Nous retrouverons ce dernier vers à propos de Varuna
Mais là même où le verbe est au présent ou à l’impératif, les prières de Yivasvat qui excitent Soma, IX., 99, 2; cf. IX, 26, 4 ; 66, 8, ou dont Indra est invité à « s’enivrer », VIII, 6, 39, peuvent être de même que les offrandes de Manus, dont il a été question plus haut, celles dont l’institution remonte, par une tradition ininterrompue, au premier sacrificateur. Et en effet, nous lisons au vers I, 139, 1, que la prière « nouvelle » est rattachée à Vivasvat comme à son « nombril », c’està-dire, selon l’explication présentée plus haut de cette expression bizarre, comme à son point d’origine. De même les qualifications de « poète harmonieux», V, 11,3, ou de « messager », X, 21, 5, de messager « antique », VIII, 39, 3, de messager et de « sacrificateur», I, 58, 1, de Vivasvat, attribuées à Agni, celle de « séjour de Vivasvat », attribuée à la place du sacrifice, 1,53, 1 ; III, 34, 7; 51, 3; X, 75, 1, rappellent les locutions telles que « le sacrificateur de Manus, la demeure de Manus », et confirment l'interprétation que j’en ai proposée. Des biens « attribués à Manus » on peut aussi rapprocher a le lot de Vivasvat » que gagnent les Somas, IX,' 10, 5.
D’ailleurs, dans plusieurs des passages cités, l’emploi d’un verbe au passé permet de rapporter directement à Vivasvat le sacrifice dont il s’agit. Cette interprétation paraît nécessaire dans ceux où l’expression « les dix de Vivasvat », VIII, 61, 8, ou « les filles de Vivasvat », IX, 14, 5, désigne les doigts qui ont pressé le Soma. En qualité d’ancien sacrificateur, Vivasvat est un protégé d’Indra qui a déposé chez lui « un trésor », II, 13, 6. Il est nommé à côté de Mâtariçvan, comme le premier auquel le feu soit apparu, 1,31, 3 b et de même que Mâtariçvan, il peut être conçu comme opérant dans le ciel1 2. Ainsi au vers IV, 7, 4, le « messager de Vivasvat » est le feu apporté aux différentes races par les Ayus. Ailleurs, c’est Mâtariçvan apportant le feu du ciel qui reçoit lui-même la qualification de messager de Vivasvat, VI, 8, 4. Il n’y a là rien qui doive nous étonner. Agni, qui est le prototype de tous les sacrificateurs mythiques, n’a-t-il pas des formes célestes aussi bien qu’une forme terrestre? En fait, le mot vivasvat est devenu dans la littérature postérieure un nom du soleil.