Littéralement « Yama est né
5. Il a été interprété plus tard dans le sens de « dompteur t, suggéré par les fonctions de Yama comme dieu des morts. Mais ce sens n’appartient dans le flig-Yeda qu'au mot yama paroxyton, VIII, 24, 22; 92, 10, employé aussi comme abstrait, I, 73, 10; II, 3, 1; 111, 27, 3, cf. V, 61, 2. Le sens de « jumeau » convient à tous les emplois du mot yama oxyton comme nom commun.
comparée à ses autres formes. Toutefois dans le mythe de Yama, c’est surtout à une jumelle1 que le jumeau est opposé, et il nous faut attendre, pour traiter ce point, le chapitre qui doit être consacré aux rapports des éléments mâles et des éléments femelles. Mais nous trouvons un nouvel argument en faveur de Tidentification de Yama avec Agni dans les fonctions rïlèmes par lesquelles il nous intéresse ici, c’est-àdire dans ses fonctions de roi des morts.
Le vers X, 135, 1, déjà cité, d’après lequel Yama accueille les anciens dans le séjour où il boit avec les dieux sous un arbre aux larges feuilles, lui donne les noms de père et de chef de race. C’est qu’en effet, il a été le premier homme. Sa sœur jumelle Yamî, dans l’hymne où elle l’invite à s’unir à elle, lui dit pour vaincre ses scrupules, X, 10, 3 : « Les immortels le veulent, ils veulent que l'unique mortel (actuellement existant) ait une postérité. »
En qualité de premier homme, il a été aussi le premier mort. Le vers, X, 13, 4, porte seulement que Yama « a abandonné son propre corps ». Mais un autre passage dit expressément qu’il est parti le premier pour l’autre monde, X, 14, 1 : « Celui qui a franchi les grandes montagnes, observant le chemin pour un grand nombre d’autres, le fils de Vivasvat qui réunit les hommes, le roi Yama, honore-le d’une offrande. — 2. Yama a le premier trouvé la voie pour nous. On ne peut enlever à nos pères anciens ce domaine où ils sont partis, suivant les chemins qui sont les leurs et qu’ils avaient ainsi appris à connaître. » L’Atharva-Veda, en reproduisant avec une variante le premier de ces deux vers, est plus explicite encore, XVIII, 3, 13 : « Celui qui est mort le premier des mortels, celui qui est parti le premier pour cet autre monde, etc. » Il semble que cette conception de Yama, comme le premier homme et le premier mort, suffirait à la rigueur pour expliquer son élévation à la dignité de roi des morts. Mais qui ne voit combien l’identification de Yama avec Agni facilite l’explication du mythe? Agni a trois formes, sous chacune desquelles il pouvait être appelé à remplir le rôle dévolu à Yama. En qualité d’éclair, il régnait sur ces eaux qui étaient l’un des séjours des morts, sur cette région des nuages avec lesquels était allée se confondre la fumée de leur corps, et des vents auxquels s’était