‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-Véda (volume 3)Chapitre 23 sur 81 · Voir ci-après, p · texte numérisé non relu

Voir ci-après, p

3. Ce n’est pourtant pas une raison de le prendre dans cet exemple unique au sens collectif, comme le veulent MM. Roth et Grassmann.

4. La distinction faite par les mêmes auteurs de deux Mâtariçvan est tout à fait arbitraire.

une énumération de pitris, avec les Awgiras et les Atharvans, X, 14, 6\ Dans les énumérations d’ancêtres des vers VIII, 43, 13; 91, 4, le composé bhviguvat peut être interprété « comme les Bhrigus » ou « comme Bhrigu ». En somme, les Bhrigus forment à côté de Bhrigu, le chef de la race, un groupe d’ancêtres analogue à ceux que forment les Angiras à côté d’Awgiras, et, dans certains cas, les Vasish- <has à côté de Vasish<ha.

Or, le mot mâlariçvan est, dans le /Îig-Veda, un nom du feu. Nous le voyons expressément attribué à Agni, III, 5, 9 ; 26, 2, particulièrement dans un passage déjà cité, I, 96, 4, où Agni est conçu comme chef de race. Le même nom est compris au vers I, 164, 46 avec celui d’Agni parmi les appellations diverses que les prêtres ont employées, « divisant ainsi par la parole l’être qui est en réalité unique1 2 ». Il l’est encore au vers III, 29, 11, parmi les divers noms d’Agni dont le poëte précise l’application ou donne même l’étymologie. C’est le dernier cas pour le nôtre qui est ainsi expliqué : « II (Agni) est appelé Mâtariçvan parce que (ou quand) il s’est formé dans sa mère3. » Nous avons déjà fait observer que le mot mâtariçvan est devenu plus tard un nom du vent, mais que cette acception paraît étrangère aux hymnes, quoique le vers même qui vient d’être cité indique peut-être la transition de l’idée du feu à celle du vent dans son dernier pâda : « Il est devenu dans sa course l’essor du vent. » Au vers I, 190, 2, Mâtariçvan semble une transformation de Brihaspati, divinité dont nous constaterons les affinités avec Agni. Il est nommé au vers X, 109, 1, en compagnie de la mer et des eaux, cf. X, 85, 47, ce qui suggère naturellement l’idée de l’Agni des eaux. Il n’est pas aisé de décider s’il figure aux vers IX, 67, 31 ; X, 88,19; 114, 1, comme représentant le feu, ou simplement comme ancien rishi. Quoi qu’il en soit, les citations précédentes suffisent pour nous permettre de l’ajouter à la liste des personnages qui prennent tour à tour l’un et l’autre caractère. — Pour Bhrigu l’identification avec Agni n’est pas formelle dans le /hg-Veda. Mais le sens étymologique du mot, à savoir « étincelant », l’application à Agni d’une épithète de même étymologie,

1. Au vers VII, 18, 6 le rôle des Bhrigus n’est pas très-facile à déterminer.

Page 1