Cf. I
brille de loin comme l’éclair \ I, 94, 7. Réciproquement il est dit des éclairs qu’ils ont l’éclat du feu, d’Agni, Y, 54, 11.
D’autres comparaisons où l’éclair n'est plus désigné par son nom, mais par une de ses représentations, sont plus significatives, précisément parce qu’introduisant une notion autre que l’idée pure et simple d’éclat, elles ne sont plus directement suggérées par l’observation, et supposent une assimilation plus complète. C’est ainsi qu’Agni est comparé au cheval du nuage, I, 149, 3. C’est ainsi surtout que l’idée d’arme apparaît dans divers passages, où Agni est comparé au trait de l’archer, I, 66, 7, est appelé le trait du sacrifice VI, 66, 10, est comparé à la pierre à lancer céleste, I, 143, 5, tandis qu’au vers X, 142, 3 ; cf. 1, par le passage de l’idée d’arme à celle de héros armé, il est question du trait d’Agni.
Lorsque Agni est comparé au ciel tonnant,, X, 45, 4, quand il est dit qu’il tonne comme le plateau du ciel, I, 58, 2, ou simplement qu’il tonne, I, 140, 5, ces expressions, quoiqu’elles puissent faire allusion au bruit réel, au crépitement du feu terrestre, sont trop exagérées dans cette application pour pouvoir s’expliquer autrement que par une assimilation consacrée du feu terrestre à l’éclair. Dans deux ou trois passages, IY, 10, 4 ; Y, 25, 8 ; VII, 3, 6, dont la construction est un peu embarrassée on peut même douter, en dépit de la particule comparative, si le bruit d’Agni est simplement comparé au tonnerre, ou s’il n’est pas le tonnerre luimême.
Le doute n’est plus possible au vers VI, 6, 2, où Agni est appelé le « tonnerre (pour « le tonnant ») brillant qui est dans le ciel. » Le nom d’Agni désigne encore évidemment l’éclair au vers X, 8, 1 , où il est appelé « le taureau qui fait retentir les deux mondes, qui atteint les dernières extrémités du ciel, et qui croît dans le sein des eaux », et au vers VIII, 91, 5, dont l’auteur invoque Agni comme le sage « qui a le bruit du vent, le hennissement du nuage, et qui prend la mer (céleste) pour vêtement ».
Enfin l’emploi de la racine clyut avec le préfixe vi, pour exprimer l’éclat d’Agni brillant « dans l’impérissable », c’està-dire dans le ciel, VI, 16, 35, semble bien impliquer son identité avec l’éclair.
1. Taàit. Je ne vois aucune raison d’abandonner dans ce passage et dans un autre, II, 23, 9, comme le font MM. Roth et Grassmann, le sens d’ « éclair », seul établi pour ce mot par l’usage postérieur.
Il arrive souvent aussi qu’un texte place expressément Agni dans le ciel, sans qu’il soit facile ou même possible de choisir entre les deux formes qui peuvent alors lui être attribuées, celle de l’éclair et celle du soleil. Ainsi le vers VIII, 44, 29, nous le présente simplement comme brillant dans le ciel Je n’oserais affirmer, en dépit de la distinction établie plus haut entre les lieux d’origine du soleil et de l’éclair, que i’Agni naissant « dans le ciel suprême », I, 143, 2 ; VI, 8, 2; VII, 5, 7, ne puisse être que le soleil. Même observation sur le vers X, 187, 2, d’après lequel il apparaît en brillant de la distance la plus éloignée1 2. Le vers VI, 15, 1, paraît contenir une allusion assez vague à la naissance d’Agni dans le ciel. Nous avons vu Agni comparé, ou plutôt sans doute identifié au soleil, comme étendant et séparant les deux mondes, VI, 4, 6; mais la même fonction pouvant être attribuée à l’éclair, nous ne nous prononcerons pas sur le vers VI, 1,11, où elle l’est à Agni, sans autre indication3 4. La même réserve nous est imposée pour les vers VI, 7, 6 et 7, d’après lesquels Agni a mesuré les espaces du ciel. Les formules qui le représentent remplissant les deux mondes, L 69, 1 ; cf. II, 2, 5, et lesVemplissant en naissant, VI, 10, 4, ainsi que toutes les demeures, X, 1, 1, ce qui revient vraisemblablement au même, ou encore tous les espaces du ciel, I, 146, 1, lors même qu’elles seraient appliquées au feu du sacrifice *, renfermeraient une exagération qui suggérerait naturellement l’idée du feu céleste ; mais elles conviennent également bien à la lumière du soleil et à l’éclair.
Nous savons maintenant que le nom d’Agni peut désigner le soleil ou l’éclair, ou plus généralement un feu céleste. Cet usage de la langue paraît impliquer déjà l’assimilation réelle des feux célestes et du feu terrestre. L’identité d’essence de celui-ci et de ceux-là va être définitivement prouvée par le mythe de la descente d’Agni.
1. J’interpréterais de même les vers III, 27, 12 et VIII, 43, 4, ne voyant aucune raison de modifier comme le font MM. Roth et Grassmann, dans la ocution npa dyavi , le sens védique ordinaire de la préposition upa avec le
locatif.