Ct. IX, 65, 16 déjà cité p. 65, note
ou avec un subjonctif dans le sens de l’impératif ou du futur, V, 2, 12 ; X, 62, 11 ; cf. VIII, 27, 14 b II est même employé au pluriel, I, 96, 22 et avec un verbe, non-seulement au présent, X, 91, 9, mais à la première personne, VIII, 18, 22 : « Prolongez notre vie, ô Adityas ! à nous tous, hommes, fils de la mort3 4. » On comprend très-bien que les hommes aient pris quelquefois le nom de leur père Manu. Mais peut-être devrait-on, même alors, le traiter comme un nom propre, comme un nom de race qui se trouve être d’ailleurs celui de l’humanité tout entière. A l’appui de cette manière de voir je ne citerai pas levers X, 66, 12, où le pluriel manavah paraît ne pas même désigner la race, mais les suppliants assimilés chacun séparément à Manu : « Puissions-nous être à vos yeux des Manus pour la cérémonie, (pour l’accomplir comme lui. » C’est ainsi qu’au vers X, 62, 8 l’homme auquel est promise une nombreuse descendance, et qui doit croître comme une plante, ne reçoit sans doute le nom de manu que par allusion au père de tous les hommes. Mais je songe surtout à l’application qui est faite aux dieux mêmes du pluriel manavah., I, 89, 7 et du pluriel manushah, X, 63, 6. Elle est commentée par l’épithète manu-jâta « née de Manu » également attribuée à la race divine, I, 45, 1 i, et par le vers X, 53, 6, sur lequel nous allons revenir : « Deviens Manu, engendre la race divine. » Le pluriel des formes manu, manus ne comporte évidemment, quand il s’applique aux dieux, qu’une seule traduction : « fils de Manu ». N’est-ce pas une assez bonne raison pour traduire de même tant le singulier que le pluriel de ces formes, quand il s’applique aux hommes ? Les hommes restent d’ailleurs les descendants de Manu par excellence. Aussi les races de Manu sont-elles dans le vers III, 3, 6 opposées aux dieux, comme Manu l’est lui-même au vers III, 60, 6 ; X, 104, 8, à moins que le mot manu n’y désigne l’homme en général.
Il semble d’ailleurs que le mot manu ou manus, quand il désigne une race, s’applique moins à l'humanité entière qu’au peuple des Aryas. C’est du moins l’idée que suggèrent assez
1. Il est probable aussi que notre mot signifie a homme » au vers X, 25 8, « plus savant que l’homme » (de Soma).