‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 79 sur 417 · Voir plus haut^ p · texte numérisé non relu

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2. C'est peut-être par une allusion à la même division deTunivers que doit être expliquée la formule étrange du vers IV, 45, 1. On verra plus tard que le char des Açvins semble quelquefois égaler Tunivers en grandeur. D*autre part, on sait déjà que les mondes ont été représentés comme des cavales. Il se peut donc que les « trois paires de chevaux » placées a dans ce char » représentent les six mondes. L' « outre pleine de liqueur » qui s'ajoute comme a quatrième » à ces trois paires de chevaux, et par conséquent comme septième au nombre de six mondes, serait le monde iuvisible.

3. Les nombres exprimant des divisions de la durée sont quelquefois soumis à une opération analogue. L'unité ajoutée exprime alors le moment décisif. Elle correspond à Punité exprimant le monde suprême, à peu près comme Texpression pdrye ahan correspond à celle de pûrvye vyoman, avec laquelle elle peut même se confondre sous la forme pârye divù grâce au double sens de chacun des mots pârya et dyu (voir Grassmann, s. v.). C'est ainsi que la dernière année passée par Urvaçi auprès de Purûravaa est la « quatrième t, X, 95, 16, celle qui suit le nombre mythologique de trois années (voir plus haut, p. 117, note 2], et que le jour du sauvetage de Rebha est le c dixième », succédant aux neuf jours et aux neuf nuits (et à lu dixième nuit), 1, 116, 24 {ibid,, p. il 8, en note).

SECTION m

RAPPORTS DES DIFFERENTS NOMBRES MYTHOLOGIQUES AVEC LES DIVISIONS DE L'eSPACE

n est maintenant établi que l'univers a été divisé par les /Kshis en six, sept, neuf ou vingt et un , aussi bien qu'en deux ou trois mondes, et en cinq, aussi bien qu*en quatre régions cardinales. Reste à prouver que dans les diverses formules mythologiques où figurent les mêmes nombres, la signification de ces nombres peut et doit, le plus souvent, être cherchée dans ane allusion aux différents systèmes de division de Tunivers . Mais, avant d'entreprendre cette démonstration, j*ai à prévenir des malentendus possibles sur la portée que j'entends donner à ma théorie et à indiquer dans quelle mesure l'application m'en semble légitime.

D'abord, il faut remarquer qu'en regard des nombres mythologiques correspondant aux divisions de l'espace, on en rencontre aussi dans les hymnes védiques qui correspondent aux divisions de la durée ^ Tels sont le nombre douze qui est celui des mois de l'année, I, 25, 8 ; VII, 103, 9, et le nombre trente, qui est celui des jours du mois. Au vers III, 55, 18, les chevaux attelés sur six rangs, cinq par cinq, sont sans doute ces trente jours. Dans l'hymne I, 164, qui nous a fourni déjà, et qui nous fournira encore plusieurs textes des plus significatifs sur le rapport des nombres mythologiques avec les parties de l'univers, et dans un vers même (12) où figurent plusieurs nombres donnés parles divisions de l'espace, les « douze formes » du père mystérieux ne peuvent éveiller d'autre idée que celle des douze mois. Il en est de même des « douze rayons » de la roue de la Loi, mentionnés dans le vers précédent, avec 720 fils réunis par couples, qui sont les 360 jours et les 360 nuits de l'année. Le même produit de 30 par 12 86 retrouve au vers 48 dans les 360 chevilles mentionnées avec

1. Les dix doigts du sacrificateur ont aussi fourni à la mythologie yédique QD nombre dont nous aTons plusieurs fois déjà signalé Pusage dans les formules concernant Agni ou Soma. D*auires nombres ont pu être empruntés ^la métrique. C*est ainsi que les vaches à « huit pieds », II, 7, 5, nous ont psni être des prières composées depâdas de huit syllabes.

BiROAiGNB, La Beligion védique, II . y

— isoles douze jantes représentant les douze mois. Quant aux trois moyeux de la roue unique, dont il est question dans le même vers, cf. 2, on ne peut affirmer qu'ils représentent les trois saisons de l'année indienne : les nombres empruntés aux divisions de l'espace figurent en e£fet souvent dans Thymne 1, 164, à côté d'autres nombres empruntés aux divisions de la durée. Mais on ne saurait non plus nier à priori la légitimité d'une interprétation du nombre trois par le nombre des saisons. Ce même nombre pouvait être aussi donné par la division du jour en trois parties, le matin, le midi et le soir, auxquelles correspondent les trois savana ou les trois pressurages du SomaS comme le nombre deux pouvait l'être par l'opposition du jour ou de l'aurore et de la nuit.

D'autre part, on ne pourrait, sans méconnaître le caractère propre des nombres consacrés, prétendre que ceux qui les emploient entendent toujours en faire une application précise. Je ne crois pas, à la vérité, qu'on en apprécie suffisamment la valeur quand on les considère uniquement comme l'expression d'une a pluralité indéterminée ». Il serait plus exact, comme j'espère le montrer plus loin, de dire qu'ils sont l'expression d'une « totalité », qu'ils désignent les groupes formés de tous les êtres ou de tous les objets de même nature. Mais je ne ferai aucune difficulté d'admettre qu'ils ont pu être employés souvent sans allusion directe à une formation systématique de ces groupes.

Je vais plus loin, et j'admets que les nombres trois et sept, par exemple, qui ont une valeur mythologique chez les peuples les plus divers, ont pu, le second surtout*, n'être rattachés que par une adaptation secondaire aux principes particuliers de l'arithmétique mythologique du Aig-Veda.

Est-ce à dire que nous n'ayons pas à nous occuper de ces principes? L'interprétation que les Aishis ont pu faire euxmêmes des nombres mythologiques usités dans leurs formules, lors même qu'elle ne nous en révélerait pas l'origine véritable^ ne garderait-elle pas son intérêt, je dirai plus, ne serait-elle pas le côté le plus intéressant de la question dans un livre consacré à l'étude des conceptions religieuses des Aishis?

D'un autre côté, l'usage en quelque sorte mécanique qui a pu être fait souvent de ces nombres ôte-t-il leur importance,

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