Cf. plus haut p. 107, note
2. Si bien que M. Grassmann, à tort selon moi, prend le mot upnra dans le sens de « pierre inférieure du pressoir ».
3. Cf. le passage où il est dit d’Aryaman seul qu’il attelle les chevaux d’Indra avec la voix VII, 36, 4.
pitre II (section II). En ce qui touche le premier, citons le vers I, 105, 16, d’après lequel le chemin des /ldityas ne peut être aperçu par les hommes, et le vers VII, 60, 10, portant que leur choc est invisible et terrible, que la force qu’ils déploient est cachée. On verra tout à l’heure quelle paraît avoir été la signification naturaliste des lacets attribués à Varuna. Or, d’après le vers II* 27, 16 « Puissé-je échapper, ô dieux saints, aux lacets que vous tendez pour le trompeur... » les lacets sont aussi un attribut des /ldityas en général.
C. — MITRA ET VARUNA. — CONSIDERATIONS GENERALES SUR CES DIVINITÉS. — LEUR ROLE DANS L’ORDRE DES PHENOMENES SOLAIRES.
Les personnages de Mitra et de Varuna ont chacun leur caractère distinct, en dépit de traits communs dont le nombre a d'ailleurs été augmenté par la réunion opérée sur le couple d’attributs propres à chacune des deux divinités qui le composent. La distinction fondamentale, on pourrait même dire dans une certaine mesure, l’opposition qui existe entre eux, est déjà suffisamment indiquée par leurs noms.
Le mot mi Ira est resté employé comme adjectif ou comme nom commun dans le sens d’ « ami ». Nous verrons plus loin que dans bien des passages des hymnes, il est difficile de décider si le poète s’en est tenu à cet emploi, ou s’il a entendu nommer le dieu Mitra, mais que souvent on doit croire qu’il a eu à la fois en vue les deux significations.
Pour prouver que l’usage du terme comme nom propre n’en fait pas oublier le sens étymologique, il suffira de citer les jeux de mots auxquels il prête : X, 89, 8, « Ceux qui violent la loi de Mitra et Varuna, comme on offense un compagnon, un ami ( milra ) » ; ■ — IV, 55, 5, « Que Mitra nous protège du (mal) qui vient d’un ami ( mitriya ) ».
D’un autre côté, le choix du terme mitra pour donner à un dieu la qualification d 'ami des hommes, paraît impliquer, comme nous le verrons, l’assimilation de ce dieu à Mitra. Eu d’autres termes, il semble que, dans une certaine mesure, Mitra soit moins un dieu particulier que la divinité considérée sous son aspect bienfaisant, amical. Dès lors les différentes formes divines qui passent pour amies des hommes pourront être appelées les formes de Mitra, comme elles le sont en effet dans
le vers I, 14, 10 : « 0 Agni, bois la liqueur du Sonia avec Indra, avec Vâyu, avec toutes les formes1 2 de Mitra -. »
Si le nom de Mitra est significatif, celui de Varuna ne l'est pas moins. Il est vrai qu’il n’est resté employé que comme nom propre. Mais l’étymologie en est assez transparente pour nous révéler, avec l’aide des traits mythologiques qui s’y rattachent immédiatement , le caractère essentiel du personnage.
Dès le début des études de mythologie comparée, Varuna a été rapproché de l’Oùpavoç grec, et il faut reconnaître que ce rapprochement était naturellement suggéré par la ressemblance des deux noms. Par suite, le mot oùp«vo; étant dans la langue grecque le nom du ciel en même temps que d’un personnage divin représentant le ciel, on a attribué le même développement de sens au védique varuna. Remarquons pourtant que l’identité originelle des deux mots sous une forme varana3 4, devenue en zend varena *, pourrait être admise sans impliquer directement une telle conséquence. En effet, comme tout appellatif a commencé par être une sorte d’adjectif exprimant un acte ou une qualité, il serait très-possible qu’entre les mots varuna et oùpavô; la similitude de sens eût été limitée à cet usage primitif, et que le premier n’eût jamais eu le sens de ciel qui appartient au second. Il est vrai que la région mythique désignée par le zend varena peut être avec vraisemblance identifiée au ciel, ce qui nous conduirait à reculer jusqu’à la période indo-européenne l’origine de la signification constatée pour le mot grec. Je ne répugne nullement pour mon compte à attribuer cette signification au mot varuna. Mon dessein étant de montrer que le personnage qui nous occupe répond dans ses traits généraux à l’idée que nous nous sommes faite du dieu père, je pourrais trouver un premier argument dans ce fait qu’il aurait été désigné par un des noms du ciel. La notion de la voûte céleste est en effet, comme nous l’avons vu, l’un des fondements naturalistes