « de la trompeuse » sont de nouvelles désignations du séjour invisible et du mâle et de la femelle. Et en effet, au vers X, 79, 3, la formule ripaupaslhc est rapprochée de la formule mdtur guhyam « le mystère » c'est-à-dire « la forme mystérieuse de la mère ». Celui qui est dans ce sein (dans ce giron), et qui tette, ibid., ne peut être qu'une forme cachée d'Agni ou de Soma.

A côté de la formule « sommet de la tromperie » ou « de la trompeuse », figure au vers 5 de Thymne III, 5 à Agni la formule équivalente « place de l'oiseau » : a II garde le séjour qui lui est cher, le sommet de la tromperie (ou de la trompeuse), la place de l'oiseau ». La même phrase se retrouve mot pour mot au vers IV, 5, 8, à cela près que la forme ripah y est remplacée par la forme rupàh. Si cette forme, qui se rencontre déjà au vers précédent dans la même'combinaison, agre rupàh ^ mais qu'on ne retrouve plus que dans un seul autre passage, au vers X, 13, 3, n'est pas une fausse leçon pour ripah, le thème rtip, dont elle est le génitif, ne peut avoir d'autre sens étymologique que celui de « fente » (racine rup, plus tard lup^ « rompre ») et T3ar suite de « caverne » ; il désignera donc en tout cas un séjour de la vache céleste, et le sommet de ce séjour sera toujours la « place cachée », la cinquième des « cinq places de la rup », X, 13, 3, que nous retrouverons dans le chapitre suivant, et dont les quatre autres sont les points cardinaux.

En même temps qu'elle est rapprochée du « sommet de la tromperie ou de la trompeuse » au vers III, 5, 5, la « place de l'oiseau » est, au vers suivant, rapprochée de « la peau », c'est-à-dire de « l'enveloppe » du « dormeur d, également

i. Voir vol. III, p. 179.

gardée par Agni. Il eu est de même du « sommet de la»ti/> » au vers IV, 5, 7. Le sens de « dormeur » que je donne dans cette formule au mot sasa en le rapportant à la racine «««dormir», et en l'appliquant à la forme cachée, soit d'Agni lui-même, soit de Soma, peut lui être conservé dans tousses emplois*. Il me paraît confirmé par le rapprochement d'un mythe que nous étudierons plus tard, celui du sommeil df'sAibhus dans la demeure de Savitri, c'est-à-dire dans le monde invisible. C'est au « dormeur » que l'auteur du vers X. 79, 3, compare le petit qui tette « dans le sein de la tromperie » ou de la « trompeuse »*, en sorte que cette citation nous offre une troisième fois le rapprochement que nous avions rencontré déjà aux vers III, 5, 5 et 6 et IV, 5, 7. L'expression <c matrice du dormeur » qu'on trouve encore au vers V, 21, 4 et celle de « sein du dormeur » que présente le vers IV, 7, 7, après une mention d'Agni caché, ibid, 6, paraissent avoir le même sens que celle de « peau du dormeur». Cette a peau » du dormeur est son enveloppe. Le terme de « peau » appliqué aussi, soit directement, soit par voie de comparaison, à la terre, I, 85, 5; X, 68, 4, cf. V, 85, 1. et aux deux mondes de la terre et du ciel qu'Indra enroule, \TII. 6, 5, et déroule, VI, 8, 3, Ta été en outre, probablement au nuage que Soma fait gonfler, IX, 74, 6, cf. I, 129, 3, et certainement aux ténèbres que le soleil enroule VII, 63, 1, cf. IV, 13, 4, et I, 130, 8; IX. 73, 5. D'une façon générale, il s'applique aux différents séjours où Agni et Soma peuvent être renfermés, à l'enveloppe dont Soma se dépouille comme un serpent de sa vieille peau, IX, 86, 44, et la « peau» céleste a, comme tous les autres détails de la mythologie supraterrestre, sa représentation sur la terre, soit dans la terre elle-même (III, 21, 5?), soit dans le tamis que traverse le Soma, tamis appelé au vers IX, 69, 3, la peau de brebis, et rappelant la peau qui lui sert de tamis céleste, X, 31^ 8, soit dans une peau réelle, dans une peau de vache qui reçoit le suc exprimé par les pierres du pressoir, IX, 66, 29 ;

1. C'est avec le dormeur, c'est-à-dire avec Agni ou Soma jusqu'alors eDdormi oM caché, qu'Indra a apporté la richesse à Vimada, I, 51, 3. Lé ■ dormeur s qui d'après le vers 3 de Thymoe VIII, 61, est saisi avec la langue pourrait bien être le Soma caché. Les formules bizarres abondent dans le Qiéme hymne.

2. Il l'appelle encore le c cuit >, cf. plus bas, p. 83. L'incohérence des images a été relevée dans l'article cité p. 124. On remarquera que notre taterprétation du mot sasa est ici conforme à celle du Nirukta, 5, 3.

79, 4; 101, 11 et 16, cf. I, 28, 9; IX, 65, 25; 70, 7, et qui quelquefois est appelée elle-même une vache, X, 116, 4, cf. IX, 12, 3. La « peau » que le vers I, 79, 3, place dans le séjour de a l'inférieur » s'oppose naturellement à la « peau suprême » où a été déposé Âgni, I, 145, 5. Il est clair d'ailleurs que cette peau « suprême » ou plus généralement que (( la peau, Tenveloppe » peut être non seulement le nuage ou le ciel visible, mais le monde invisible. C'est ce dernier sans doute qui est appelé au vers IV, 17, 14, le « fond » de la peau », et qui reçoit dans notre formule le nom de « peau du dormeur ». Signalons aussi comme une autre ressemblance du mythe des Ribhus avec celui qui nous occupe, la peau dont ces sacrificateurs divins font sortir une vache, I, 110, 8; 161, 7; III, 60, 2, pour la réunir, comme nous l'avons dit déjà, à son veau, c'est-à-dire à la forme terrestre du mâle,

Les quatre formules a place de la vache, place de l'oiseau, sommet de la tromperie ou de la trompeuse, peau du dormeur » , que nous avons vues réunies deux à deux ou trois à trois dans plusieurs passages, le sont toutes les quatre, la troisième sous la forme de « sommet de la rup », dans les vers 7, 8 et 10 de Thymne IV, 5, et dans le dernier, la « place de la vache » est en même temps appelée la « place suprênoie de la mère ». Au vers 7 la « peau du dormeur » paraît être nommée en même temps « la peau » (l'enveloppe) « de Priçni », c'est-à-dire d'une forme particulière de la vache céleste que nous retrouverons dans le mythe des Maruts. Tout ce passage, IV, 5, 7-12, me paraît mettre hors de doute à la fois l'équivalence des quatre formules et l'idée de mystère* qui s'y attache.

Certains emplois des mots signifiant « tête », mûrdhan^ çircis, çirshan, paraissent rentrer dans le même ordre d'idées. Remarquons d'abord les expressions « tête du monde », « tête de l'univers », désignant le lieu où se tient l'Agni céleste, X, 88, 5, et d'où les prêtres l'ont fait sortir ^ VI, 16, 13. La « tête » des « parents », c'est-à-dire du ciel et de la terre, qu'Agni a ce saisie », X, 8, 3, est aussi le sommet de l'univers, aussi bien que lalête, non autrement désignée, dont il

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