Sur les trois teires, cf. I, 108, 9 et
brassent tous les êtres, qu'ils composent ensemble Tnnivers. Nous verrons toutefois, dans la section suivante» qu'un septième monde mystérieux a été ajouté aces six urvt, X, 14, 16, ainsi qu'aux six rajas j I, 164, 6. Car le mot rajas, nom de Tatmosphère confondu avec le ciel, que nous avons vu plus haut désigner le ciel et la terre, peut désigner aussi les trois ciels et les trois terres *.
Le nombre de neuf mondes n'est nulle part expressément indiqué. Mais il est naturellement donné par la divisioa de chacun des trois mondes en trois parties, et il paraît supposé, comme nous le verrons dans la troisième section, par certains emplois du nombre neuf analogues a ceux qui expriment, dans différents systèmes, l'ensemble des divisipns de Tunivers.
Les <( vingt et une places » qu'Âgni embrasse dans son immensité, I, 72, 6, paraissent bien être vingt et un mondes, et la même interprétation est possible pour les « trois fois sept plateaux » du vers VIII, 85, 2. La littérature postérieure connaît vingt et un mondes, à savoir : sept ciels, sept terres et sept enfers. Mais, selon toute vraisemblance, le nombre de vingt et un mondes aura été obtenu d'abord comme celui de six mondes par la combinaison de deux systèmes de division de l'univers. Â chacun des trois mondes* de la division ternaire aura été appliquée une division septénaire dont Texistence peut d'ailleurs être directement prouvée. Elle le sera dans la section suivante par plusieurs formules, I, 164, 6 et 7 ; VIII, 41, 9; X, 14, 16, où le nombre sept apparaîtra comme formé par l'addition d'un septième monde aux trois terres et aux trois ciels. Nous verrons de plus, dans la troisième section, qu'elle est impliquée par la plupart des emplois du nombre
1 . Au vers VIII, 41, 9, les six mondes, auxquels s'ajoute également un septième monde, sont expressément classés en deux groupes comprenant, Tun trois terres, Tautre trois mondes supérieurs* Le rapprochement de ces trois passages, sur lesquels nous reviendrons dans la section suÎTante, suffirait pour écarter, du moins au vers X, 14, 16, le sens de a points cardinaux » que M- Rolh donne à la formule shad urvih. Si elle a réellement eu ce sens, si elle a désigné les quatre points cardinaux, plus le zénith et le nadir, c^est sans doute par une application secondaire comme ceUes que le dictionnaire de Pétersbourg relève dans les Bràhmanas (ciel et terre, jour et nuit, eaux et plantes). En tout cas, les vers de TAtharva-Veda cités par M. Roth ne sont pas en faveur de son interprétation. Le vers IX, 2, 11, où les six ttrvf figurent à côté des quatre points cardinaux, pradiçah (cf. R. V. II, 13, 10, les six vishiir et les cinq points cardinaux), montre bien qu'aux Ters X, 7, 35 et Xin, 3, 1, le mot pradiçah. doit être séparé de urvih.
2. Au vers IX, 114^ S, les « sept régions ayant des soleils divers » sont probablement sept ciels.
sept, et avant tout, par les formules concernant les sept places d'Agni, X, 8, 4, cf. IV, 5, 6, les sept places de la nourriture, VIII, 61, 16, les sept assemblées, VIII, 81, 20, et les sept races, les sept collines que Soma franchit en s'élevant au ciel, IX, 54, 2, les sept collines sur lesquelles s*étend le serpent, IV, 19, 3, et les sept forteresses où ce démon retient les eaux, etc.
Ainsi, chacun des nombres de six, de neuf, de viugt et un mondes, est le produit de deux facteurs donnés par deux systèmes différents de division, appliqués d'abord à l'univers entier.
SECTION II