Sous-entendu du vers 0, cf. vers
appartenir qu’au soleil, et Varuna ne peut être à la fois le soleil et la mer cachée que si le soleil est assimilé à Soma. L’offrande déposée dans les vaches est encore le Soma-Soleil déposé dans les eaux. Il faut, quand on interprète le Rig- Veda, prendre son parti des redondances mythiques comme des images incohérentes.
Le vers I, 91, 3 porte seulement que les lois de Varuna sont aussi celles de Soma. La formule emprunte cependant une certaine importance à ce fait que Soma est, dans le même vers, comparé aux deux autres Adityas de la triade, Mitra et Aryaman. Mais au vers IX, 95, 4, Varuna semble être décidément identifié au Soma céleste, et opposé en cette qualité au Soma terrestre : « On trait la plante pour en tirer le mâle, l’habitant de la montagne, pareil à un taureau, qui se purifie sur le plateau (sur le tamis). Il mugit et les prières le suivent. Trita (prêtre céleste) entretient1 2 Varuna dans la mer. » Enfin, le cheval du sacrifice, qui est dans lamythologie des hymnes un représentant de Soma, est ainsi interpellé au vers I, 163, 4: « O cheval, tu me parais être Varuna, là où l’on dit qu’est ta naissance suprême. »
L’assimilation fréquente de Varuna à Soma explique l’attribution qui leur est faite en commun de la dignité royale. Le mot râjan « roi » n’est pas en effet une épithète accidentellement assignée à l’un et à l’autre, comme elle peut l’être à d’autres personnages divins. C’est une désignation caractéristique des .ldityas et particulièrement de Varuna d'une part, et de Soma de l’autre. Les noms de Soma et de Varuna sont rapprochés au versX, 167, 3, et accompagnés du terme râjan, sans qu’on puisse dire auquel des deux ce terme doit être rapporté, si même les trois mots ne désignent pas là un seul personnage «La loi de Soma, du roi, de Varuna».
Varuna semble pareillement assimilé à Agni dans un vers qui le représente avec quatre visages (regardant les quatre points cardinaux) et tirant la langue, V, 48, 5; les « langues du feu » sont en effet une métaphore courante pour les « flammes du feu ». On lit d’ailleurs au vers VII, 88, 2 : « Etant arrivé en sa présence, j’ai pris le visage de Varuna pour le visage d’Agni â. »