Le verbe n’en est pas moins au présent
pas les emplois du mot âyu au pluriel. Les Ayus, quoiqu’ils semblent opposés aux dieux dans le vers VIII, 39, 10, cf. I, 135, 2 ; III, 59, 9; IX, 62, 20 *, et que, dans un passage où ils figurent comme allumant le feu, I, 60, 3 ; cf. X, 7, 5 ; 46, 8, ils soient appelés des prêtres humains, sont aussi conçus comme des sacrificateurs célestes. Nous retrouverons les passages relatifs à la préparation du Sonia dans le ciel, IX, 63, 17 ; 86, 25; cf. 62, 13 et V, 43, 14. Mais nous pouvons citer, dès maintenant, le vers IV, 7, 4, d’après lequel les Ayus ont apporté aux différentes races le feu, qualifié de bhvigavàna comme pour mieux rappeler le mythe des Blingus, auxquels ils se trouvent en effet assimilés ici. Les Ayus sont donc devenus les héros d’un mythe, et leur nom, lors même qu’il aurait été dès l’origine directement appliqué aux hommes en général, n’aurait en tout cas pris sa valeur mythologique que par suite de l’application qui en avait été faite, non moins directement, à Agni.
Du reste, la question d’antériorité que soulèvent les deux sens des mots désignant tantôt la race humaine, tantôt l’ancêtre mythique de cette race, va être discutée dans sa généralité à propos du nom de Manu.
Ce nom se rencontre sous les deux formes manu (paroxyton ou oxyton) et manus , d’où sont tirés les dérivés mânava, manushya , mânmha, noms ordinaires de la race humaine. Les formes simples elles-mêmes peuvent désigner l’homme, non pas dans la langue sanscrite classique, mais du moins dans le /?ig-Veda, quoiqu’à mon avis beaucoup plus rarement qu’on ne l’a admis jusqu’ici. Mais elles désignent aussi, exclusivement dans la littérature postérieure, quelquefois du consentement général, et, selon moi, de beaucoup le plus souvent dans les hymnes, un ancêtre de la race humaine, et le plus célèbre de tous. Laquelle de ces deux acceptions est antérieure à l’autre? Il ne faudrait pas se hâter de répondre que le sens d’ « homme », étant exclusivement védique, doit être le plus ancien. On s’expliquerait parfaitement en effet dans l’hypothèse inverse qu’un dérivé en quelque sorte virtuel, comme le simple manu dans le sens de fils de Manu, eût cédé la
1. Dans ces derniers, il se pourrait aussi qu’ils fussent au contraire confondus avec eux. Cf. le vers V, 60, 8, où le pluriel du mot âyu figure comme un nom, ou au moins comme une épithète des Maruts, et le vers VIII, 3, 7, où il est construit parallèlement aux noms des Rudras et des fiibhus.
place, dans une langue moins libre, aux dérivés réels. La question n’est pas davantage tranchée par la comparaison des langues germaniques dont le mot congénère, en gothique manna « homme », paraît être d’ailleurs un dérivé. Il résulte en effet du rapprochement des mythes grecs de Minos et de Minyas, dû à M. Kuhn ( Herabkunft des Feuers), que les Indo-Européens reconnaissaient déjà, avant leur séparation, un ancêtre dont le nom était identique ou étroitement apparenté à celui de Manu, et on comprend très-bien que les Germains aient perdu le nom propre en gardant seulement le nom commun dérivé, tandis que les Grecs, au contraire, ont conservé le nom propre, sans que leur langue présente aucune trace du nom commun. En somme, le nom commun, d’après le témoignage des langues germaniques, et le nom propre, d’après celui de la mythologie grecque, appartenaient aux Indo-Européens comme aux Aryas védiques. La solution cherchée ne pouvant donc être fournie par ces rapprochements, dépendra des principes d’après lesquels on restituera l’histoire conjecturale de l’esprit humain à ses origines, ou tout au moins de l’idée générale qu’on se fera du développement de la mythologie indo-européenne.
Or, ceux qui dans les formes manu, manus regardent le sens d’ « homme » comme le sens primitif , supposent par cela même que l’idée abstraite de la race s’est transformée en l’idée concrète d’un individu, auteur de la race. Cette explication séduit d’abord par son extrême simplicité, mais elle pourra aussi mettre en défiance ceux qui croiront avec moi que la simplicité en ces matières, étant tout à fait relative au point de vue où l’on se trouve placé, n’existe guère pour nous que dans les solutions préconçues, ou du moins plus conformes à nos propres habitudes de pensée qu’à celles des hommes primitifs. Pour nous modernes, c’est encore trop dire, pour nous lettrés, la principale source d’un courant mythologique toujours puissant, et auquel personne ne résiste entièrement, est la réalisation des abstractions. Mais ceux-là mêmes qui attribuent une origine semblable au mythe de Manu conçoivent d’ordinaire dans un tout autre esprit la formation de la mythologie indo-européenne primitive, où ce myihe se trouverait ainsi à peu près seul de son espèce. Leur solution peut, il est vrai, être rattachée au système de la formation des nythes par la maladie du langage. Après avoir tiré du mot manu « homme » un dérivé mànava signi-
fiant « fils du manu, de l’homme », et désignant pareillement les hommes, on se serait laissé prendre au piège tendu par cette formule, dont le sens se serait alors transformé en celui de « fils de Manu ». Mais la théorie de M. Max Müller à laquelle je fais allusion, si elle trouve ses applications dans l’altération des mythes primitifs, paraît tout à fait insuffisante pour expliquer la formation de ces mythes euxmêmes. Elle impliquerait d’ailleurs dans le cas présent l’oubli du sens primitif, ou supposé tel, du mot manu, manus, qui précisément se rencontre, dans le /Îig-Veda, à côté des emplois du même mot comme nom propre.
Cette coexistence des deux sens est au contraire un argument assez fort en faveur de la solution inverse, d’après laquelle l’homme n’aurait reçu le nom de manu qu’en qualité de fils de Manu. Mais quel aurait été ce Manu? Car la question de l’origine du mythe est ainsi seulement reculée. Il sera légitime d’emprunter la solution nouvelle à l’analogie des mythes précédemment étudiés, mythes védiques, mais dont le principe, à savoir l’origine ignée de la race humaine, est certainement indo-européen (Kuhn, Herabkunft). Comme différents noms du feu sont devenus les noms de différentes familles sacerdotales, un autre nom du même élément serait., par une application plus générale, devenu le nom de la race humaine tout entière. Par son étymologie que nous avons jusqu’ici passée sous silence, ce nom convenait au feu, au moins aussi bien qu’à l’homme en général. Ceux qui, croyant que la signification étymologique du mot manu a été « celui qui pense », en concluraient qu’il était ainsi nécessairement appelé à exprimer l’idée d’humanité, subiraient une illusion du même genre que celle que j’ai signalée plus haut. En réalité, une idée aussi abstraite que celle d’ « animal raisonnable », n’a pu être conçue dans une période antérieure à la formation du mythe indo-européen de Manu. Le mot manu ne signifiait pas « celui qui pense », mais « celui qui pense bien, le sage, l’avisé ». En vertu de ce sens, il pouvait, mais ne devait pas nécessairement être appliqué à la désignation de la race humaine. Je ne veux pas nier d’ailleurs qu’il ne l’ait été en effet, et penche même vers une solution mixte analogue à celle que j’ai proposée déjà pour le mot àyu. Mais j’insiste avant tout sur cette idée que notre mot a dû, non moins directement, désigner le feu, comme le sage par excellence, et que cette explication est la seule que l’ana-
logie suggère pour le mythe de Manu, ancêtre de la race humaine.
J’ajoute que dans le /?ig-Veda, et il est temps enfin, en rentrant dans les limites où nous nous renfermons d’ordinaire, de reprendre pied sur ce terrain plus solide, nous avons le droit de croire que le terme manu, manus, quelles qu’en aient été les applications primitives, n’est employé dans le sens d’« homme » que par allusion au mythe de Manu J’ai dit déjà que cette acception m’y semblait beaucoup moins fréquente qu’on ne l’admet généralement. Il est clair que l’opinion de l’interprète sur la question débattue plus haut ne peut manquer d’exercer son influence dans les cas douteux. Mais il me semble que celle de MM. Roth et Grassmann les a entraînés beaucoup plus loin dans l’extension qu’ils ont donnée à l’usage du nom commun, et que leur interprétation peut être souvent combattue par des raisons purement philologiques.
C’est certainement Manu qui, d’après le vers X, 63, 7, a sacrifié la première offrande, et qui est nommé avec d’autres anciens sacrificateurs comme ayant allumé, X, 69, 3, le poëte aurait pu dire aussi bien « institué, dhâ » Agni. Dès lors, pourquoi chercher le sens d’« homme » dans le composé manurhita , et dans la formule « le sacrificateur établi par Manu1 » où il entre d’ordinaire, formule appliquée à Agni, I, 13, 4; 14, 11 ; III, 2, 15; YI, 16, 9; VIII, 19, 24; cf. 21, ou le désignant à elle seule, VIII, 34, 82? Même observation pour la formule « sacrificateur de Manu », pareillement appliquée à Agni, II, 18, 2; III, 2, 1 ; 3, 2 ; IV, 6, 11 ;
V, 3, 4 ; VI, 15, 4 ; VII, 8, 2; cf. I, 128, 1 ; VIII, 61, 23, ou le désignant, I, 180, 9; VII, 73, 24. «Les feux de Manu »,
VI, 10, 2; cf. II, 10, 1, rappellent encore le même mythe,
1. M. Roth avait voulu réserver à la forme manu la valeur de nom propre; mais M. Grassmann a renoncé à une distinction que rien ne justifie. Dans le cas présent, ce dernier hésite entre les deux sens. M. Roth s’arrête à celui d’ « utile à l’homme a.
2. Sur l’application de la même formule à Pûshan, X, 26, 5, voir la troisième partie.
3. Ici le mot a une autre accentuation dans la formule monâv adhi qui se retrouve aux vers IX, 63, 8; 65, 16 à propos du Soma coulant chez Manu. Dans le dernier exemple pourtant, l’emploi d’un verbe au présent semblerait exiger l’interprétation par le nom commun ; mais il y a d’autres exemples du présent pour le passé.
4. Cf. au vers IX, 72, 4, Soma accomplissant le sacrifice de Manus, et peut-être, IV, 1, 9, et X, 21, 7, où on pourrait rapporter manushah. comme génitif à yajimbandhuh et à r itvijam, au lieu d’en faire avec M. Grassmann un accusatif ou un nominatif pluriel.
Bergaigne, Religion védique.
ainsi que « les deux sacrificateurs de Manu », V, 5, 7, qu’on prie au vers X, 110, 7 d’offrir le sacrifice de Manu. Le sacrifice actuel est en effet lui-même la cérémonie de Manu, III, 26, 2 ; cf. V, 29, 1 , aussi bien que l’ancien, VI, 4, 1 , comme ayant été institué par Manu. « Les offrandes du prêtre Manu » avec lesquelles Agni a autrefois accompli le sacrifice, I, 76, 5, conservent encore le même nom, I, 36, 7 ; II, 2, 5 ; 6, 8 ; IV, 2, 1 ; X, 1 1 , 51. Le lieu où le sacrifice est actuellement célébré n’a-t-il pas pu être appelé aussi « demeure deManu», VII, 70, 2 ; VIII, 76, 2; X, 110, 1 ; cf. 104, 4, en souvenir du premier sacrificateur ? L’interprétation par le nom propre est en tout cas seule admissible dans la comparaison du sacrifice actuel à celui de Manu, que renferment deux des vers déjà cités, VI, 4, 1 ; I, 76, 5, et qui est couramment exprimée par le composé manmhvat. Agni est institué sacrificateur, I, 44, 11 ; 105, 13 et 14 ; cf. V, 21, 1, et il est allumé, VIII, 43, 27 par les prêtres actuels comme il l’a été par Manu; ces prêtres l’invoquent comme l'a invoqué Manu, VIII, 27, 7, et il accomplit le sacrifice pour eux comme il l’a accompli pour Manu, VII, 11, 3; cf. II, 5, 2; III, 17, 2. Au nom de Manu s’ajoutent dans les vers I, 31, 17; VIII, 43, 13, ceux d’autres anciens sacrificateurs, Angiras, Yayâti, Bhrigu2. Ce nom se trouve deux fois sous ses deux formes au vers VII, 2, 3 : « Honorons comme Manu (Manus) Agni qui a été allumé par Manu. » Le sacrifice de Manu est rappelé de même dans des vers adressés à Indra, III, 32, 5; à Indra et Varuna, VI, 68, 1 ; auxAçvins, I, 46, 13; X, 61, 15; aux Æibhus, IV, 34, 3 ; 37, 3, et aux trois déesses des hymnes Aprî, X, 70, 8 ; 110, 8. La formule manushvat est remplacée au vers II, 10, 6, par manuvat. Aux applications de ces deux formules, et aux autres exemples de comparaison déjà cités, il faut ajouter encore le vers VIII, 11,2 aux Açvins : « Comme vous avez arrosé le sacrifice pour Manu, ainsi écoutez le descendant de Kanva, » le vers IX, 96, 12à Soma: «Comme tu t’es purifié pour Manu...
1. Par une singulière inconséquence M. Grassmann, qui d’ailleurs dans tous ces passages prend le mot au sens d’homme, fait de manushah un nominatif pluriel, non-seulement au vers I, 36, 7, mais au vers II, 2, 5, suivi des vers 6 et 8 où il est oblige d’adopter une autre interprétation (la nôtre) pour une formule identique.
2. M. Roth paraît contester même pour ces passages l’interprétation par le nom propre. M. Grassmann partage, d’une façon selon moi tout à fait arbitraire, entre les deux sens, les nombreux emplois de la formule manushvat.
ainsi purifie-toi (pour nous) » , et enfin le vers I, 26, 4 : « . . . Que Varuna, Mitra, Aryaman, s’asseoient sur notre gazon sacré, comme ils se sont assis sur celui de Manu1. » Un poëte, en disant que ses hymnes sont adressés à Indra « comme autrefois », nomme Manu avec Atharvan et Dadhyanc parmi ceux qui ont « tendu » comme sur un métier cette prière qu’il continue à tisser, I, 80, 16. C’est par elle que Manu a triomphé de son ennemi Viçiçipra, V, 45, 6, et c’est elle qui, selon une conception que nous étudierons plus tard, est appelée son épouse, I, 167, 3. Cette institution de la prière par Manu, cf. VIII, 52, 1, nous rappelle l’institution d’Agni comme sacrificateur par le même personnage. Remarquons à ce propos que dans d’autres passages ce sont les dieux, I, 36, 10, c’est Mâtariçvan, I, 128, 2: X, 46, 9, c’est KâvyaUçanas, VIII, 23, 17, qui donnent le feu à Manu ou l’instituent sacrificateur pour Manu2. Mais ce n’est pas une raison de contester au mot manu sa valeur de nom propre, puisque Mâtariçvan, par exemple, apporte également le feu à Bhrigu 3 4.
Le composé manurhita, dans les deux seuls emplois qui en soient faits en dehors de la formule déjà citée, signifie « destiné, attribué de toute antiquité à Manu ». La preuve en est dans la comparaison du vers I, 106, 5 : « Nous te demandons, (ô Brihaspati !) les biens (çam yoh) que tu as attribués à Manu » avec le vers 1, 1 14, 2 : « Puissions-nous, ô Rudra ! obtenir sous ta conduite les biens (çam. i/o h) que Manu notre père a gagnés par le sacrifice», cf. II, 33, 13; et du vers VI, 70, 2 :« Versez chez nous (ô ciel et terre!) la semence qui a été attribuée à Manu », avec levers VII, 99, 3: « Vous avez été (ô ciel etterre !) pleins de trésors liquides, etc., pour Manu, », cf. VII, 100, 4; I, 181, 8. L’aurore a aussi brillé pour Manu, X, 11, 3, et plus généralement Manu a été un protégé des dieux, VII, 91, 1; VIII, 27, 4, auxquels il devait ses hommages, VII, 35, 15 ; VIII, 30,2; X,36, 101; cf. 1, 189, 7, et qu’il a contentés, X, 63, 1 ; de
1. M. Grassmann fait ici de manushah un nominatit pluriel; mais l’interprétation « comme des hommes » est bien invraisemblable.
2. Au vers IV , 26, 4 le Soma est pareillement apporté à Manu par l’oiseau.
3. Voir p. 56. Au vers VIII, 30, 3, cette formule adressée aux dieux: « Ne nous éloignez pas du chemin du père, du chemin de Manu (mûnava) », me paraît faire allusion également au sacrifice, dont le poëte craint de ne pas observer exactement les rites. Cf. X, 57, 1: « Puissions-nous ne pas nous écarter du chemin, ne pas nous écarter du sacrifice du Soma. s
4. Les formes à sens de participe futur passif yqja.tr a yajniya ne sont pas
Vishwu, VI, 49, 13, des Maruts, I, 166, 13. Indra a accompli ses différents exploits pour Manu, I, 130, 5; 8; 165, 8; II, 19, 4; 20, 7; III, 34, 4 ; IV, 28, 1; V, 31, 6; X, 43, 4 ; 8; 49, 9 ; X, 73, 7; cf. X, 76, 3, (pour Manus, I, 52, 8; V, 29, 3 ; X, 99, 7 ; 104, 8), dont il a bu le Soma, V, 29, 71. Il n’y a aucune raison d’interpréter ces formules autrement que celle, déjà citée, où la mention simultanée d’Ayu et de Manu comme protégés d’Indra, VIII, 15, 5, nous interdit évidemment de faire de manu un nom commun2. De même, en tant que favori des Açvins, Manu est non-seulement au vers 1, 112, 18 appelé un héros, mais encore au versl, 112, 16 compris dans une énumération avec Çayu et Atri. Enfin, comme protégé d’Agni, il est rapproché de Purûravas, I, 31, 4.
Quelle raison, sinon une opinion préconçue en faveur de l’antériorité du sens d’« homme », peut déterminer M. Grassmann à introduire ce sens dans les formules telles que « races, III, 3, 6, peuples, IV, 37, 1 ; VI, 14, 2 ; VIII, 23, 13, générations, VII, 9, 4, de Manu » ? Manu n’est-il pas expressément appelé Manu père, manush pilâ, I, 80, 16; 114, 2; II, 33, 13; VIII, 52, 1 ; cf. X, 100, 5 ? N’est-il pas compris dans l’énumération déjà citée des rishis par lesquels la race humaine se rattache à la race divine, I, 139, 9? Par une véritable inconséquence d’ailleurs, M. Grassmann admet aux vers I, 68, 7 et Vâl. I, 8, l’interprétation « descendant de Manu ». Levers X, 80, 6 distingue deux ancêtres des races humaines : Manus et Nahus3.
Il n’en est pas moins certain que le mot manu ou manus désigne aussi quelquefois l'homme, et l’homme actuel. On le rencontre construit non-seulement avec un présent, I, 140, 4 ; III, 57, 4 ; VIII, 22, 6 ; IX, 74, 5 4, ce qui ne serait pas toujours une raison décisive, mais avec un présent accompagné de l’adverbe adya « maintenant », VIII, 27, 21,
plus incompatibles avec l’idée du passé que le participe véritable là ya par exemple au vers I, 1, 2. Les « vénérables pour Manu» peuvent très-bien être ceux que Manu a vénérés.