Cf. plus haut p
passages où il est dit simplement qu’il va vers les dieux, VII, 39, 1 ; X, 6, 4; cf. III, 1, 17.
Agni parcourt donc dans les deux sens, il remonte, X, 98, 11, comme il descend, VII, 7, 21 ces chemins qu’il connaît si bien, VI, 16, 3, ces chemins des dieux, I, 72, 7, à l’entrée desquels restent les mortels qui accomplissentle sacrifice, X, 2,3. Il les parcourt en messager, I, 72, 7. Il visite en messager toutes les demeures, IV, 1, 8. Il sert de messager entre les deux mondes, III, 3, 2 ; IV, 7,8; VII, 2, 3 ; cf. III, 5, 9 ; 6, 5, entre les deux races, IV, 2, 2; cf. VI, 15, 9, entre les deux assemblées, VIII, 39, 1, ou comme le dit en propres termes le vers, IV, 2, 3, entre les dieux et les hommes. Messager des dieux2, VI, 15, 9, il est apparemment conçu comme descendant sur la terre. Messager antique de Vivasvat, VIII, 39, 3, il reçoit l’épithète déjà citée bhrigavâna au vers, IV, 7, 4 qui le représente apporté par les Ayus, remplaçant là les Bhrigus, aux différentes races. Mais il se charge aussi et surtout des messages de l’homme, IV, 9, 6 ; X, 70, 3, qui les lui confie, parce qu’il connaît le séjour mystérieux du ciel, IV, 7, 8; 8, 2; 4. Car il doit y aller chercher les dieux pour les amener au sacrifice, IV, 8, 2; 4; cf. I, 12, 3 et 4, en sorte quel’idée de la descente des dieux sur la terre n’exclut pas celle d’une ascension préalable d’Agni. Si d’ailleurs la descente d’Agni sur le gazon du sacrifice, et en compagnie des dieux, est purement imaginaire et suppose même la conception d’un Agni distinct du feu matériel 3 4, l’idée de l’ascension repose au contraire, comme nous l’avons remarqué, sur une observation réelle. Aux vers déjà cités comme formulant cette observation nous ajouterons les suivants, où Agni reçoit en même temps son titre de messager qui y garde ainsi un sens naturaliste, VII, 3,3: « A peine es-tu né \ ô puissant Agni, qu’en s’allumant, tes flammes immortelles s’élèvent; ta fumée brillante monte vers le ciel; tu vas, ô Agni, trouver les dieux en qualité de messager » ; I, 36, 3 : « Nous te choisissons pour messager et pour sacrificateur, toi qui connais tout ; tu
1. Ne serait-ce pas à ce double voyage que ferait allusion la formule udvato nivato yâti: « il part de la montagne et de la vallée, » III, 2, 10 ; X, 142, 42. Cf. X, 142, 2: « Le penchant de la montagne, ô Agni, est le lieu de ta naissance. »
2. Le vent, dont nous signalerons les rapports avec Agni, à mesure que l’occasion s'en présentera, est aussi appelé le messager des dieux, X, 137, 3.