MÉTÉOROLOGIQUES
Nous avons vu déjà que, réunis à Aryaman, Mitra et Varuna ont créé ou donné les eaux VII, 40, 4, et qu’ils remplissent la peau (la terre) dans le séjour de l'inférieur (Agni), I, 79, 3.
Le couple Mitra et Varuna donne également la pluie aux hommes. Ces deux dieux sont d’abord appelés sudânù V, 62, 9 « qui ont de belles gouttes »>* dominas pati I, 136, 3; II, 41, 6 « maîtres des gouttes », jiradânù V, 62, 3; VII, 64, 2 « qui ont des gouttes rapides », sindhupati VII, 64, 2 « maîtres des rivières ». Pour celui que Mitra et Varuna favorisent, la pluie tombe du haut du ciel, abondante et douce V, 63, 1. On leur demande la pluie I, 152, 7 ; VII, 64, 2. Ce sont eux qui font croître les plantes et gonfler les vaches, qui répandent la pluie V, 62, 3. « Arrosez », leur dit-on, « le pâturage de beurre et l’atmosphère d’un doux liquide » III, 62, 16. La première de ces deux expressions se retrouve au vers 4 de l’hymne VII, 65 à Mitra et Varuna, où elle est en quelque sorte commentée quelques mots après : « Donnez en abondance l’eau précieuse et divine. » Ailleurs, I, 151, 4, nous lisons que ces dieux attellent les eaux au joug comme une vache1.
Mitra et Varuna ont en commun un attribut qui paraît rentrer dans le même ordre d’idées ; c’est celui qui est impliqué par le mot garla auquel MM. Roth et Grassmann ont assigné les sens de « trône » et de « siège de char ». Je ne vois aucune raison de séparer le mot garla des hymnes de celui qui est usité dans les Brâhmanas et dans la langue classique avec le sens de « fosse ». La fosse de Mitra et Varuna,
y représenter le feu terrestre, qui rend pareillement compte aux dieux, et particulièrement à Varuna, des actions de l’homme. — Dans l'Atliarva- Veda, le vers IX, 3, 18, adressé à la çdlà « hutte construite pour le sacrifice », distingue nettement Mitra et Varuna comme dieux du jour et de la nuit : « Fei-mée par Varuna, sois ouverte par Mitra. »
1. C’est egalement aux eaux qu’il doit être fait allusion le plus souvent dans les textes qui mentionnent les vaches fécondes de Mitra et Varuna V, 69, 2 (cf. I, 131, 5; VI, 67, 7 et 11, peut-être aussi I, 152, 6; V, 62, 2). Au vers V, 69, 2 nous rencontrons en outre trois taureaux qui répandent leur semence dans les trois coupes, c’est-à-dire dans les trois mondes.
comme celle où nous voyons déposer les restes d’un mort X, 18, 13, doit être une fosse couverte, et dont le couvercle est supporté par une colonne. Du moins trouvons-nous la colonne mentionnée au vers V, 62,8, « Vous montez, ô Mitra et Varuna, sur la fosse qui a la couleur de l'or au lever de l’aurore, qui a une colonne d’airain au lever du soleil : de là vous contemplez Aditi (le monde sans limites) et Diti (le monde limité) », et aussi au vers précédent : « Sa colonne est revêtue d’or ; elle est d’airain et brille dans le ciel ', reposant sur un sol propice ou fertile. » Cette fosse qui prend la couleur de l’or au lever de l’aurore est l’espace compris entre la terre et le ciel. La colonne d’airain qui s’élève sur la fosse au lever du soleil, c’est, ou le ciel entier qui est ailleurs expi’essément comparé à une colonne V, 45, 2, ou mieux l’aurore elle-même dont la couleur est rouge comme celle de l’airain ’1 2. La seconde interprétation peut être appuyée, d’ailleurs, sur les textes qui nous montrent les aurores comparées aux poteaux luisants des sacrifices IV, 51, 2; la fille du ciel, c’est-à-dire encore l’aurore, mais l’aurore distinguée en qualité de déesse du phénomène auquel elle préside, comparée, lorsqu’elle répand sa clarté, à celui qui fait reluire le poteau dans les cérémonies I, 92, 5 ; enfin les aurores désignées, à ce qu’il semble, par le nom des poteaux, comme représentant en effet les poteaux des sacrifices célestes : III, 8, 9. « Pareils à des oiseaux d’eau qui s’élancent par bandes, les poteaux brillants sont venus vers nous 3 * * * * 8. » D’ailleurs, comme à la colonne de l’aurore