Voir chapitre IV
bhvigavâna, I, 71, 4; IV, 7, 4, et surtout les analogies mythologiques ne permettent guère de douter qu’il n’ait été aussi primitivement un nom du feu. La troupe des Bhrigus prend d’ailleurs elle-même le caractère divin aux vers VIII, 35, 3 ; X, 122, 5, où elle est mise en parallèle avec les Maruts, et même avec les trente-trois dieux, ce qui permet peut-être, dans le vers X, 92, 10, d’attribuer directement aux Bhrigus le nom de dieux.
Mais si l’idée d’un ou de plusieurs anciens prêtres et celle de l’élément du feu ont été confondues sous les noms de Bhrigu ou des Bhrigus et de Mâtariçvan, on les retrouve aussi distinguées et même opposées dans les légendes où figurent ces noms. Et ici il ne s’agit plus seulement de quelques traits semblables à ceux que nous avons relevés dans les personnages déjà étudiés : « Nous t’invoquons, ô Agni, comme Bhrigu, ou comme les Bhrigus, bhriguval », VIII, 43, 13; 91, 4. C’est aux Bhrigus et à Mâtariçvan qu’est rapportée de préférence l’opération par laquelle le feu a été communiqué aux hommes. Ils sont nommés ensemble au vers X, 46, 9 avec Tvashtri, avec les dieux, avec le ciel, la terre et les eaux, comme ayant engendré Agni pour Manu, ou pour l’homme. Les Bhrigus l’ont fait briller en le louant, X, 122,5, ils l’ont, ainsi qu’Apnavâna, cf. VIII, 91, 4, fait briller sur le bois et dans les différentes races, IV, 7, 1. Ils l’ont établi chez les hommes, I, 58, 6 ; cf. VI, 15, 2, sur le nombril de la terre et du monde (l'autel1), I, 143, 4, et Agni est appelé le don des Bhrigus, III, 2, 4. De même Mâtariçvan a par la friction produit le feu, I, 148, 1, le feu qui était caché, I, 141, 3, et bien qu’au vers I, 71, 4 ,où la même œuvre lui est attribuée, il reçoive l’épithète vibhvita « distribué en divers lieux », d’ordinaire appliquée à Agni luimême, et rappelant l’assimilation du prêtre et du feu, la distinction de l’un et de l’autre n’en est pas moins imposée par le texte même où se rencontre cette trace de la confusion. Toutes les citations qui précèdent pourraient s’entendre à la rigueur de la production du feu sur la terre, par le frottement de deux arams réels. Mais au vers III, 9, 5, il est dit en propres termes que le feu caché, et produit par la friction, a été tiré par Mâtariçvan « d’un lieu éloigné », tiré « des dieux ». Mâtariçvan a reçu le feu qui avait son séjour