‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-Véda (volume 3)Chapitre 41 sur 81 · Voir plus haut, p. 68, note · texte numérisé non relu

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3. On pourrait prétendre que cette expression désigna les pitris, les ancêtres tels qu’Atharvan et Uçanas Kâvya nommés dans le même vers ; mais la comparaison des mythes de Manu et de Vivasvat rend mon interprétation plus vraisemblable.

ficateur de Manus, le sacrificateur de Vivasvat », appliquées à Agni, paraît s’être ajoutée celle de « sacrificateur de Yama », X, 52, 3. Son caractère sacerdotal ressort encore des vers VII, 33, 9 et 12, d’après lesquels Vasishfha et les Vasishffias ont tissé la trame tendue par Yama. Telle est en effet la figure par laquelle les poètes védiques expriment ordinairement la succession ininterrompue des sacrifices1 2. Nous verrons plus loin, à propos du sacrifice céleste, que, même revêtu du caractère divin, X, 51, 1 et 2, Yama reste celui qui a trouvé le feuî, ibid. 3, à peu près comme Màtariçvan et les Bhrigus. L’analogie nous permettrait donc déjà de considérer Yama comme une personnification d’Agni luimême. Le nom de Yama est, d’ailleurs, non-seulement rapproché de ceux d’Agni et de Màtariçvan dans l’énumération des appellations diverses de l’être unique, I, 164, 46, mais directement appliqué à Agni3 4 5 dans le vers 8 de l’hymne I, 66, tout entier consacré aux louanges du feu : « Yama est ce qui est né1, Yama est ce qui doit naître; il est l’amant des filles et le mari des femmes. » On peut soutenir, il est vrai, que le mot yama est ici pris dans son sens étymologique ; mais il n’en restera pas moins intéressant de constater que le nom de notre personnage, comme celui de la plupart des anciens sacrificateurs déjà étudiés, se rencontre comme épithète du feu. L’analogie déjà invoquée en devient plus frappante.

Le sens étymologique du mot yama le rendait d’ailleurs très-propre à désigner Agni. Ce mot signifie « jumeau3 » et convenait parfaitement à Tune quelconque des formes du feu

1. Au vers I, 116, 2, le combat de Yama (si toutefois le mot est ici nom propre) est aussi vraisemblablement le sacrifice de Yama. Cf. le « combat de Vivasvat », IX, 66, 8.

2. Nous pourrons comparer plus loin le vers I, 163, 2, d’après lequel c’est Yama qui a donné le cheval du sacrifice, représentant Soma, lequel est luiméme essentiellement identique à Agni.

3. Nous verrons aussi que le vers I, 163, 3, identifie à Yama le cheval du sacrifice qui, d’après le vers 2, aurait été donne par lui. Ce mythe est donc exactement parallèle à celui qui, tantôt identifie Yama au feu, tantôt lui attribue la decouverte du feu.

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