Voir le paragraphe suivant
3. Probablement aux trois sacrifices du matin, de midi et du soir. Voir plus bas.
mâle : sous l’autre (de ses formes, dans l’autre de ses naissances), il s’empare des arbres, lui qui est fort. »
Le feu terrestre est le seul qui soit toujours présent, qui « n’émigre pas » ( aproshivàn , VIII, 49, 19). Aussi le vers V, 2, 1 oppose-t-il à l’enfant que sa mère garde dans son sein, c’està-dire à l’Agni céleste, 1’ « aspect immuable » du feu que les hommes voient devant eux dans « le serviteur», c’est-àdire dans le feu du sacrifice. De là l’opposition des deux séjours d’Agni, l’un découvert, l’autre caché III, 55, 15b et au vers X, 79, 2 celle de sa tête cachée avec ses deux yeux (le soleil et la lune ? ou le soleil et l’éclair?) et de sa langue qui lui sert à dévorer le bois.
Signalons encore au vers VII, 30, 3 le rapprochement, à ce qu’il semble intentionnel, du feu du sacrifice, et de la clarté suprême qu’Indra fait briller dans les combats1 2.
La notion d’un Agni céleste a dû singulièrement favoriser la distinction d’un dieu du feu qu’on honore par le sacrifice, et d’un feu qui consomme ce sacrifice, distinction sur laquelle il est inutile d’insister, parce qu’elle se rencontre à chaque pas dans les hymnes. Contentons-nous de signaler quelques-uns des nombreux passages où Agni est invité au sacrifice, X, 98, 9, est prié de venir sur le même char que les dieux, VII, 11, 1, de s’asseoir avec eux sur le barhis ou gazon du sacrifice, III, 14,2; cf. VII, 11,2. Son suppliant cherche à l’attirer de sa demeure suprême, VIII, 11,7, d’où il descend vers les inférieurs, VIII, 64, 15. La distinction d’ailleurs laisse subsister l’identité d’essence et aussi la divinité, déjà reconnue, du feu qui consomme le sacrifice. Agni, comme le dit le vers VI, 11,2, offre le sacrifice à son « propre corps ».
Après le chiffre deux, et au delà du chiffre trois, nous aurions encore à signaler plusieurs nombres qui figurent tour à tour dans la notion du multiple Agni. Mais la valeur en sera mieux comprise plus loin dans l’étude d’ensemble que nous consacrerons aux nombres mythologiques. Les nombres supérieurs à trois seront pareillement réservés dans chacune
1. Cette opposition pourrait cependant, comme nous le verrons, s’entendre aussi dans un autre sens.
2. On peut comparer encore aux passages qui attribuent deux séjours ou deux formes à Agni, ceux beaucoup moins significatifs d’ailleurs, qui le présentent comme maître des richesses du ciel et de la terre, IV, 5, 11 ; VII, 6, 7 ; X, 91, 3, cf. III, 15, 6, ou de deux richesses, II, 9, 5.
des sections réservées aux divers éléments mâles et femelles, où l’on nous dispensera de répéter cette observation faite ici une fois pour toutes. Nous ne ferons d’exception, quand il y aura lieu, que pour le nombre quatre, en tant qu’il s’applique aux points cardinaux. C’est sans doute vers ces quatre points que sont dirigés les quatre yeux d’Agni I, 31, 13 qui, selon l’observation déjà faite plus haut, fait face de tous côtés 1 2.