‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-Véda (volume 3)Chapitre 29 sur 81 · Kutsa et Atithigva · texte numérisé non relu

Kutsa et Atithigva

Ayu est compris dans des énumérations de noms propres aux vers X, 49, 5, et Vâl. 4, 1, dans le second exemple encore avec Manu. Agni est d’ailleurs lui-même le premier Ayu que les dieux ont fait pour Ayu, I, 31, 11. Dans le vers I, 96, 2, d’après lequel Agni a engendré les races des hommes selon l’enseignement et la sagesse antique d’Ayu, il s’agit encore d’un autre Ayu, probablement de l’Ayu céleste dont il a été parlé plus haut.

Je n’entends pas nier que le mot âyu ne puisse aussi dans l’avant-dernière citation suggérer l’idée de l’homme en général, ni que la même interprétation ne soit susceptible d’être appliquée à plusieurs autres passages d’après lesquels Agni a brillé pour Ayu, VII, 4, 3, est déposé en divers lieux pour Ayu, I, 31 , 2, etc. cf. II, 2, 8 ; V, 7, 6, ou encore à la formule çamsam âyoh. « objet de la louange d’Ayu », IV, 6, 11 ; V, 3, 4, qui s’emploie en parlant d’Agni (cf. Narâçamsa). Il est même certain que notre terme désigne quelquefois l’bomme actuel, I „1 14, 8 ; II, 20, 4; cf. III, 60, 7. Je crois seulement que dans tous ses emplois il rappelle aux poètes védiques un mythe d’Ayu ancêtre de la race humaine, dont le nom est devenu celui de tous les hommes. C’est ce qui dans levers I, 31, 11, très-favorable à cette manière de voir, justifierait la traduction: « Les dieux t’ont fait, ô Agni, premier Ayu pour Ayu » ou « pour l’Ayu. » Au vers II, 20, 4 aussi, l’expression « Ayu actuel » suggère assez naturellement l’idée de l’antique Ayu, de l’Ayu chef de la race.

Les races d’Ayu sont aussi désignées par le pluriel du mot âyu, I, 58, 3, et les Ayus, d’ailleurs toujours1 considérés dans l’accomplissement de leurs fonctions de sacrificateurs, I, 139, 3, et surtout de préparateurs du Soma, IX, 15, 7; 16, 8; 19, 3 ; 57, 3; 64, 23; 66, 23; 107, 17 (cf. l’épithète de Soma, àyushac), sont, quelquefois au moins, des prêtres actuels ; par exemple, au vers VIII, 3, 8; cf. 16, d’après lequel ils louent Indra « à la manière ancienne». Ils semblent au contraire, aux vers I, 130, 6; II, 31, 7; VIII, 12, 13, des prêtres d’autrefois, et paraissent, au vers I, 117, 25, opposés à ceux qui parlent, comme ayant proclamé les anciens exploits des Açvins. Ils sont eux-mêmes une fois, IX, 10, 6, expressément appelés « anciens2 ». Mais là ne se bornent

1. Même au vers VI, 14, 3, le mot vrataih. renferme une allusion suffisante au culte.

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