Quelquefois aussi à l’urine
Un commencement d’anthropomorphisme peut être signalé au vers IV, 17, 3, où le ciel reçoit l’épithète açanimat, et semble être ainsi conçu comme armé de la foudre, puisque Indra, le véritable dieu fulgurant, lui est comparé. Mais c’est là un trait tout à fait isolé dans le Æig-Veda. Habituellement même le ciel, au moins sous son nom ordinaire de dyu, reste soustrait au zoomorphisme aussi bien qu’à l’anthropomorphisme.
La terre est toujours femelle, et le monde de l’atmosphère, se réduisant à l’espace libre entre le ciel et la terre, ne saurait guère être animé. Il n’est pas davantage susceptible de l’être sous le nom de « mer » qu’il reçoit très-souvent comme séjour des eaux célestes. Mais le nuage qui renferme ces eaux, le nuage non-seulement mugissant et ruisselant, mais encore mobile, semble s’offrir de lui-même aux jeux du zoomorphisme.
En tant que distinct des eaux qu’il contient, il est quelquefois femelle comme elles, et ces eaux sont alors son lait ; mais les mêmes eaux peuvent être considérées comme son sperme1, et il devient alors un mâle, taureau ou cheval. C’est sous le nom de parjanya 2 que ces dernières conceptions se sont fixées.
Le ciel et les nuages d’ailleurs, n’étant comme la terre que les réceptacles, les lieux d’origine ou de manifestation des autres éléments, mâles ou femelles, devront, en tant que mâles, être considérés comme les pères de ceux-ci. C’est ce que nous constaterons en effet en temps et lieu.
Abordons maintenant l’étude des éléments mâles qui se manifestent dans chacun des trois mondes, c’est-à-dire dans le ciel visible, dans l’atmosphère et particulièrement dans le nuage, enfin sur la terre.